Cf. Thurot
il ajoute : « rime provençale, ou gasconne, d'une diphtongue avec une voyelle * ». La prononciation qu'il préconise comme normale est celle de Paris. Sans doute il s'en écarle quelquefois : par exemple il écrit basme pour baume *. Mais le plus souvent il s'y conforme jusqu'à l'exagération. Dans Tusage de Paris, il distingue et suit l'usage du peuple, et môme, dit Vaugelas, de la lie du peuple '. Il s'appuie sur cette prononciation pour interdire la rime des mots dont la finale se prononce et s'écrit eiir, avec bonheur et malheur : la raison, c'est que les Parisiens prononcent bonhur^ malhur *. C'est en effet ainsi que l'on imprime ces mots dans l'édition de 1689 :
Tant de riches grandeurs, tant di'hureuses vieillesses.
Ces enfants bien hureux, créatures parfaites.
El vous, femmes, trois fois, quatre fois bienhureuses ^.
C'est encore au nom de l'usage de Paris que Malherbe défend de faire rimer ils ont eu avec ve?'tUy parce que, dit-il, on prononce à Paris : ont é-u •.
1. IV, 382. C'était aussi Tavis de Furetière : un personnage de son Roman bourgeois déclame ces vers :
Vous transpercez si fort un cœur Que, quand je l'aurais aussi dur.
« Voilà, dit CharroseUes, une rime gasconne ou périgourdine, et vous la pouvez faire trouver bonne en deux façons, en violentant un peu la prononciation; car vous pouvez dire un cœur aussi deur^ ou un cur aussi dur. » (Éd. Tulon, Garnier, p. 283.)