Remarques, II
Pour le son ié^ Racine n'a pas non plus de loi fixe : s'il met :
Vous fwj—iez un hymen qui vous faisait trembler (11, 408, 78;J),
il écrit aussi :
Parmi ses aUi—i^s brigue une indigne place. (I, 516, 510.) Je sais Vinqui— étude où ce dessein vous livre. (I, 528, 05.) Je ne sais quel bi—ais ils ont imaginé. (Il, 102, 241.)
Pourtant, lorsque le son ié est précédé d'une r, Racine fait régulièrement une distinction : si cette r est précédée elle-même d'une voyelle, il fait la synérése :
Vous vous garde — riez bien, cruels, de m'épargner. (I, 458, 1007.) Ne vit plus que pour vous, /^no— riez-vous vos lois? (II, 422, 1065.)
Au contraire, si IV est précédée d'une consonne, pour éviter une cacophonie fort désagréable, Racine fait la diérèse :
Ah! mon fils, à ce prix loudri — ez-vous régner? (I, 403, 74.) Comment soM/fri—cz-vous cet horrible partage? (111, 38o, 1426.)
Pour les autres cas, on ne peut que les énumérer, en se contentant de constater sans expliquer :
Jamais de ses li—ens il ne dégage un prince. (I, 533, 210.) Et que j'entende dire aux peuples indi—em, (I, 525, 11.) Pensez-vous que ma haine en soit moins vi^olente, (I, 57'*, 1117.) Rappelez sa raison, persu — adezAe bien. (III, 205, 1075.)
Pour le son Ni\ Racine se conforme tantôt à la prononciation habituelle, tantôt à la tradition des poètes : c'est ainsi qu'il fait ?'uùie trissyllabc,
Je sais bien qu'Amurat a juré ma rumine fil, 48», 85),
et fui monosyllabe :
Tout a fuif tous se sont séparés sans retour. (III, 666, 1102.)
« Malherbe, dit Louis Racine, faisait fuir de deux syllabes, et TAcadémie, dans sa critique dii Cul, reprit fui d'une syllabe. Ménage approuva cette criticpie, et Vaugelas, qui pensait de même, reprochait aux poètes leur opiniâtreté à faire fuir d'une syllabe. Leur opiniâtreté leur a réussi; on ne le fait plus que d'une syllabe '. » Pour Ve muet dans le corps d'un mot, Racine suit également