Eemarqucs, II, 2o2; I, 360; I, S
2. « Rendons justice à Malherbe. C'est à lui que l'ode est redevable des progrès qu'elle a faits parmi nous. Non seulement il nous a fait sentir le premier de quelle cadence et de quelle harmonie les vers français étaient susceptibles; mais, ce qui me semble le plus précieux encore, il nous a donné des modèles dans l'art de varier et de soutenir les mouvements de \'ode, d'y répandre la chaleur d'une éloquence véhémente, et ce désordre apparent des sentiments et des idées, qui fait le style passionné. Lisez les premières stances de l'ode (|ui commence par ces vers :
Que direz-vous, races futures, etc.
Le style en a vieilli sans doute; mais pour les mouvements de làmc, l'ode française n'a rien encore de plus sensible ni de plus véhément. » (Marmontel, IV, '".)
3. « On trouve la galanterie traitée avec le ton hyperbolique et fade qui régnait de son temps, et quelquefois avec celui de la plaisanterie et d'un libertinage d'esprit raffiné, mais toujours décent. La religion y est alTublée d'une pompe, d'un ascétisme, d'une exagération ridicules. En général, les métaphores outrées, la fausse érudition, les images et les expressions communes mêlées parmi les objets les plus nobles, le défaut d'ordre dans la disposition des parties qui composent chaque pièce, l'ignorance absolue de la gradation rendent la lecture de Malherbe très choquante pour un goût déh'cat. Mais ces défauts ne bannissent pas les traits brillants et une pureté de langage qui, lorsqu'on le «compare au temps, donne une haute idée de ce créateur de notre langue et de sa poésie. Malherbe est flatteur outré; on le lui pardonne lorsqu'il s'adresse à Henri IV. - (Barnave, Œuvres, IV, 264, 263.)