Montalembert, Les moines d'occident, introd., ch, X
2, Par le D' E. Lempp, dans la Zeitschrift fur Kirchengeschichte (Th. Brleger, Gotha), t. XI, 1889-90 ; XII, 1891 ; XIII, ^892 ; — par le R. P. Ferdinand d'Araules (La vie de Saint Ant. par Jean Rigaiild, avec introd. et appendice. Paris, Beauchesne, 1899) ; — par Gh, de Mandach (S. 4ref. et l'art italien. Paris, 1899); — par le chanoine Lepître (S. Ant. de Padoue. Paris, 1901);— par les Sancli Antonii vitse dux enfin (t. V de la CoUecliori d'études et de documents. Faris, Fischbacher, 1904).
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s'orienter dans ce domaine si complexe et jusqu'ici si peu scientifiquement exploré, d'en cadastrer, 'poxir ainsi dire, les régions, d'en délimiter les fondrières, les marécages, les alluvions mouvantes et les terrains solides. Je n'ai voulu que présenter une méthode, plus ou moins ébauchée, de recherches, un instrument de travaux ultérieurs, une clef d'investigations futures. Que ceux qui se sentent le goût de fouiller ce coin, si particulièrement intéressant et si suggestif, des fourrés folkloristes, ce département, si touffu et si épineux, des immenses et, en apparence, inextricables forêts Tierges de l'hagiographie médiévale, s'en emparent et s'en servent hardiment, mais aussi patiemment, sans reculer devant les minutieuses analyses, les longs et réitérés examens externes et internes, les excursions et les reconnaissances à travers les documents connexes ou similaires : des résultats féconds, des découvertes inattendues, des dissipements de mirages, des écroulements subits de vieilles erreurs, mais aussi des affermissements et des consolidations inespérées de faits jusque là ruineux, récompenseront leurs efforts. En tout cas, et suivant le mot que m'écrivait naguère, en guise d'encouragement, un critique catholique, qui, pour l'étude des légendes d'une époque quelque peu différente, a marché brillamment dans cette voie, plus sérieuse, plus loyale^ l'histoire, — à plus forte raison l'hagiographie, — sera plus belle et plus efficace. A ce propos, deux mots encore, et j'ai fini. > '
Ce serait bien à tort que des âmes pieuses, mais naïves, habituées à confondre malencontreusement dans un même respect les saints et leurs biographies légendaires^, se montreraient attristées où émues de quelques-
1. Voir R. P. Delehaye, Les lég. hagiog., ch. III, p. 68-120; ch. VII, p. 242-245.
l'évolution dtj merveilleux 285
unes des constatations qui précèdent, comme si les bases certaines de l'histoire du « thaumaturge » de Padoue, comme si sa gloire posthume, devaient s'en trouver ébranlées et compromises. Le R. P. Delehaye l'a dit avec raison: « Aider à reconnaître, — ■ dans la littérature hagiographique, — les matériaux de qualité inférieure, ce n'est pas nier qu'il y en ait d'excellents ; c'est sauver la moisson que de signaler l'ivraie qui s'est mêlée au bon grain, dans une proportion parfois déconcertante * . » En ce qui concerne saint Antoine, malgré toute une effloraison de narrations apocryphes, il reste des documents sérieux et contemporains : la Legenda prima, Rolandino, Barthélémy de Trente, Jean Rigauld pour les traits qu'il tient de témoins oculaires, etc. Qu'on y joigne, si l'on veut, telles et telles traditions suffisamment établies. Je renvoie, au surplus, à l'étude des « sources » publiée 'dans les Saiicti Aiitoiiiivit3R dusR^.
Fort injustement aussi, et par une déduction absor lument illogique, contre laquelle je proteste, à l'avance, énergiqûement, on essaierait, — sortant du domaine de la critique des textes et de l'étude folkloriste des légendes, où je me suis placé, — d'attribuer à mes remarques une portée, une tendance philosophico-religieuse, qu'elles ne veulent et ne peuvent pas avoir. De ce que certains récits de faits merveilleux, en effet, sont reconnus controuvés et plus ou moins directement issus du processus légendaire, en quoi cela empêchet-il, — le principe catholique de l'existence du surnaturel étant admis, — qu'il ne puisse y en avoir, qu'il n'y en ait, de véridiques ? Ce que la logique et la critique, encore une fois, exigent, simplement mais