Réflexions, II, 190-191 ; I
modestie filiale, L. Racine cite surtout Malherbe comme autorité '. Plus nous nous enfonçons dans le wiii'' siècle, qui sans doute n'a été ni le plus lyrique, ni le plus poétique de nos grandes époques littéraires, plus nous voyons dominer le respect de Malherbe ; et ceux qui ont de la sympathie pour lui liront avec plaisir les éloges dithyrand)iques qui lui sont décochés par Marmontel '. Même de très libres esprits, en pleine révolution, tout en faisant des réserves qui tiennent plus aux préoccupations de l'heure présente qu'à des principes de goût, lui reconnaissent volontiers des qualités de premier ordre ^ L'éloge de Malherbe devient un cliché obligatoire; et tout le monde suit le mouvement. Il était réservé à Chateaubriand de mettre le comble à ces éloges disproportionnés : « Malherbe était venu, et ce héros, à la fois barde et chevalier, pouvait conduire les Français au combat en chantant des hymnes à la victoire \ »
Encore n'y aurait-il que demi-mal, si l'on se contentait, par excès d'admiration, de pécher ainsi contre la justice littéraire, et si nous n'avions qu'à diminuer de quelques coudées la hauteur du piédestal que l'on élève à la statue de Malherbe. Mais le malheur, c'est qu'on ne se contente pas d'admirer : on imite. Le consentement universel vient lentement corroborer le respect religieux que l'on éprouve dès