‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 189 sur 224 · Cf. la notice, IV · texte numérisé non relu

Cf. la notice, IV

2. U, 69, 501. « Oui. particule anirmative, se prononce quelquefois comme s'il y avait une h aspirée », etc. D'Olivet, I, 54. — • Le dictionnaire de Trévoux dit que la voyeUe qui précède oui doit naturellement se perdre, qu'il est Ubre cependant de dire je crois que oui ou je crois qu'oui, ,.. — Il faut dire que oui et non psiS qu'oui . Ainsi la voyelle ne se perdant pas devant cet adverbe, on dit fort bien en vers oui oui. » L. Racine, HemarqueSy I, 144, 145.

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donc une règle capricieuse, et aussi peu (raccord avec elle-même qu'avec Toreillc qu'elle prive d'une infinité de douces liaisons *. » Ce qu'il faudrait remarquer surtout, c'est la rareté de pareilles rencontres. De même pour les syllabes nasales qui se suivent :

Et doit-il être enfin plus facile en un nuire, (ï, 430, 727.) Après un an eniier de supplice et d'absence. (ï, 410, 308.) Pourquoi d'un an entier Tavons-nous difl'éré. (Il, 50, 206.)

On a déjà remarqué que ces taches sont plus rares chez Racine <pie chez d'autres *. Il en est de même pour Tallitération :

Le soin de mon repos me fit troubler k leur ^.

Il la verra. Seigneur, bannissez-/e loin d'elle *.

Mes promesses aux uns éblouirent les yeux. (II, 3 il, 1 153.)

Et quoiqu'à sea C(^;>ars fidèle, obéissante. (II, 392, 384.)

Si de tant de malheurs quelque pi^ê/i te <OMche '.

Et tu fétonnerdiis s'ils étaient ver^weux *.

Autant que possible Racine évite ces rencontres désagréables, même quand elles ne sont pas immédiatement rapprochées : il écrit, dans une ode :

La mort répandant ses terreurs

Présentait partout à ma vue

Et ses tourments et ses horreurs;

puis il propose à un correspondant resté inconnu la correction suivante :

Tout Tappareil de ses horreurs, et ajoute : « Lequel aimeriez-vous mieux, Monsieur? Dit-on pré-

i. Œuvres, IV, 591. — Cf. Edélestand du Méril, p. 111, noie.

2. « L'abbé de Dangcau trouvait que c'était là de véritables hiatus : • En sortant de l'Académie, je pensai en moi-même que... un poêle normand s'apercevrait moins qu'un autre de ces sortes de bâillements. Et pour voir si j'avais bien rencontré, je lus le Cinna de Corneille et le Miihridale de Racine, je marquai soigneusement tous les endroits où le choc de mes voyelles sourdes avec d'autres voyelles faisait des bàiUements : j'en trouvai vingt-six dans Cinna^ et je n'en trouvai que onze dans Mithridate . » (l)'Olivet, I, 51-58.)

3. Il, 95, 1080. « Vaugelas observe qu'Amiot fait souvent une faute plutôt que de dire le. leur, pour éviter la cacophonie des deux //, en quoi il dit qu'il a tort, parce qu' « il vaut mieux satisfaire rentendemcnt que l'oreille, et qu'il ne faut « avoir égard h. celle-ci qu'on n'ait premièrement satisfait l'autre. • (L. Racine, Remarques, I, 148.)

4. • Ce le loin paraît dur. » (L. Racine, Remarques, I, 210.)

5. « Ma critique sur ce vers n'aurait pour objet que ces trois t qui causent une dureté. «• (L. Racine, Remarques^ I, 430.)

fi. I, 400, 34. « Hémistiche dur par le choc des trois /. • (L. Racine, Remarques, I, 44.)

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senter des tourments à la vue de quelqu'une D'un aulre côté, partout et tout l'appareil \ »

A plus forte raison tâche-t-il de supprimer ces répétitions quand elles se suivent immédiatement : « vous attend en ces lieux » devient « vous attend dans ces lieux » (I, 584, 1335).

En somme cette faute est très rare chez lui. Rien d'étonnant à ce que, à raison môme de leur rareté, on ail cherché à voir dans les cas que Racine a laissés subsister, non pas une faute, mais une intention. a\ussi a-t-on prétendu expliquer comme des effets d'harmonie imitative un certain nombre de vers où apparaissent des allitérations :

« Pour qui sont ces serpents qui sifQent sur vos tètes. (II, 124, 1638.)

« Le poète, remarque Louis Racine, en multipliant la lettre s dans ce vers, a eu attention à l'harmonie imitative. » De môme pour celui-ci :

« Et quand Dieu de vos bras rarrachan^ sans retour. (III, 684, 143G.)

a le poète pouvait mettre :

« Et quand Dieu Tarrachant de vos bras sans retour,

pour éviter ce son dur, arrachant sans\ mais il Ta au contraire recherché *. » C'est bien possible, mais ce n'est pas certain. Nous avons déjà vu quelle défiance on doit montrer pour ce genre de remarques qui fait honneur plus à Tingéniosilé du commentateur qu'au génie de l'auteur. Nous verrons au chapitre de la césure la véritable source de l'harmonie racinienne. Pour la question qui nous occupe ici, nous devons faire les plus expresses réserves.

11 arrive trop souvent, lorsque l'on commente une pièce isolée de Racine, qu'on attache une importance extraordinaire à un détail, parce qu'on manque de termes de comparaison. On sait la réputation surfaite de ce vers de Phèdre :

Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur. (III, 368, 1112.)

Même dans de bonnes éditions classiques, on souligne « l'harmonie de ce vers exclusivement composé de monosyllabes ». Il n'a rien

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