Jean Rigauld, cap. X, éd. du P. Ferdinand, p
l'évolution du merveilleux 267
— dont nous avons déjà parlé, à un autre point de vue,
— est un trait qui se trouve fréquemment dans les histoires de sorciers et de magie. Gésaire d'Heisterbach^, notamment, raconte qu'un homme, ayant évoqué les esprits infernaux, par l'entremise d'un clerc, et étant sorti imprudemment du cercle où il devait rester confiné durant l'opération, fut tellement malmené par eux qu'il en mourut, trois jours après.
Dans les exemples qui précèdent, c'est la légende antonienne, indubitablement, qui a utilisé et reproduit des souvenirs légendaires plus anciens ; mais, pour certains autres traits, qui se rencontrent, plus ou moins, à la fois dans cette légende et dans des narrations hagiographiques étrangères, il devient parfois assez difFicile de savoir à. qui appartient la jsin'oriVe.
Voici, entre autres, l'épisode du pied coupé.
Un jeune homme 2, dans un moment de colère, a donné un coup de pied à sa mère. Saisi de repentir, il vient se confesser au saint \ puis, pour expier sa faute, d'une façon aussi cruelle qu'insensée, il saisit une hache et se coupe le pied. Mais Antoine accourt, prend le pied amputé, le rapproche de la jambe, et le blessé, sans plus tarder, est guéri.
Cet épisode est donné, à la gloire du « thaumaturge » franciscain, par Jean Rigauld'^, par la légende Beiiigiiitas^, les Additions du manuscrit de Lucerne^, le
Additions du ms. de Padoue à la Leg. prima, add. III, n"' 39-49, ap. S. Ant. v'itse dage, p. 139 et 140. — Liber miraculorum, n° 61.
1. CiîSARii Heisterbachensis, Libri XII illustrium miraculorum et historiarum memorabilium., lib. V, cap. 1-4. Cologne, 1591 et 1599.
2. En Espagne (!?), dit Jean Rigauld; à Padoue, disent la légende Benigniias, les Additions de Lucerne et le Liber miraculorum. Barthélémy de Pise n'indique pas de lieu.