‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 65 sur 247 · Sully Prudhomme, Réflexions, p · texte numérisé non relu

Sully Prudhomme, Réflexions, p

qirunc strophe se termine par une rime féminine ou masculine ' ? L'important pour nous n'est plus là. Ce sont des images émouvantes que nous demandons surtout aux lyriques, et nous prendrions volontiers, pour définir ce genre, la formule que Buffon applique au style, pour les idées : le lyrisme est l'ordre et le mouvement que l'on met dans ses images. Or ce poète lyrique, au témoignage de Uacan, « avait aversion contre les fictions poétiques ^ >;. Son Commentaire le prouve. Il trouve l'hyperbole ridicule ^ Des comparaisons de Desportes, plus timides que tant d'autres chez Pindare, lui semblent extravagantes (IV, /il5). Ce que nous condamnerions comme étant de goût douteux, lui parait bien plus grave; quand Desportes met :

Le tyran des Hébreux Ne fit jadis meurtrir tant d'enfants innoceuts Que je tue en maillot de pensers languissants,

cela paraît à Malherbe une « imagination bestiale » (IV, 321). Il ne peut souffrir les métaphores prolongées; et pourtant il est plus sévère encore pour celles qui ne se suivent pas logiquement''. Ce n'est pas qu'il ne tombe lui-même dans ce défaut ^, ou que, par dérogation à ses propres principes, il ne se permette quehpiefois des images ampoulées ". Mais ce sont là des exceptions. Le plus souvent son style

1. « A propos de sonnets, il est encore à remarquer que tous ceux de Malherbe, à la réserve de deux ou trois, finissent par des rimes masculines, ce que Malherbe a alTeclé, à cause que les rimes masculines ferment mieux la période que les féminines. Et c'est pour cette raison que la plupart de ses stances finissent aussi par des rimes masculines. >> (Ménage, p. 301.)

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