Les huiles végétales
Les huiles étaient extraites des graines des plantes oléagineuses suivantes, cultivées de tous temps en Russie : lin, chanvre, tournesol, colza, œillette. Vers la fin du xixe siècle, on entreprit la production des huiles extraites de matières de provenance étrangère : huiles de palme, de coco, de ricin, Quant aux huiles de lin et de chanvre, elles étaient fabriquées depuis très longtemps. La Transcaucasie commençait à cultiver avec succès le ricin, mais les graines de cette plante venaient principalement d'Italie et des Indes orientales. L'huile de lin représentait le tiers de la fabrication générale.
Au point de vue de leur importance et de leurs conditions techniques, les huileries présentaient de grandes différences. Les grosses usines situées dans les villes et les centres industriels importants étaient peu nombreuses, mais elles disposaient d’un outillage moderne à grand rendement et travaillaient toute l’année. Les huileries d'importance moyenne, possédant parfois des moteurs à vapeur, travaillaient en partie avec des animaux et avec des presses à main; elles ne fonctionnaient qu'en automne et en hiver, Enfin, les huileries rurales ne travaillaient que pour la consommation locale lorsqu'on leur apportait des graines et leur outillage était rudimentaire.
La plus grande partie des huiles fabriquées en Russie était consommée sur place ; seuls, les sous-produits tels que les tourteaux étaient exportés en Allemagne, au Danemark et en Grande-Bretagne.
4, — Le sucre
La première raflinerie russe fut fondée à Saint-Pétersbourg en 1719 ; à la fin du xvirre siècle, il n’existait que 7 raflineries dans l’Empire. Ces usines transformaient le sucre de canne importé de l'étranger sous forme de poudre jaune. En 1802, la première fabrique de sucre de betterave fut construite dans un village du gouvernement de Toula; cette nouvelle industrie prospéra assez rapidement surtout dans le Sud-Ouest, mais jusqu’en 1880, la production ne suffisait pas à la consommation. À partir de cette époque, le sucre russe devint un article d'exportation à la suite de l'extension de la culture de la betterave qui garantissait aux agriculteurs des profits plus certains que la culture des céréales.
De 1890 à 1900, l'augmentation du nombre des sucreries à été supérieur à 20% ; en 1900, 45% des usines appartenaient à des particuliers, 55 % à des sociétés par action. Leur répartition géographique était la suivante :
Gouvernements du Sud-Ouest........... 50% / Pologne ne AN TS CN DEAN OR AD PAS AE EE 20 %
Gouvernements du Centre ............. 0
La culture de la betterave était pratiquée dans 23 gouvernements.
L'amélioration des procédés de culture et lusage de la sélection artificielle avaient donné d'excellents résultats tant au point de vue de la teneur en sucre, qui atteignait parfois 20%, qu’au point de vue du rendement à l’hectare. Il est à remarquer d’ailleurs que le sol de certaines régions se prête particulièrement bien à la culture de la betterave.
La technique sucrière proprement dite augmentait en même temps la productivité du travail par lemploi de machines plus puissantes travaillant d’une façon continue. Ces efforts étaient couronnés de succès, ainsi les cinq campagnes de 1894 à 1899 ont faït ressortir les résultats suivants, par rapport aux campagnes 1889- 1894 :
Augmentation moyenne journalière du travail. ....... 28 % Augmentation moyenne de la production ........... 30 % Augmentation moyenne du rendement de la betterave. 9 %
L'Etat, par des droits de douane prohibitifs, avait accordé au sucre national un véritable monopole ; il en était résulté une concurrence extérieure déterminant une crise de surproduction. Un syndicat, dit Normirovka s'était constitué en 1887 et cherchait à obvier aux conséquences de cette situation, mais il ne réussit pas à grouper la totalité des sucreries et il échoua complètement.
En 1895, le Gouvernement, en prenant comme base la quantité de sucre produite dans l’année, adopta les mesures suivantes :
19 — Il fixa la quantité de sucre que les fabriques