A. P., III
^généralement très anarchiste, a protesté contre celui qui, prétendait-on, lui voulait imposer des lois. On aurait couru moins risque -de froisser des amours-propres récalcitrants, et du même coup on se serait rapproché davantage de la vérité, si Ton n'avait promu Boileau qu'au rang de professeur de droit littéraire, commentant les principaux jurisconsultes de sa spécialité, Aristole et Horace. Ce n'est pas <lu tout vouloir le diminuer, que de le présenter comme un disciple, el non pas, bien entendu, comme un copiste des anciens *. Boileau, comme tous ses contemporains, a voulu imiter l'antiquité. Parce que nous avons changé de méthode, ce n'est pas une raison pour prétendre que cette méthode n'a jamais rien valu. Pourquoi maintenant n'imite-t-on plus, ou, pour mieux dire, pourquoi imite-t-on moins les anciens? Parce qu'ils se sont contentés de noter des idées très simples, et que nous aimons aujourd'hui les choses compliquées. Rien ne le prouve mieux que les études d'après l'antique faites par Victor Hugo. Le stridentia plaiistra de Virgile devient chez lui
Les grands chars gémissants qui reviennent le soir.
Le moderne ajoute à la remarque de l'ancien un élément nouveau, l'heure, le moment où les grincements stridents des roues émeuvent davantage l'oreille, parce que les nerfs sont plus frémissants dans la mélancolie de la tombée du jour. Autre exemple : Virgile cite parmi les plaisirs de la campagne la sieste douce sous les arbres,
Mugilusfjue boum,