‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 193 sur 247 · MenciDiana, I · texte numérisé non relu

MenciDiana, I

2. Histoire des membres de l'Académie française, elc, 1"8', I, 51-53. — Cf. Bertrand, D'Alembert, p. 106. 101.

3. Moultou écrit à Rousseau, le 30 janvier 1"C5 : ■■ Rien n'est plus fin que ce que vous dites du roi de Prusse. Ce n'est pas ainsi que Louis XIV a clé loué. Mais quelle distance entre ces deux hommes, et qu'il va loin de Boileau à vous. Pardon, si je suis aussi grossier que lui. ■> Streckeysen-Moultou. Rousseau, ses amis el ses ennemis, I, 117.

■i. Aiviales, VIII, 504,

souvenirs, nous montre à quel point le succès de Boiieau et de son Lutrin se maintenait: en 1782, escortant le comte et la comtesse du Nord, la baronne visite le Palais de justice et la Sainte-Chapelle : « Le grand chantre, M. l'abbé Bczon, le complimenta à son tour. Malgré soi, on pense au Lutrin, lorsqu'on parle du grand chantre de la Sainte-Chapelle *. >^

On sait que la réputation de Boiieau a été durement cahotée à notre époque. Les prosodistes modernes se sont montrés quelquefois sévères pour lui, comme M. de Souza^, ou injurieux, comme M. délia Rocca de Vergalo : « L école classique... n'a produit que des chinois et quelques mandarins , c'est-à-dire des gens stationnaires., ennemis de tout progrès et de toute civilisation. Elle a tellement prostitué la Poésie et VArt, qu'elle a engendré Boiieau, un ramolli^. »

Même des esprits philosophiques assez indifférents aux querelles des écoles littéraires sont durs pour Boiieau. M. Pérez ne voit en lui qu'une sorte de pitre, ayant le don de la parodie vulgaire, mais ne s'élevant pas jusqu'à l'imitation large, abondante, condition essentielle de l'originalité *. 11 y a pis : un penseur qui savait allier à la profondeur et à l'originalité un sens littéraire exquis, Guyau, accumule les formules moqueuses quand il parle de notre poète : « Nous rions de l'honnête Boiieau » qui « rencontre par extraordinaire quelques vers à peu près passables sur ce métier de rimeur auquel il était si peu propre " ».

A quoi devons-nous donc nous attendre, si, renonçant à défendre Boiieau contre les philosophes, voire contre les prosodistes, nous demandons leur opinon sur lui aux grands poètes modernes? Que vont penser du bouc émissaire de la versillcation classique les plus grands représentants du lyrisme romantique? Eh bien, une très agréable surprise nous attend. Ces artistes, juges et parties, sont de la plus bienveillante impartialité pour Boiieau. Ce n'est pas en effet dans la Réponse à un acte cfaccusation qu'il faut chercher l'opinion de Victor Hugo sur « Nicolas" », mais bien dans ses conversa-

Page 1