‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 231 sur 247 · Ponsée>, dans ses Vo?s\s amnlèles. p · texte numérisé non relu

Ponsée>, dans ses Vo?s\s amnlèles. p

Le ciel le donne Achille; et ma joie est extrême

De l'entendre nommer.... Mais le voici lui-même. (III, 103, X'.iO.]

Le Roi de temps en temps la presse entre ses bras,

La flatte.... Chères sœurs, suivez toutes mes pas. (III. 090. l;)5i.)

.le sais bien que d'après Quicherat ce soûl là tous enjambemeuls <( pei'uiis ». Mais je ue vois .pas du tout quelle difféi^ence cssenlielle ou peut établir entre eux et les enjambements « interdits » ; ou plutôt je n'eu vois qu'une : c'est que les uns sont permis et les autres interdits par Quicherat; mais quelle raison lui fait condamner les mauvais enjambements? « Nos vers ne peuvent enjamber parce qu'ils riment; et la rime étant une des premières conditions de notre poésie, tout ce qui tend à la faire disparaître est un véritable contresens '. » Le contresens n'est-il pas aussi formel pour l'enjambement par suspension que pour l'enjambement romantique, pour celui qui est « permis » que pour celui qui est « interdit »? Dans les deux cas, la rime est moins fortement soulignée que dans l'alexandrin de Boileau, car, si sa sonorité n'y perd rien, le second élément qui sei'l à la faire remarquer, c'est-à-dire la césure finale, est certainement très amoindri. Aussi est-on en droit de se demander quelle raison Racine pouvait bien avoir pour introduire dans ses vers cet enjambement « periuis ». Peut-être la découvrirons-nous dans une remarque du poète sur un vers d'Homère où l'on trouve un procédé analogue : « Eustathius dit que la pbrase de ce vers est un solécisme, qui fait une élégance, comme si la chose était dite sur-lechamp, le vers commençant d'une façon et finissant de l'autre. » (VI, 199.)

Que cette explication soit ou non la bonne, il n'en est pas moins vrai que Racine a souvent usé de ce procédé, et qu'il s'est permis même les enjambements les plus interdits. Son vers, quoi qu'en disent Boileau et Sainte-Beuve, ose enjamber, et de la façon la plus formelle.

Je laisse de côté les très nombreux exemples que l'on pourrait tirer des Plaideurs, puisque cette pièce, peut-être la plus heureusement versifiée de tout le répertoire de Racine, appartient à un genre secondaire, à cette Comédie, à hKiuelle la critique classique permet dédaigneusement l'enjambement, ainsi que l'aristocratie

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