‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 96 sur 224 · Cf. Notice biographique, I, cxlii-cxlv · texte numérisé non relu

Cf. Notice biographique, I, cxlii-cxlv

Vous mentez : j'en sçay un. Vous le sçavez de même •.

Hors de là! Ah! Ahl Ah! (VII, 302.)

J'entends. Mais gardez-vous de lui en ce moment. (VII, 406, 70.)

En somme, pour nous en tenir aux œuvres authentiques de La Fontaine, et aux hiatus incontestables, je n'en trouve que quatre :

Oh la! oh! descendez, que Ton ne vous le dise. (I, 202. 43.) 0 vent donc, puisque vent y a. (II, 393, 36.) Chapitre donc, puisque chapitre y a. (V, 416, 77.)

Telle refuse, Qui après muse ^.

Certes il n'y a pas la moindre dureté dans de pareilles rencontres. Ces hiatus sont d'autant plus pardonnables, qu'il n'y a pas d'autre façon d'exprimer ces pensées, et qu'il serait fâcheux de sacrifier l'intérêt de l'idée à une question d'harmonie très controversée. L'hiatus « il y a » est plus harmonieux que beaucoup de rencontres de sons semblables séparés pourtant par une consonne.

Ce dernier cas est très rare chez la Fontaine. Il n'y a pas de poètes chez qui Ton trouve aussi peu de cacophonies. C'est que La Fontaine aurait pu s'appliquer à lui-môme, avec quelques variantes, sa fable sur ceux qui ont le goût difficile, sur ces délicats qui ne peuvent jamais se satisfaire eux-mêmes. Philinle pour les autres, Alceste pour lui-même (ce qui est la bonne méthode), il se corrige sans cesse. On sait au prix de quels efforts il arrive à la grâce.

Son vers est si harmonieux que j'ai trouvé seulement ces quelques passages où Ton pourrait relever une certaine dureté :

Or un jour qu'au haut et au loin. (I, 134, 9.) Le juge prétendait qu*à tort et à travers. (1, 138.) Nous prenions chacun une faucille. (1, 358, 60.)

Exerça sa fureur. (I, 246, 30.) Le Gharton dit au Porc : « Qu'as-/u tant à te plaindre? » (II, 271, 13.)

Plus j'y pense et plus j'en enrage '.

Je ne vous voulais point alléguer la patrie. (VU, 616, 336.)

Quant aux vers monosyllabiques, ils sont si nombreux dans les Fables que l'on en peut conclure ceci : La Fontaine n'y trouvait aucune faute contre l'harmonie, quoi qu'en eilt pu dire Malherbe.

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