Commentaire, I
Enfin les rimes d'adjectifs sont si fréquentes, que, sans exagération, on peut dire qu'il y en a presque à chaque page. On en trouve même, et plus d'une fois, quatre à la file :
Encor, si mon malheur vous pouvait rendre heureux, Je courrais au-devant de mon sort rigoureux : Mais puisque mon destin, du vôtre inséparable, Vous ferait malheureux, si j'étais misérable i....
Corneille était si bien habitué à considérer ces rimes faciles comme parfaitement légitimes au théâtre, qu'il les admettait comme bonnes même dans les pièces les plus courtes, où l'on pourrait sans trop de rigueur exiger la perfection, dans un sonnet par exemple : on trouve des quatrains où les rimes féminines sont : admirable, incomparable, invulnérable, durable (X, 44) ; ou encore : admirable, incomparable, vénérable, infatigable (X, 32). On peut donc dire que la pratique de Corneille est juste l'opposé de la théorie de Malherbe, que le grand tragique admet, et par conséquent réhabilite, la rime facile.