‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 184 sur 224 · U, 242; liemarques, I · texte numérisé non relu

U, 242; liemarques, I

2. « Ce que vous dites des esprits médiocres est fort vrai, et m'a frappé, il y a longtemps, dans votre Poétique, • (VII, 44, 45.)

3. « Despréaux écrivait ordinairement ses ouvrages en prose avant que de l«;s mettre en vers. On assure que Racine en usait de même pour ses tragédies. » {Histoire des membres de V Académie Française, I, 68.)

été de la poésie. H est réellement inspiré, et compose ses vers en proie à un véritable délire poétique : « Quand mon père, dit Louis Racine, avait un ouvrage à composer, il allait se promener; alors, se livrant à son enthousiasme, il récitait ses vers à haute voix ; travaillant ainsi à la tragédie de Mithridate dans les Tuileries^ où il se croyait seul, il fut surpris de se voir entouré d'un grand nombre d'ouvriers, qui, occupés au jardin, avaient quitté leur ouvrage pour venir à lui. Il ne se crut pas un Orphée, dont les chants attiraient ces ouvriers pour les entendre, puisqu'au contraire, au rapport de M. de Valincour, ils Tentouraient, craignant que ce ne fût un homme au désespoir, prêt à se jeter dans le bassin » (I, 301). Cette seule anecdote suffirait à révoquer en doute tout ce que Louis Racine nous raconte autre part sur la fameuse recette : pour faire des vers faciles, faites-les difficilement. Nous verrons, par le détail de toute Tétude qui va suivre, jusqu'à quel point il faut en rabattre, de cette histoire, de cette légende.

La Quantité.

Pour la quantité, d abord, Racine ne doit rien à Boileau : comme tous les grands poètes de son temps, il se conforme à Tusage, à la prononciation courante. La seule particularité notable chez lui est une tendance à opter pour la façon de prononcer la plus douce, la plus coulante, la plus musicale.

Pour les diphtongues, il est rare qu'il fasse la synérèse, à moins d'une raison particulière. Dans ce vers,

Si du grand prêtre Aaron Joad est successeur (III, 606, 33),

il n'y a pas de dureté, puisque, dit Louis Racine, « nous écrivons toujours Aaron quoique nous prononcions Aro7i ' ».

On sait que la combinaison de 1'/ avec une autre voyelle est le seul cas qui présente quelque intérêt. En pareille matière. Racine se règle sur son oreille, faisant ou non la diérèse, sans autre règle générale que le souci de l'euphonie :

Dian — tre! l'amour vous tient au cœur de bon malin. (Il, i54, 126.) Je ceignis la U—are, et marchai son égal. (III, 659, 954.)

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