‹ L'Évolution Économique de la PologneChapitre 28 sur 36 · En francs-or · texte numérisé non relu

En francs-or

certain point par le manque de capitaux et par la cherté des crédits qui en est la conséquence. Dans tous les cas, c’est un domaine dans lequel il reste beaucoup à faire.

La différence entre les prix des matières premières et les prix des produits finis forme également une partie de la question des prix. C’est ainsi que pour prendre comme exemple un seul produit la chaussure, on constate un écart considérable entre le prix de la matière première : les peaux brutes, et le produit fini : le cuir à semelle.

En 1914, le kilo de peaux brutes était coté 1,62, et le cuir à semelle était coté 3,19 le kilo.

En 1925, la peau brute montait à 1,90, et le cuir à semelle à 10 fr. le kilo.

En 1926, 1 kilo de peaux brutes valait 2,15 et le cuir à semelle 8 fr.

En étudiant le prix des divers groupes de mar : chandises, à partir du second semestre de 1925, on relève une augmentation du prix des céréales. Ceci résulte principalement de la récolte favorable de 1925 en Pologne, et de la récolte médiocre de 1926, comme aussi de la tendance générale à la hausse des céréales sur les marchés mondiaux.

En étudiant cette question du prix des céréales, il faut observer que si la cherté des denrées alimentaires formant la base de l'alimentation du peuple a des effets particulièrement néfastes, la hausse des

prix des céréales exerce, par contre, une influence

RE ed oi ue D à sl ue 4 re Le d'h* a +

certaine sur le développement de la consommation intérieure du pays en général.

Les réflexions et constatations qui précèdent nous amènent à rechercher quels ont été pour les diffé. rentes classes de la population, les eflets de la hausse et de la fluctuation des prix. Il est à remarquer que ce mouvement des prix n’a pas atteint dans les mêmes proportions les agriculteurs, les industriels, les commerçants et les petits rentiers.

Quelle que soit la solidarité qui unit les différents habitants du pays, il est certain qu'ils sont plus ou moins gravement atteints par la crise économique et par les différents mouvements de change et de prix qui en sont la conséquence inévitable.

On peut donc considérer le problème des prix des points de vue agricole, industriel et ouvrier. En un mot, et en général, il se prèsente sous un triple aspect.

Pour la population agricole, les prix ont été favorables, Les cours élevés des céréales et des produits agricoles en général joints aux frais de production relativement bas contribuèrent à améliorer la situation de la population des campagnes. Déjà la récolte de 1925 lui avait permis de récupérer les pertes provenant de la mauvaise récolte de 1924,

La progression des prix des produits agricoles en 1926 compensa jusqu'à un certain point les pertes dont étaient menacés les cultivateurs à raison de la récolte assez médiocre au paint de vue des quantités réalisées.

Egalement favorable fut pour les milieux industriels et les artisans, et partiellement pour le commerce, l'augmentation des prix qui, jointe à la tendance à ne pas augmenter le salaire des ouvriers, jointe également à la baisse du taux de l'intérêt et à la stabilisation de la monnaie, contribua au redressement de la situation.

Toute autre fut la question des prix pour les ouvriers, les fonctionnaires et les employés. Les émoluments et salaires ont été maintenus pour. toutes les catégories de travailleurs à un niveau constant pendant l’année 1926 presque tout entière, Vers la fin de l’année, à la vérité, certaines branches de l’industrie ont augmenté les salaires, mais cet accroissement ne correspondait aucunement à Îa hausse rapide du coût de la vie.

Donc, le problème des prix est pour les ouvriers et les fonctionnaires celui de la vie chère, Si l’on admet qu’en Pologne le nivellement des prix avec les prix mondiaux est un phénomène naturel, il faut reconnaître alors la nécessité de relever à proportion les traitements et les salaires. Le rapport des prix avec les salaires ne peut dépasser le minimum du coût de la vie.

Si nous envisagions les facteurs qui exercent leur

influence sur la formation des prix ou sur leur rela-

tion avec les salaires et traitements, nous serions amenés à faire de sérieuses objections relatives à l’organisation et à la distribution de la production.

Aussi le gouvernement a-t-il commencé l'étude

impartiale des conditions de la production et de l'échange des marchandises en instituant à cet eflet une commission d'enquête. C’est certainement l’une des plus importantes initiatives que le gouvernement polonais ait prises pour améliorer la vie économique de la nation en faisant procéder à une étude sérieuse et approfondie du problème de la production et de la distribution des richesses.

Les essais tentés à cet égard avant la révolution

de mai 4926, n’ont donné aucun résultat et c'estseulement grâce à la situation créée par cetterévolution qu'il a été procédé à l'examen de ce problème.

Le relèvement des traitements des fonctionnaires est maintenant prochain, car le gouvernement, d’accord avec le Conseiller, en reconnaît la nécessité, et aura lieu dèsque les corps législatifs auront donné au gouvernement de nouvelles sources de recettes pour couvrir ces dépenses.

En attendant, la loi du 18 décembre 1926 a relevé de 10 %, les traitements et, en vertu des décrets du 17 avril 1927 et du 23 janvier 1928, deux subsides leur ont été versés qui ont grevé le budget de 73.000 .000 (1).

1. M. Czechowiez : Exposé à la Commission des finances de la Diète, 29 mars 1928.

Page 1