‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 34 sur 127 · La soie · texte numérisé non relu

La soie

L'usage de la soie est ancien en Russie; du temps d’Ivan le Terrible, les robes des métropolites et les tuniques des seigneurs étaient faites de tissus de soie travaillés par des artisans étrangers. À cette époque, la soie venue de Chine était produite par l'Asie Centrale.

L'industrie de la soie a fait son apparition au début du xvirie siècle à Moscou et elle s’est propagée progressivément dans les gouvernements de Moscou et de Vladimir, C’est en 1825 que cette industrie est entrée dans la voie de l’organisation technique moderne sous l’impulsion des étrangers venus en Russie à cette époque.

L'industrie du moulinage date de 1891, époque à laquelle le gouvernement commença à frapper de taxes douanières les soies moulinées importées. En juillet 1894, ces taxes furent augmentées et portées à 40 roubles par poud ; les soies grèges étaient soumises à des taxes plus faibles. Ces mesures protectionnistes stimulèrent l’activité des industriels qui installèrent des moulinages, l’importation des soies moulinées diminua et celle des soies grèges augmenta. Divers systèmes d'outillage furent expérimentés, mais les industriels russes optèrent rapidement pour l'outillage français qui fut reconnu supérieur à l'outillage suisse et américain.

La plupart des moulinages furent créés par des Lyonnais.

Jusqu'en 1860, le Caucase produisait une grande quantité de cocon et de soie grège, mais à cette époque les vers furent atteints de maladies qui provoquèrent

des ravages considérables. I1 en résulta une crise dont les effets se faisaient sentir encore à la fin du xx siècle, malgré les efforts tentés par le Gouvernement pour faire renaître l’ancienne prospérité. Les grèges du Caucase, dévidées à la main, valaient 50 % de moins que les grèges dévidées mécaniquement.

Au Turkestan et dans les provinces de l’Asie Centrale la situation était encore moins favorable qu’au Caucase.

La cause principale qui arrêtait le développement de la sériciculture en Russie était l'insuffisance des plantations de mûriers. Des expériences furent tentées à Moscou dans le but de nourrir les vers à soie avec un succédané du mûrier, la scorsonère ; elles donnèrent des résultats très concluants tant au point de vue de la qualité qu’au point de la quantité de soie produite.

L'extension rapide prise par les moulinages entre 1890 et 1900 a nécessité un accroissement considérable de l'importation des soies grèges, bourres de soie et cocon. Ainsi, dans la période 1879-1888, l'importation moyenne annuelle était de 67 tonnes ; au cours de la période 1889-1898, cette importation s’est élevée à 695 tonnes, elle était donc plus de 10 fois supérieure à celle de la période précédente. En 1896-1898, elle a atteint 1.243 tonnes. Au point de vue de la provenance des soies grèges, les statistiques douanières montraient que l'Italie, la France et la Suisse occupaient les premiers rangs.

Le tableau suivant indique l’état de l’industrie de la soie au cours de la période 1900-1908 :

CR sn 6 et PEL ES, A

Valeur de Valeur des ma- Nombre de Nombre la production tières premières tissages d'ouvriers en francs en francs 1900 309 31.976 81.750.000 51.250.000

En 1912, il n'existait plus que 174 tissages groupant 33.176 ouvriers. Ces chiffres montrent que, malgré la diminution du nombre des entreprises, le nombre des ouvriers était sensiblement constant et que la valeur de la production était en progression. À cette époque, la Russie pouvait être classée au sixième rang de la production mondiale. |

Certaines fabriquse, en nombre limité, possédaient leur matériel de teinture et de finissage. Bien que leur nombre ait diminué au cours de la période 1900-1908, ‘on voit, par les chiffres suivants, qu'elles arrivaient presque à doubler leur production.

Nombre de Nombre Valeur en francs fabriques d'ouvriers de la production ODA TEEN 24 D 17 146.750.000 TOOBS EURE 16 7.800 278.000.000

Toutefois, la production ne satisfaisait pas à la consommation et les importations croissaient. C’est ainsi qu'elles étaient passées de 50 millions de francs en 1906, à 87.500.000 franes en 1910. |

En 1913, la production des cocons secs était de 1.600 tonnes pour le Turkestan et de 4.396 tonnes pour la Transcaucasie. Une grande quantité de ces cocons était alors exportée en France. Les procédés archaïques

employés par le paysan entravaient sérieusement le développement de la sériciculture.

La guerre, en diminuant l'exportation des cocons a donné une impulsion nouvelle aux filatures russes.

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