‹ L'Évolution Industrielle Russe: Depuis la Fin du XIXe SiècleChapitre 49 sur 127 · Les couleurs et les vernis · texte numérisé non relu

Les couleurs et les vernis

La Russie importait d'Allemagne la totalité des substances tinctoriales dérivées de la houille, utilisées par les filatures, les tissages et les usines d'impression. Cette branche de la chimie n'existait pas et personne n’extrayait du goudron de houille, le ben zol, l’anthracène et autres sous-produits nécessaires à la fabrication des teintures. D’autre part, les usines à gaz n'étaient pas assez nombreuses et les charbonnages ne pratiquaient pas la récupération des sous-produits du coke. Le grand chimiste, le professeur Mendeleef, avait fait des expériences concluantes sur la distillation du goudron de naphte, mais leur application industrielle n'avait donné aucun résultat pratique. |

Grâce à la réduction des taxes douanières qu'elle avait obtenue en 1894, l'Allemagne exportait en Russie une grande quantité de produits tinctoriaux dérivés de la houille. Les industriels russes recevaient des produits demi-fabriqués tels que les alizarines qu'ils achevaient de transformer.

Les progrès réalisés par l’industrie des vernis portaient plutôt sur la quantité que sur la qualité des pro-

duits. L'importation tendait à diminuer, mais les vernis de bonne qualité, tels que ceux utilisés par la carrosserie, venaient toujours de l'étranger. La plupart des fabriques de couleurs et vernis installées en Russie étaient d’ailleurs des affaires allemandes.

La ville de Moscou était le principal marché d’indigo ; la municipalité avait installé un laboratoire d'analyse.

3 6. — La stéarine. Les savons

Pour la production de la stéarine, on ne se servait que de graisses, par suite des droits de douane élevés frappant l'huile de palme et les autres matières d’origine étrangère. Les usines se procuraient les graisses dans les abattoirs des villes ou dans les régions d’élevage et d’abatage des moutons. :

Les trois grands centres de production de stéarine étaient Kazan, Saint-Pétersbourg et Moscou; cette branche d'industrie était concentrée en un petit nombre de grandes entreprises pour les raisons suivantes. Les bougies soutenaient une concurrence de plus en plus serrée contre les autres modes d'éclairage, l’installation des usines nécessitait de gros capitaux ; une production intense était donc indispensable pour obtenir des prix de revient favorables et la concentration était seule capable de donner ce résultat.

Les stéarineries russes étaient entièrement à la hauteur de la technique de l’époque. La transformation des graisses était opérée par le procédé de la saponification, soit à l’autoclave, soit à l'acide sulfurique. La fabrica-

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tion de la glycériné faisait partie de la production des usines de stéarine qui fabriquaient les qualités suivantes

Glycérine chimiquement pure, employée pour les produits pharmaceutiques,

Glycérine pour la fabrication de la dynamite,

Glycérine blanche raffinée,

Glycérine jaune brute. *

L'industrie des savons existait sous deux formes : de grandes usines produisant de grandes quantités ou des petites fabriques de village. Les plus grandes usines se trouvaient à Saint-Pétersbourg, Moscou, Riga, Odessa, Kazan. Cette dernière ville était particulièrement renommée pour son «savon d'œuf » parce qu'autrefois, on y fabriquait de l’albumine tirée du blanc d'œuf ; le blanc et le jaune des œufs fournissaient des matières grasses utilisées dans la fabrication du savon. Par là suite, la dénomination «savon d'œuf » a été conservée bien que les œufs n’interviennent plus dans la fabrication.

A la fin du xixe siècle, les petites fabriques de savon se multipliaient car la soude pouvait être achetée en pétites quantités, les graisses étant fournies par les boucheries. Les produits ainsi obtenus étaient de qualité inférieure, mais leur prix de vente relativement bas en facilitait l'achat par les populations rurales et par les habitants peu fortunés des villes.

Le savon liquide était généralement fabriqué par les industries qui l’'emploieñt, toutefois, dans les grands centres, il existait des fabriques spéciales.

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