VIII, 9, note 4; cf. VIU, 20 cl 2i
4. Ceci n'est pas du reste l'avis de très bons juges, comme M. Renouvier : nous TavonB vu dans le paragraphe sur le lyrisme de Malherbe.
grand alexandrin. Mais cet avantage est au moins discutable, tandis que les inconvénients sont certains. Le vers léonin surtout brise entièrement le mouvement de la strophe : là où Corneille met :
Et plus du haut du ciel il reçoit de lumière,
Plus il voit de matière Dessus toute la terre à de justes douleurs (VIII, 128, 1739),
n*entendons-nous pas aussi bien trois vers de six pieds :
Plus il voit de matière.
Dessus toute la terre A de justes douleurs?
Par un effet contraire, dans la strophe de cinq vers :
on perçoit aussi bien un quatrain où le dernier alexandrin contiendrait une rime léonine :
Parle seul à mon âme, et qu^aucune prudence. Qu'aucun autre docteur ne m'explique tes lois; Que toute créature à ta sainte présence S'impose le silence Et laisse agir ta voix. (VIII, 41, 184.)
Ne pouvons-nous pas entendre la fin de celte façon-ci : S'impose le silence et laisse agir ta voix?
ce qui modifie la strophe, et lui donne la forme :
Quand Corneille abandonne ces mélanges de vers de six syllabes et d alexandrins, il arrive quelquefois à des effets heureux : ainsi la strophe :
Seigneur, quelle est ma confiance Au triste séjour où je suis?
Kt de quelles douceurs l'heureuse expérience Rompt le mieux cette impatience Où me réduisent mes ennuis. (VIII, 572.)
1. Cf. des cflrcls identiques, VllI, 38, 139; 39, 159; 40, 169 et 114; 44, 239; 43, 25i; 46, 269 et 2VJ; 47, 284; 48, 302, etc.
D'abord, je la crois de rinvenlion de Corneille. De plus elle est bonne, parce que le milieu en est très sensible, ce qui du même coup fait percevoir nettement le commencement et la lin. Mais ces effets sont rares chez Corneille qui cherche surtout à faire ses combinaisons lyriques avec Talexandrin.
Je ne compte pas les innombrables pièces où Talexandrin règne presque seul, ces strophes de dix vers où il n y a qu'un octosyllabe au milieu ou à la fin; je ne parlerai que des odes en purs hexamètres. Corneille emploie le quatrain, sur les rimes e a c a.
Mais que doisje penser à cette table sainte? M'approchant de mon Dieu, de quoi m'entretenir? J'y porte du respect, du zèle et de la crainte, Et ne le puis assez respecter ni bénir *.
Il a deux s lances de six vers : la première en :
6 e a ée ée a : A ma confusion, Seigneur, je te confesse Quelle est mon injustice, et quelle est ma faiblesse Je veux bien te servir de témoin contre moi : Peu de chose m*abat, peu de chose m'attriste. Et dans tous mes souhaits, pour peu qu'on me résiste Un orgueilleux chagrin soudain me fait la loi ^.
La seconde en :
Je Tai dit autrefois : je vous laisse ma paix. Je vous la donne à tous, et les dons que je fais N'ont rien de périssable, ainsi que ceux du monde. Tous aiment celte paix, tous voudraient la trouver; Mais tous ne cherchent pas le secret où se fonde Le bien de l'acquérir et de la conserver. (Vlll, 395-399.)
On trouve à peu près le même rythme dans la stance de huit ver? ; il y a en plus deux alexandrins à rime masculine placés à la fin :
e e a ce a ée i i
Si tu veux du bonheur l'aplanir la carrière, Choisis-moi pour ta fin souveraine et dernière, Épure tes désirs par celte intention :
Tes flammes deviendront comme eux droites et pures,