‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 89 sur 224 · m, 402, 370 et note · texte numérisé non relu

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toirc ancienne, ni dans la réalité contemporaine, mais bien dans sa grande àme. S*il y a, dans les princes de Racine, un reflet du Roi- Soleil, il y a, dans Louis XIV, le reflet de Corneille. Si Louis XIV est un instant revenu à notre poète et Ta remis à la mode, c^était par affinité : le roi devait retrouver plus d'une de ses pensées dans la bouche de ses « bons frères » de la tragédie cornélienne.

D'un autre côté une partie de l'honneur français, de cette tendance que nous avons à défendre notre dignité, à introduire, dans l'occasion, un peu d'héroïsme dans notre vie bourgeoise, tout cela ne vient-il pas de ce Corneille qui fournirait, à qui voudrait bien choisir, tous les éléments d'un bon manuel civique? Car si, comme on l'a trop souvent répété, Corneille n'était que le bréviaire des rois, il aurait maintenant bien peu de lecteurs, et d'assez mauvais disciples. Heureusement pour lui et pour nous il est aussi le livre des citoyens.

On trouve, dans toute son œuvre, un souffle puissant, large et libre. Pour m'en tenir uniquement aux questions de prosodie, je constate qu'aux tendances tyranniques de Malherbe Corneille fait succéder un véritable libéralisme. Sur un seul point important, la césure, Corneille accepte l'orthodoxie de Malherbe. Mais il commence le schisme sur les questions les plus importantes, l'harmonie, la rime. Pour le lyrisme même, il tente une révolution complète; et, si Ton ne peut pas dire qu'il ait triomphé, du moins, môme là encore, il enraye le mouvement de Malherbe. Au vers esclave de toutes sortes de prescriptions gênantes, il oppose le vers libre. Et, si du premier coup il n'atteint pas la perfection, du moins il montre le bon chemin. U élargit la voie trop étroite frayée par Malherbe :,et derrière lui vont venir deux grands poètes qui continueront son œuvre libératrice.

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