Cf. Thurol, II
c'est presque le reconnaître impeccable sur les rimes de longues et de brèves bien distinctes.
Il en est de même pour les consonnes finales, muettes ou sonores. Ainsi, lorsque nous prononçons à la moderne ces vers-ci :
De tous ces visages pâlis
De rétemelle fleur de lis (I, 45, 20),
la rime ne paraît pas très exacte pour l'oreille qui entend pâli et lisse : au xvii* siècle, elle était régulière, que Ton fît sonner des deux côtés r^ finale, ou qu'on en étouffât le son *.
La seule faute que Malherbe ait commise contre la cinquième règle consiste dans la rime de malheur avec douleur. Ménage a remarqué le premier que cela était contraire à ses maximes *. 11 faudrait ajouter deux rimes de Chartres, si elles ne figuraient dans ces pièces de la fin qui ne peuvent réellement pas être imputées à Malherbe : je ne les cite que pour mémoire :
Non, Malherbe n'est pas de ceux Que l'esprit d'enfer a déceus. (I, 288, 74.) Pour moi, en ce que j'en ai veu, J'assure qu'elle aura l'aveu 3.
Quant à critiquer l'exactitude de ses rimes poiir les exemples suivants, lois et appelois (I, 61, 72), françois et sois (1, 282, 116), etc., ce serait simplement prouver qu'on ignore une des particularités les plus connues de l'ancienne langue. Malherbe écrit de même en prose, et dit : « Cent ou six vingts vers que je vois envoyer au Roi * ». Cela prouve que la même orthographe en vers n'est pas une licence ^ Quant à l'oreille, elle était pleinement satisfaite, car ces mots se prononçaient alors en oué •. On trouve encore des vestiges
h. Cf. Thurot, II, 10 et suiv.