‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 85 sur 224 · VIII, 362; cf. VIII · texte numérisé non relu

VIII, 362; cf. VIII

Tes tlammes que souvent ta folle passion

Recourbe vers toi-même ou vers les créatures,

Et qui n'ont que faiblesse, aridité, langueur,

Sitôt qu'à te chercher tu ravales ton cœur. (VIII, 310-312.)

Les stances de dix alexandrins sont composées de deux quatrains à rimes croisées, séparés par un distique à rimes masculines. Il y en a de deux sortes, la première sur les rimes

e a a e I i i I ée o ée o

Un jour un grand dévot, dont Tàrae encor que sainte,

Flottait dans une longue et triste anxiété,

Et tournait sans repos son instabilité

Tantôt vers Tespérance, et tantôt vers la crainte,

Accablé sous le poids de cet ennui mortel.

Prosterné dans Téglise au devant d'un autel,

Roulait cette inquiète et timide pensée :

0 Dieu ! si je savais, disait-il en son cœur,

Qu'enfin ma lâcheté, par mes pleurs effacée,

De bien persévérer me laissât la vigueur * !

La seconde est écrite sur les rimes

a e a e I i i I ée o ée o

Quelque chose, mon fils, qui t^occupe au dehors,

Conserve le dedans vraiment libre et tranquille,

Et te souviens toujours que de ces deux trésors

La conquête est pénible, et la perte facile.

En tout temps, en tous lieux, en toutes actions.

Ce digne épurement de tes intentions

Doit garder sur toi-même une puissance égale,

T*clever au-dessus de tous les biens humains.

Sans permettre jamais que ton cœur se ravale

Sous l'objet de tes yeux ou l'œuvre de tes mains *.

Je me demande si ce n*est pas Corneille qui a imaginé celte stance compacte et solide comme la phalange macédonienne, dont il fait un fréquent emploi. Ce rythme est heureux, car il est très sensible à Toreille; c'est le distique du milieu qui donne à celte stance son unité rj'thmique, car Tauditcur perçoit aisément et nettement celle espèce de repos qui l'avertit que la strophe est à son milieu : pour donner la sensation mécanique de ce procédé, il semble que Ton gravisse une côte, qu'on trouve en haut un étroit plateau, et qu'on redescende une pente de hauteur égale à la première.

1. vin, 165; cf. vin, 163-175, 193-198, 242, 258,378-384, 432-434, 683-687.

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