‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 83 sur 224 · Cité par Marly-Lavcaux, XII · texte numérisé non relu

Cité par Marly-Lavcaux, XII

2. Dans la Veuve I, 420 el 454; dans la Galerie du Palais, II, 70; la Suivante, 11, 146, 180, 212; dans la Place Royale, 11,232, 262, 261 el 299; dans3fé(/éc, 11,398; dans le Cid, III, 186; dans Horace, III, 357-358; dans la Suite du Menteur, IV, 337; dans Héraclius, V, 222 el 239; dans Andromède, Y, 353-354; dans Œdipe, VL 168; dans la Toison dVr, VI, 318; enfin dans Sertonus, VI, 432. Ajoutons à cela une pièce badine, en slances (X, 160). Voilure n*eût pas fait mieux. Mais ce n'est pas du lyrisme. On peut tout à fait négliger une ode amoureuse (X, 30), très bien critiquée par Corneille lui-même, t. X. p. 27.

LE LYRISME. i83

quand on le compare avec les stances anlérieures. Ce cri d'un enfant amoureux et généreux est pur comme le son du cristal. Ce qui diminue sa valeur, c'est que Corneille a eu un modèle. Son originalité est entière, partant son mérite est complet, dans les stances de Polyeucle, modèle de lyrisme religieux *. A-t-il su s'élever encore à pareille hauteur dans son Imitation^

Chose curieuse , dans tous ses avis au lecteur, il insisle sur la médiocrité de ses vers : il semble se soucier peu de la facture, et ne s'occuper que des images, des antithèses, de tout ce qu'il comprend dans sa formule connue : la force de ses vers *. Il revient, dans trois préfaces, en employant trois fois la môme phrase, sur son peu d'habileté à manier la forme lyrique : il invite le lecteur à ne pas oublier les difficultés qui proviennent du texte, et surtout celles qui sont spéciales au traducteur lui-même : « peu de connaissance de la théologie, peu de pratique des sentiments de dévotion, et peu d'habitudes à faire des vers d'ode et de stances ' ». Quoi (jue Corneille en dise, il est pieux et même dévot. Devons-nous également nous inscrire eu faux contre ce qui serait une modestie excessive, et dire que, malgré son peu d'habitude, le poète montre de l'habileté dans ses vers lyriques? Je ne le pense pas. Ce qui prouve en effet que Corneille n'a pas le sens du mouvement lyrique, c'est sa préférence marquée pour la strophe,

Cherche la vérité dans la Sainte Écriture,

Et lis du même esprit Le texte impérieux de sa doctrine pure

Que lu le vois écrit. (VIII, 51.)

Or ce rythme n'a rien d'entraînant. 11 donne plutôt l'impression que quelque chose manque au second et au quatrième vers *. Peut-élre pourrait-on défendre Corneille en disant : Gerson brise l'ambition humaine qui, d'après lui, retombe après chaque essor. Et le rythme suit le mouvement de cette pensée, le petit vers de six pieds semblant rendre la lassitude et la chute, après l'effort et l'ascension du

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