‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 37 sur 127 · La meunerie · texte numérisé non relu

La meunerie

L'industrie meunière russe s’est développée au cours du dernier quart du xix£ siècle pour les raisons suivantes : d’une part les progrès de la construction mécanique la dotèrent d'un outillage perfectionné à grand rendement, d'autre part la construction des chemins de fer modifia complètement ses conditions d'existence.

L'industrie mécanique fournit d’abord les cylindres, puis les appareils d'épuration des grains et de blutage

des gruaux et de la farine. L’électricité permit d'utiliser des engins de manutention puissants et d’un maniement facile, enfin le chauffage au naphte, partout où ce mode de chauffage était avantageux, contribua à perfection. ner la technique de la meunerie.

Depuis longtemps, les minoteries importantes existaient sur les artères fluviales, car les prix de transport des grains et des farines étaient réduits. Dans ces conditions, les minoteries n'avaient qu’un rayon d'action limité et leurs produits n’étaient consommés que dans les régions voisines. Les chemins de fer permirent la création des minoteries dans les pays producteurs de céréales, jusqu'alors dépourvus de moyens de transport commodes ét relativement peu coûteux. En même témps, l’approvisionnement en combustible, charbon ou naphte, fut rendu plus facile. Les moulins à vapeur devinrent rapidement plus nombreux et plus importants que les moulins à vent et à eau. Les conditions météorologiques souvent défavorables de l'hiver, par suite du régime instable des vents et du froid qui gelait les rivières, n’arrêtèrent plus le travail. Enfin, grâce aux chemins de fer, les régions les plus lointaines, telles que celles dela Volga, devinrent des centres importants de production de la farine et se rapprochèrent en quelque sorte des grands centres de consommation. Les petits moulins de villages travaillant avec des meules ne disparurent pas entièrement à la suite des conditions économiques nouvelles qui viennent d’être examinées, mais on peut dire que les transports et les machines ont été les facteurs du développement de l’industrie meunière.

L’exportation des farines russes a toutefois rencontré toujours un obstacle résultant des qualités demandées par la consommation locale. Tous les Russes, sauf ceux du Midi ou de l’Extrême-Occident préfèrent le pain de seigle ; cette habitude, plusieurs fois séculaire, a pour résultat d'inciter les minotiers à utiliser une mouture grossière sans blutage, pour la farine de blé comme pour celle de seigle.

Il existait une grande diversité dans les qualités et les nomenclatures de farines, chaque région et parfois chaque grand moulin avait ses spécifications propres. Les frais de production étaient d’ailleurs variables suivant la région, la situation du moulin, le prix du combustible et celui du transport des grains. En 1900, il existait environ 20.000 moulins transformant annuellement en farine plus de 16 millions de tonnes de grains. À cette époque, l'exportation de la farine était insignifiante, aussi, les minotiers s’étaient-ils groupés en syndicat afin de pouvoir s'assurer des débouchés ; ce procédé leur avait d’ailleurs réussi.

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