‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 29 sur 247 · Cf. Thurot, I · texte numérisé non relu

Cf. Thurot, I

U ajoute : « rime provençale, ou gasconne, d'une diphtongue avec une voyelle * ». La prononciation qu'il préconise comme normale est celle de Paris. Sans doute il s'en écarte quelquefois : par exemple il écrit basme pour baume ^ Mais le plus souvent il s'y conforme jusqu'à l'exagération. Dans l'usage de Paris, il distingue et suit l'usage du peuple, et même, dit Vaugelas, de la lie du peuple". 11 s'appuie sur cette prononciation pour interdire la rime des mots dont la finale se prononce et s'écrit eur, avec bonheur et malheur : la raison, c'est que les Parisiens prononcent bonhur, malhur '\ C'est en effet ainsi que l'on imprime ces mots dans l'édition de 1689:

Tant de riclies grandeurs, tant à' hureuscs vieillesses.

Ces enfants bien hureux, créai ures parfaites.

Et vous, femmes, trois fois, quatre fois bîenhureiises ^.

C'est encore au nom de l'usage de Paris que Malherbe défend de faire rimer ils ont eu avec vertu, parce que, dit-il, on prononce à Paris : ont é-u ^

1. IV, 382. C'était aussi l'avis de Furetière : un personnage de son Roman bourgeois déclame ces vers :

Vous transpercez si fort un cœur Que, quand je l'aurais aussi dur.

« Voilà, dit Charroselles, une rime gasconne ou périgourdine, et vous la pouvez faire trouver bonne en deux façons, en violentant un peu la prononciation; car vous pouvez dire un cœur aussi clcur, ou un car aussi dur. » (Éd. Tulon, Garnier, p. 283.)

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