REJETS ET ENJAMBEMENTS
e\em])\e, dausV Aigfe d(f Cas//i/e, qui compte trois cent quatre-vingtdix-huit vers, il y en a deux cent (juatre-vingt-qnlnze coupés à l'iiémistichc, et seulement cent trois hexamètres ternaires. C'est-à-dire que sur quatre cents vers environ, les trois quarts à peu près sont classiques : une centaine seulement sont romantiques. Chez Racine, sans qu'il soit utile de préciser par des chiffres, la proportion des vers irréguliers est, hien entendu, beaucoup plus faible. Mais les rythmes ternaires ou romantiques sont encore largement représentés chez lui. Ils figurent à l'état, non pas de règle, mais d'exceptions nombreuses. Il en est de même pour l'importante question de l'enjarabement.
Rejets et enjambements.
Ce n'est pas seulement avec Malherbe et Boileau que Racine rompt pour cette règle : il se sépare même de Port-Royal, qui condamne l'enjambement en termes formels : « La troisième chose (pi'on observe encore selon les règles nouvelles de la Poésie, c'est de ne point enjamber d'un vers à l'autre. On appelle enjamber quand le sens n'étant pas flni en un vers il recommence et finit parfaitement au commencement d'un autre. Il ne faut point s'imaginer que cette règle soit une contrainte sans raison. Car la rime faisant la plus grande beauté de nos vers, c'est en ôter la grâce que d'en disposer le sens de telle sorte qu'on ne puisse pas s'arrêter aux rimes pour les faire remarquer \ »
Que Racine, malgré de pareilles autorités, ait pratiqué l'enjambement, la chose est incontestable, et même très naturelle aux yeux de son tils, qui ne songe jamais à relever comme une faute ce qui lui semble une prati([ue très légitime. Il lui arrive, dans ses minutieuses remarques, de citer, pour quelque autre particularité, des vers où se trouve un enjambement, par exemple ceux-ci :
Quoiqu'il soit votre fils et même votre ouvrage, II est votre empereur. Vous êtes comme nous, etc.
Pourtant il ne fait pas la moindre allusion à cette singularité -.