CHAPITRE VI
Les influences.
Pour commencer l'étude de la versification de Racine dans des dispositions prudentes (je n'ose pas dire : scientifiques), il faut d'abord proportionner l'importance que l'on peut attacher à cette enquête à l'importance que Racine attribuait lui-même aux vers dans la valeur totale de son œuvre. Sous prétexte que Racine est un des deux plus grands poètes que nous ayons, il ne faudrait pas en conclure qu'il poussait, comme V. Hugo, le souci de la forme jusqu'à attacher quelquefois presque autant de mérite à l'harmonie du vers qu'à l'idée qu'il contient. Le contraire nous est affirmé par Louis Racine dans son Traité de la Poésie : (f Aristote ne met la diction qu'à la quatrième place. Le poète le plus parfait de tous nos versificateurs * pensait de môme puisqu'il disait que sa tragédie était faite lorsqu'ayant, après de longues méditations, arrêté la conduite de l'action, les caractères et les discours qu'il devait faire tenir à ses personnages, il ne lui restait plus à faire que les vers ^ »
Ensuite il faut prendre garde au ridicule qu'il y aurait à prétendre deviner, dans toute sa profondeur, le mystère de la beauté des vers de Racine. Quiconque essaye de comprendre et de faire comprendre ce qu'est en lui-môme le vers du grand poète, doit se rappeler
1. 11 me semble que « le versificalciu" le plus parfait de tous nos poètes • serait plus juste.