‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 121 sur 247 · Cf. de Gramont, p · texte numérisé non relu

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LA CESURE. 221

site du poète a su couper ce vers, en apparence aussi simple, de dix-neuf façons différentes :

No 1

C'est la coupe de Malherbe, la plus régulière si l'on veut : elle est loin de prédominer dans La Fontaine :

Et le mâtin | était de taille. (I, 71, 8.)

Tout, I à la pointe de l'épée. (I, 72, 20.)

Sort I pour aller cliercher sa proie. (II, 324, lO.j

Ami, I lui dit son camarade. (1,69,16.)

Miroirs | aux poches des galants.

Miroirs | aux ceintures des femmes. (1, 92, 10.)

Mais quoi? j le canal est si beau. (I, 93, 19.)

A l'œuvre | on connaît l'artisan, (I, 120, 1.)

Vraiment, | me diront nos critiques. (I, 130, 14.)

Un bœuf | est plus puissant que toi. (I, 136, 7.)

Menait, | en empereur romain. (I, 158, 2.)

Le Paon | se plaignait à Junon. (I, 181, 1.)

Ce chien, ] parce qu'il est mignon. (I, 283, 12.)

N'> 4 3-0 Sans mentir, | si votre ramage. (I, 63, 7.) Le corbeau | honteux et confus. (I, 64, 17.) Tout marquis | veut avoir des pages. (I, 67, 14.) Il marchait | d'un pas relevé. (I, 68, d.) L'attaquer, | le mettre en quartiers. Sire Loup | l'eût fait volontiers. (1,71,5.)

Le saisit au frein | et l'arrête. (I, 68, 10.)

Sur son embonpoint | qu'il admire. (1,71,12.)

Au lieu qu'on nous mange, j on nous gruge. (I, 122, 35.)

Le Perroquet dit : | Sire Roi. (III,'67, 45.)

Il ne tiendra qu'à vous, | beau sire. (I, 71, 13.) Ne me retarde point, | de grâce. (I, 176, 7.) Si ce qu'on dit d'Esope | est vrai. (I, 191, 1.)

Hé! 1

bonjour,

Et 1

la peur |

Oh! I

dit-il, 1

Puis

1 enfin | :

L'une

1 un jour

11 faut ajouter les vers qui présentent deux césures :

N» 7 1—2—0 I Monsieur du Corbeau, (I, 63, o.) se corrige-t-elle? (I, 172, 12.) j'en fais faire autant. (I, 173, 26.) se mettent en quête. (I, 256, 27.) I pourtant s'en moqua. (II, 299, 2.)

N" 8 1 — 3—4 Sont, I disait-il, | bien malheureux, fl, 172, 6.) Et I parmi nous | la Providence. (I, 168, 13.) Puis, I ressortant, | font quatre pas. (I, 256, 26.) Crut, I pour ce coup, | que ses malheurs. (II. 364, o2.

No 9

1 — 4 — 3 Qui I voulant en faire | à sa tète. (I, lo9, 14.) Lui, 1 le conducteur | et l'éponge. (I, 159, 24.)

N" 10 1—5 — 2 Quoi? I Ce n'est pas encor [ beaucoup. (1, 230, 14.) Elle I et Que si Que non, | son frère. (II, 69, 6.)

No 11

2 — 2 — 4 Le Chêne ] un jour | dit au Roseau. (I, 126, 1.) Par monts, [ par vaux, | et par chemins. (I, 159, 8.) Que bien, | que mal, | elle arriva. (11,363,61.)

NO 12 2 — 3 — 3 Lui tint I à peu près | ce langage. (I, 63, 4.) Les dieux, | sa maîtresse, | et son roi. (I, 98, 2.) Portait, I comme on dit, | les bouteilles. (I, 159, 6.) Chassant | devant lui ] l'autre bête. (I, 159, 13.) Pondait I tous les jours | un œuf d'or. (I, 405, 4.) On mit I près du but | les enjeux. (II, 32, 10.) Se fit, I un beau jour, [ amener. (III, 124,3.)

N» 13 2 — 4 — 2 Disant : [ Regardez bien, | ma sœur. (I, 66, 6.)

NO 14 3—1 — 4 Près de là | passe | une Cigogne. (1,230,7.)

Se croyant, | pour elle, | un colosse. (I, 78, 24.) Et je crois ] qu'à moins | on s'effraye. (1,95,16.) Képliqué, | crié, | tempêté. (I, 137, 10.) Se pressa, 1 dit-on, | tellement. (I, 229, 3.) Bon soupe, I bon gite, | et le reste. (II, 362, 17.)

Laissez-leur prendre 1 un pied | chez vous. (I, 147, 19 )

Certains de ces petits vers comptent jusqu'à trois césures :

L'un I doux, I bénin | et gracieux. (II, 16, 8.)

No 18

Un songe, | un rien, | tout | lui fait peur. (II, 268, 30.) S'écrie, [ et dit : [ Ah! | si j'étais. (111,280,71.)

Enfin quelques-uns, mais en fort petit nombre, ne présentent pas la moindre césure :

Qui le fait pleurer de tendresse. (I, 72, 31.) Selon les lois municipales. (I, 192, 12.)

Un vers aussi souple a bien ces grâces légères que La Fontaine reconnaît à ses fables '. Ces coupes différentes permettent au poète de varier à l'infini les effets qu'il veut obtenir. Même dans de longues suites d'octosyllabes, on ne sent pas la moindre monotonie, parce que rien ne ressemble moins au rythme 3 — 5 que le rythme h — /i, etc. Ainsi nous pouvons définir une partie de cette grâce indéfinissable du début de la fable des Deux Pigeons, en remarquant qu'il consiste en trois vers de césures différentes, et que le quatrième,

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