‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 35 sur 127 · Le lin · texte numérisé non relu

Le lin

C’est en 1833 que Philippe de Girard, presque oublié en France aujourd'hui, installa en Russie la première filature mécanique de lin, dans une petite ville polonaise située près de Varsovie. Cette ville, Girardow, porte le nom de l'inventeur des machines à filer le lin. Les débuts de la filature de Girardow furent difficiles et la Banque de Polongne dut même reprendre cette entreprise. |

En 1860-1866, la crise du coton marqua le point de départ de la prospérité de l’industrie du lin, prospérité qui ne cessa de s’accroître à partir de 1870.

A la fin du xvure siècle, l’exportation du lin russe ne

dépassait pas 18.000 tonnes ; en cinquante ans, elle quadruplait et en 1900 elle atteignait presque 200.000 tonnes Cet accroissement s'explique par la diminution des ensemencements dans les pays de l’Europe occidentale et par l’augmentation de la production de la Russie.

En Russie, deux modes de rouissage étaient utilisés ; le plus répandu était le rouissage sur terre, à la rosée ; le rouissage à la rivière n’était pratiqué que dans quelques gouvernements du Nord-Ouest et de l'Ouest. Les lins du gouvernement de Vologda, les plus réputés, étaient rouis sur le champ, à la rosée ; presque tous les

lins de cette région étaient travaillés par lés filatures russes.

En général, les lins russes étaient mal préparés et ne pouvaient servir à la fabrication des numéros très fins. En outre, aux défectuosités du rouissage, s’ajoutait

la mauvaise foi des producteurs, paysans pour la plu-

part fraudeurs. En 1896, le Ministre des Finances avait cherché à réagir contre ces pratiques, mais son intervention ne semblait pas devoir être couronnée de succès.

En 1895, le Ministère de l'Agriculture créa des écoles ouvertes à tous ceux qui désiraient étudier le travail du lin. Les résultats obtenus, grâce à un outillage perfectionné, prouvèrent que l'industrie nationale pouvait produire des lins d'excellente qualité à la condition que les procédés de culture s’améliorent.

Les filatures produisaient principalement des numéros inférieurs et moyens de fils. Les gros tissus, vendus écrus ou demi-blanchis étaient les plus fabriqués. Dans la catégorie des toiles demi-fines et fines, les tissages avaient fait de tels progrès que les consommateurs n’achetaient plus à l'étranger que les tissus de qualités supérieures, tels que les batistes et les linons. Le blanchiment et l’apprêt suivaient le progrès général ; quant aux machines utilisées dans les diverses branches de l’industrie linière, elles étaient toutes construites dans les ateliers russes.

À partir de 1913, le Gouvernement, les zemstvos et des particuliers ont recherché les améliorations susceptibles d’être apportées à la culture et à l’industrie du lin. L'Association panslaviste des producteurset consomma:

teurs de lin a exercé en ce sens une action particulièrement importante.

En 1913, l'exportation du lin atteignait 225 millions de francs, soit 75 % de la production mondiale. Il y a lieu de noter que, contrairement à ce qui existait pour beaucoup de branches commerciales, le lin était vendu directement à l’étranger sans passer par les intermédiaires allemands.

La progression de l’industrie linière ressort des chiffres suivants :

HORS OMS IL ann Me 1,7 110.000 broches RE LA nes fonce 248.868 — ii ONE PRES ue À 300.000 — ROBE EDR due da ao 362.000 — ER LOTS an dirais he: 416.274 —

En 1913, 15.049 métiers étaient en activité et la quantité de lin brut traitée atteignait annuellement 80.000 tonnes. La production totale de la Russie étant d'environ 400.000 tonnes par an, 20 % seulement étaient utilisés par la consommation nationale. La totalité du fil à tisser était absorbée par le marché intérieur.

La guerre a eu pour effet de faire cesser presque complètement les exportations de lin; mais comme les stocks de coton étaient limités, la demande du lin augmenta sur le marché intérieur et il en résulta une stabilisation assez rapide.

Il convient de noter ce fait unique en géographie économique : la Russie est le seul pays producteur en même temps de lin et de coton.

5, — Le chanvre

Les meilleures qualités de chanvre étaient produites par les gouvernements d’Orel, de Smolensk, de Mohileff et de Tchernigoff. Les chanvres d’Orel et de Tchernigoff étaient employés à la fabrication des câbles et des cordes ; ceux des autres gouvernements étaient surtout utilisés par les filatures, par suite de la solidité et de la finesse de leurs fibres.

Vers 1880, l’industrie du chanvre se développa par suite de circonstances très différentes. La navigation fluviale à vapeur prit de l’extension,et il se créa de nouvelles corderies ; l'emploi des moissonneuses-lieuses augmenta la demande des ficelles et des liens ; enfin d’autres fabrications industrielles, telles que les courroies de transmission et les tuyaux de pompes à incendie contribuèrent à étendre l'emploi du chanvre.

Ce n’est que quelques années avant la guerre de 1914 que le Gouvernement et les zemstvos ont tourné leur attention vers la culture du chanvre. Les surfaces affectées à cette culture étaient en effet en diminution : 600.000 hectares en 1912 pour 800.000 en 1903. Dans

| cette branche, comme dans les autres, les paysans russes ne faisaient aucun effort pour adopter des procédés scientifiques et les résultats de la culture du chanvre dépendaient uniquement des conditions climatériques et atmosphériques. Il en résultait de très grandes variations dans le rendement des différentes récoltes, ainsi que l’indiquent les chiffres suivants :

1 Eat LUE SENTIR ARE EE 2.900.000 tonnes HAMOUTEN EU PAS er en ea 487.000 — PUS DE Ne ET INRA 303,000 — LÉ EUR Le, ARE CEE RE PRES RUN 354.000 —

L'industrie russe du chanvre était d’ailleurs fortement concurrencée par celles du jute et du coton ainsi que par celle du chanvre de Manille.

6° — Le jute

Malgré les droits de douane élevés, l'importation du jute augmentait d’année en année.

L’importation moyenne annuelle du jute brut a été de:

SrOO- tonnes denis. MON, LE 1887 à 1890 40.500: — SAC POREN EE RER 1891 à 1894 HOMO D AUERE LEE ne ds Er 1895 à 1898 DÉMO MAT et Je DUREE Dei 2 1901 SO OOONN ET Es TRAME dat ter, 1910

Ces chiffres indiquent la progression croissante de l’industrie du jute qui consistait principalement dans la fabrication des sacs et des toiles d'emballage. Ces articles étaient d’ailleurs fabriqués presque exclusivement dans les manufactures ‘le lin.

Pendant la guerre, 10 usines seulement travaillaient le jute, elles comprenaient : 45.000 broches, 2.400 métiers et 10.638 ouvriers. La valeur de leur production totale atteignait 425 millions de francs.

LA

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