‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 11 sur 127 · TR IG SM TBE · texte numérisé non relu

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Voici la répartition géographique de la production du naphte pour l’année 1893 :

Gouvernement de Bakou ............. 312.000.000 pouds Territoire dé KOUban LE IAE Er 1.230.065 — -— AUDE A PC PRIE 5.240.580 — — dela Transcaspie..sevnce se 84.700 — Gouvernement de Tiflis ............... 20.000 — Territoire du Daghestan............... 3.900 — Gouvernement d’Elisabethpol ......... 14.900 — Territoire de Ferghanah .............. 4.551 —

Le gouvernement de Bakou fournissait environ 98% de la production totale du naphte. Ses quatre centres principaux ont donné, en 1893 :

Balakhanr ie 72,6 millions de pouds Saboundn:t Abus 134 — ROMANS ESLTPE 74 — RihisAMbatr. PA ATRES 47 —

Ce dernier tableau donne les quantités de naphte réellement distillées et fait abstraction de la consommation locale et des pertes lors du jaillissement.

Généralement, le naphte sort des puits par la pression des gaz, ou on l’extrait au moyen de pompes. La production des fontaines jaillissantes a contribué à diminuer le prix du naphte.

En 1895, la Société Nobel possédait 220 puits, dont 70 étaient en exploitation ; sa production de pétrole atteignait 20 millions de pouds. Grâce à l'application de la distillation fractionnée, elle obtenait du pétrole et des huiles diverses, notamment les huiles de graissage des machines.

La rectification du pétrole s’obtenait par l’action de

l’acide sulfurique, neutralisé ensuite par la soude caustique. Au début, cet acide provenait du soufre de Sicile, mais la Société Nobel s’était efforcée d'ouvrir une nouvelle branche à l’industrie indigène ; elle y était arrivée en utilisant ses pyrites de cuivre du gouvernement d’Elisabethpol. La soude caustique était fournie par la Société russe Loubinof, Solvay et Cie, qui avait su prendre la place des soudes anglaises. La Société Nobel récupérait par régénération une partie de la soude et de l'acide sulfurique qu’elle employait.

La Société Nobel extrayait également, de gisements situés dans une île de la mer Caspienne, une cire minérale appelée osokérite. Raffinée, l’osokérite prenait le nom de « cérésine » et elle servit pendant un certain temps à la fabrication des cierges d'église, jusqu’au jour où le Saint-Synode décida que la cire d’abeilles devait seule être utilisée. |

Il convient de citer également les Sociétés suivantes :

La Société de la Caspienne et de la mer Noire, fondée avec des capitaux français ; la banque Rothschild y était intéressée. Cette société a extrait 43 millions de pouds de naphte en 1895.

La Société Chibaef a extrait, en 1895, 26 millions de pouds de naphte. Elle a obtenu, dans ses usines de distillation : 700.000 pouds de pétrole, 3 millions de pouds d'huiles de graissage, 12 millions de pouds de mazout. Pour la rectification de son pétrole, elle fabriquait : 300.000 pouds par an d'acide sulfurique obtenu au moyen du soufre de Sicile.

Trois groupes de sociétés se partageaient alors l’exploitation du naphte. Les Sociétés Nobel et Chibaef re-

présentaient le groupe russe, bien que les frères Nobel fussent d’origine suédoise.

L'élément étranger était représenté par la Société de la Caspienne et de la mer Noire. Enfin, d’autres Sociétés appartenaient à des Arméniens et à des Tatars ; ces derniers possédaient la majeure partie des terrains pétrolifères et représentaient la plus grande partie de production. En 1896, la production du premier semestre a été, pour Bakou, de 180 millions de pouds, dont 148 ont été fournis par les Arméniens et les Tatars.

Nous extrayons de l’ouvrage de W. de Kovalevsky, le passage suivant relatif aux gaz naturels inflammables :

« Les gaz naturels qui, presque partout, accompagnent le naphte,s’échappent des fentes de la terre.Cesgaz furent un objet de culte pour les Guèbres, adorateurs du feu, culte dont la doctrine de Zoroastre fut l’expression. L'utilisation de ces gaz n’existe que pour brûler la chaux. »

L'industrie du naphte a donné à la Russie un éclairage à bon marché et un combustible nouveau, d’une manutention facile et d’un pouvoir calorifique supérieur à celui du charbon.

Les prix du naphte brut étaient tombés à moins de 1 kopeck le poud en 1893 ; à la fin de 1894, ils étaient remontés à 4 kopecks. Les deux causes principales qui ont provoqué ce relèvement sont les suivants :

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