‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 79 sur 247 · I.'ÉVOL. DU VKRS FR · texte numérisé non relu

I.'ÉVOL. DU VKRS FR

l)araît excellent à Corneille. La pratique du grand poète s'écarte singulièrement déjà des théories du grand versificateur : elle se résumerait facilement ainsi : tout pour la pensée, rien pour l'harmonie. C'est presque exactement le contre-pied du système de Malherbe, sur un point secondaire il est vrai. Il en est de même pour la question autrement importante, et presque capitale, de la rime.

La Rime.

Corneille est pourtant considéré comme un excellent rimeur par des contemporains de valeur différente. En 1656, l'abbé de Pure, que Corneille estime fort, dit de son côté, dans son roman de la Précieuse, à propos du grand poète : « Jamais le vers ne le fait éloigner de la chose; jamais la rime ne l'oblige d'extravaguer ' ».

Boileau lui-même, au témoignage de Brossette, rend justice au talent de rimeur de Corneille, sinon à son sens critique, lorsqu'il dit :

Tel excelle à rimer, qui juge sottement -.

Boileau aurait dû pourtant, afin d'être logique avec lui-même, se montrer plus sévère pour Corneille qui viole toutes les règles de Malherbe sur la rime, sans aucune exception.

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