‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 148 sur 247 · GORGIBUS · texte numérisé non relu

GORGIBUS

Monsieur, que je revois en ces lieux de retour

Brûlant des mêmes feux, et dont l'ardente amour

Verra, que vous croyez, la promesse accomp/ie

Qui vous donna l'espoir de l'hymen de Célie,

Très humble serviteur de Votre Seigneu)^ie. (II, 214, 019.)

Tous les exemples que j'ai cités dans ce chapitre, me permettent d'arriver à cette conclusion : Molière, obéissant à la fois à son instinct d'homme de théâtre et à son oreille de poète, n'appauvrit jamais sa pensée pour enrichir sa rime : il prend les plus entières libertés avec des règles qui ne sont encore que les habitudes de Malherbe, c'est-à-dire qui n'ont pas encore été sanctionnées par un Art poétique qui fasse autorité. Notre poète croit, et à bon droit, rimer très suffisamment dans ce passage-ci, que je prends au hasard et qui peut servir de type :

... Je ne vois nul genre de héros Qui soient plus à priser que les parfaits dévots, Aucune chose au monde et plus noble et plus belle Que la sainte ferveur d'un véritable zèle. (IV, 422, 355.)

La véritable poésie, celle des idées, et non celle des mots, a-t-elle beaucoup gagné à la pratique quelquefois trop savante de nos ciseleurs modernes?

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