‹ L'évolution intellectuelle de saint AugustinChapitre 21 sur 88 · NATURE DU MANICHÉISME D 'AUGUSTIN 2.U · texte numérisé non relu

NATURE DU MANICHÉISME D 'AUGUSTIN 2.U

une lois, l'Auditeur de Cartilage se représentai! le .Manichéisme tout autrement que le Docteur d'Hippone. Au lieu d'en souligner, a>ec un malin plaisir, les anomalies les plus bizarres, il en considérait plutôt Iharmonie rationnelle (i). C'est ce qui permet de comprendre qu'il y ait cru.

Si on ne se représentait la doctrine dualiste que d'après l'exposé satirique qu'en a tracé l'auteur du De Haeresibiis et du Contra Fauxtum, on ne s'expliquerait guère qu'elle ait pu être prise au sérieux (2). Mais si on s'applique à en saisir l'ordonnance logique, on conc,^\i ^ rwi- peine (|u'elle ait séduit des esprits cultivés. Et on ne niera point a priori qu'Augustin en soit devenu un partisan convaincu.

Lui-même donne plusieurs fois à entendre qu'il ne l'a jamais acceptée qu'à moitié (3). Seulement il peut avoir cédé à une illusion assez fréquente chez les gens qui ont changé de convictions et s'être imaginé qu'il n'a Jamais bien cru au Manichéisme parce qu'il a cessé depuis longtemps d'y croire. D'ailleurs il a intérêt à montrer qu'à aucun moment il n'a été satisfait par cette religion désormais abhorrée. Son affirmation est donc doublement suspecte.

Pour la justifier, l'évêque d'Hippone invoque un argument précis. Il rappelle qu'il ne s'est jamais enrôlé parmi les Elus et il insinue que, s'il ne l'a point faiti c'est parce qu'il n'a jamais eu une bien grande foi en leurs doctrines f3). Mais cette dernière explication ne s'impose pas. Les \uditeurs

(i) \. siiprii. |). (;)2-r).S.

("i) « On ne sait trop, dit (laston Roissier, ce qui l'attira au Alanicliéismo. I.a façon dont les Manichéens expliquent l'origine du mal... lui parut plus tard ridicule et il ne nous semble pas qu'elle ait jamais pu st''duire un si bon esprit (!) » (La fin du paganisme, I, 802).

(."?) Non assentiebar, scd putabam cos magnum aliquid tegere illis involu-ris quod cssont alicfuaudo aperturi (De beat, vit., 4). leram per vias pravas supcrstitione saciilega, non quidem certus in ea sed quasi praeponens eam ra(4çris (Conf., VIII, 17 fin.). Augustin s'est réellement trouvé dans cet état d'âme. Mais c'est seulement après .sa 28*" année, à la suite de l'entretien qu'il a eu avec Fausie (Conf.. \, i3).

(i) Dr iiliL ,r,''l.. 2.

L E^OLl riON INTELLECTUELLE DE SAINT AUGUSTIN

cioyaiùiit fermement aux dogmes de. Mani. Seulement ils n'osaient pas se soumettre à toutes les exigences de sa morale, (lest Augustin lui-même qui le dit. Et il avoue que, durant le cours de son adolescence, il s'est trouvé dans le même état d'âme. En ce temps-là, il priait Dieu de lui donner un jour la chasteté, mais il craignait d'être trop tôt exaucé (i). Il admirait donc l'idéal d.es Elus. Il ne manquait que du courage nécessaire pour le réaliser.

L'auteur des Cojifessions s'oublie d'ailleurs plusieurs fois à dire qu'il a donné jadis une adhésion très franche aux dogmes de Mani. De son propre aveu, il a cm que ]e mond.e est formé des cinq éléments de la Terre lumineuse mélangés à ceux du Royaume ténébreux (2). Il a cru qu'une Ame capable d.e sentir réside jusque dans le figuier, qui verse des larmes dès qu'on lui arrache un." figue. Il a cru qu'en mangeant des fruits les Saints lil^èrenl la substance divine qui s'y trouve liée et que les pécheurs la mettent à la torture. 11 a cru qu'on ne doit pas donn-^r la moindre bouchée de pain à un mendiant qui ne professe point la vraie doctrine et qu'au contraire on fait une œuvre très méritoire en procurant des vivres aux Elus (3). Il a même agi en conséquence et nourri de son mieux ces serviteurs de Dieu pour obtenir, par leur intermédiaire, le pardon de ses fautes (4).

I^n incident très significatif montre combien il était pénétré de sa foi. Au temps où il préparait le grand concours de poésie d'où il devait sortir vainqueur, un aruspice vint complaisamment lui offrir ses services. En bon Manichéen, soucieux de

(i) \\ ffro adolesccns mispr.... in cxordio ipsius nflolpscentiao, etiam pclH-iarn a te castitatcm et (lixcram : Di niihi fastitntom et rontin^ntiam. «cd no!i modo. Timoliam ciiini ne me fiio rxandirps (Conf.. VIIT, I-). l'nc telle demande, accompagnée d'une pareille re'^triction, se place hien plu-; natiirell-'ment après la 19'' année d'Augustin, en un temps où il goûtait le charme d'une liaison très chère et où il regardait le célibat comme la voie uni jue du salut, que dans le cours des années antérieures où il n'éprouvait ni le même besoin d'aimer, ni les mêmes scrupules. C'est seulement après sa formation scolaire qu'il a pu la formuler, quoiqu'il se garde bien d'en convenir et d'attribuer à une bérc^ie détestée une prière si louable à ses yeux.

(2) Volanlem Medeam (v. mprn, p. 20, noi. \ et 5)... non credebam ; illa autem credidi (Conf.. III. 11).

(3) Conf., m. 18.

(V) Conf.. IV, I

.\ATLUli DU mamciieisml; l) AL(;LST1N

respecter le a sceau de la main », il répondit avec humeur que même pour obtenir une couronne immortelle, il ne voudrait pas laisser tuer seulement une mouche. Tout sacriUce lui inspirait une profonde horreur (i).

En revanche, il appréciait beaucoup les astrologues. Il lisait assidûment leurs livres (2) et il les consultait souvent euxmêmes (3). Il finit par s "imprégner si bien de leur enseignement qu'il apprit à tirer comme eux des horoscopes et qu'il se vit consulter comme une autorité par tel de leurs adeptes (Ix). Or les disciples de Mani croyaient aussi que les vertus sidérales exercent une influence considérable sur les actions humaines. Leur mythologie les disposait à accorder une grande importance aux prédictions des (( Mathématiciens » (5). Sur ce point encore le jeune Auditeur de Carthage se trouvait en plein accord avec eux.

Augustin s'attacha tellement à la cause du nouvel Evangile qu'il s'en fit un ardent avocat et qu'en ce genre de plaidoirie, où seuls les croyants peuvent bien réussir, il obtint de très brillants succès. De bonne heure, il engagea avec les Catholiques des conférences contradictoires, oii il déployait contre .eux une ar-

(11 r.onf.. IV. .s. Dans son dégoût (]n Manichéisme Augustin évite de noter que c'est sa foi dualiste qui lui inspirait riion'cur des sacrifices i't qui dicta sa réponse. Mais il le doiino assez nettement à entendre.

l-i] Conf., IV. 4. ô.

(3) Conj.. IV. 5.

(Il CotH.. Vil. S.

(5) V. supra. ]). ii5. not. i et p. i35. not. 3. D'après Epiphane (Huer.. LXVI, r3), Mani avait écrit un livre Sur l'astrologie, a J'ai quelque raison de jnger, dit Beausobre {op.. cit., II, 428-429), que Manichée n'admettait point cette puissance des astres sur la naissance des hommes et par conséqnent snr leurs inclinations et les événements de lenr vie ». L'historien de Mani appuie sa conjecture sur un passage de Fanste où celui-ci rejette le récit de la naissance du Christ, particnlièment à cause de l'étoile qui y intervient (Cont. Faust., II. i). Mais le cas allégué vise le Fils de Dieu qui ne peut être soumis aux démons aériens, non les enfants d'Adam qui viennent d'eux. Augustin répond d'ailleurs au Docteur de Milève que les Manichéens mettent la substance divine répandut> ici-bas <( non seulement sous la dépendance des astres, mais encore sous celle de toutes les choses terrestres » (Cont. Faust., II. 5).

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deur « furibonde » et toujours victorieuse (i). Il prêcha surtout les dogmes dualistes et il réussit à Les faire accepter par d'excellents esprits (2). Dans s^i propre ville de Thagaste, il gagna à sa nouvelle foi l'ami anonyme dont il a raconté la mort prématurée (3) et Jusqu'à Pvomanien, le (( patron » du lieu (4). A Cartilage, il recruta encore de sérieux prosélytes, d'abord son compatriote Alype, qui fut séduit par l'austérité des Elus (5), ensuite un païen lettré, nommé Honorât, qui se laissa gagner par la logique de leur système (6).

Là ne se borna pas l'activité manichéenne d'Augustin. Pendant sa vingt-sixième ou sa vingt-septième année, tandis qu'il continuait de professer la rhétorique dans la métropole africaine, il composa un traité philosophique, intitulé : De PulcJij-o et Apto, qui se présentait Comme une expression publique de sa foi religieuse (7)- Lui-même raconte comment il fut amené à l'écrire : .. .ï'aimais, explique-t-il, les beautés inférieures. J'allais dans les profondeurs. Kt je disais à mes amis : « Est-ce que nous aimons quelque cliose on dehors du beau (8) ? Qu'est-ce donc que le

(i) Ounm ilidcni catholicam) miscrrima et furio?issima loquacitate vasfabam (Dr don. prrxci'.. II, 55). Cf. De daah. nnim.. 11 ; Conf., III, :u r[ VI, 5.

Scducebar'et sediicebam (Conf., IV, i).

(3) Nam et a fîdc veia quam non gfirmanitus et penitus adolescens tcnebat deflexcram ego eum in supcrstitiosas fabellas... {Conf., IV, 7).

(4) Ipsa (philo«opliia) me penitus ab illa siiperstitione in quam te mccum praecipitem dcderam liberavit, lui dit Augustin (Cent. Acad., I, 3). Il lui dédiera plus tard son De vera reUqione qui est une réfutation du Manicbéisme en même temps qu'une apologie du Catholicisme.

(5) Audire nie rursus incipiens, illa mccum superstitione involutus est, amans in ^lanicliacis ostentationem continentiae (Conf., VI, 12). Ce texte montre qu'en ce temps-là Augustin estimait et vantait beaucoup les mœurs manichéennes.

(G) Tu nondum Chrislianus, qui, hortatu meo, cum eos vehementer ex(icraris, vix adductus es ut audiendi tibi atque explorandi viderentur (De util, cred., 2). C'est à lui que l'ensemble du traité est dédié. Augustin dut sans doute le connaître à Carthage. Un Honorât, encore catéchumène, qui pourrait bien être le même personnage, lui écrit de cette ville, vers 4i2, pour lui poser quelques questions au sujet de la doctrine chrétienne (V. Episi., CXL).

(7) Conf., IV, 20-27. Les traducteurs intitulent généralement ce traité: Du beau et du convenable. Mais ce dernier mot ne paraît pas assez précis. La définition que donne Augustin de Vaptiim pour le distinguer du pulcbnim, montre qu'il voit en lui ce que nous appelons aujourd'hui l'adaptation ou la finalité.

(8) Conf., IV, 20. Cf. De ver. rel., 72.

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beau ? Qu'e^lcc qui nous attire et qui nous attache dans les êtres que nous aimons ? Car, s'ils n'avaient point quelque chose qui n-jus charme et nous avrée, ils ne se feraient point aimer. Or je remarquais que la beauté des corps est constituée par leur accord intérieur et qu'elle s,e distingue de leur finalité qui leur permet de s'adapter à un but extérieur... (i). Cette observation jaillit sous de multiples formes en mon esprit du plus profond de mon cœur et j'écrivis sur la beauté et la finalité deux livres sinon trois. Vous en savez le nombre, ô mon Dieu. Pour moi je ne m'en souviens pas. Car je ne les ai plus. Ils ont disparu je ne sais comment (2) ».

La perte de ces pi-emiers essais est fort regrettable. L'auteur des Confessions affecte à leur sujet beaucoup d'indifférence. Mais il avoue qu'il les avait jadis franchement admirés (3). Quelle que fût leur valeur intrinsèque, nous trouverions chez eux maint détail important pour l'histoire de son évolution. Heureusement, nous pouvons nous faire quelque idée de leur contenu par l'analyse qu'il nous en a donnée.

« J'allais, dit-il, à travers les formes corporelles. J'y distinguais la beauté de la finalité, en disant que l'une convient par elle-même, l'autre par rapport à une autre chose. Et j'établissais cette distinction par des exemples-.. (4). — Je me tournais ensuite vers la nature de l'esprit. Mais la fausse opinion que j'en avais ne me permettait pas de voir la vérité... Je détournaismes regards de la réalité incorporelle A.ers les lignes, les couleurs, les grandeurs affectées (5). Et je jugeais mon esprit invisible

(i) Conf.. IV. 00. Cf. De ord., II. 32-33.

(a) Conj.. lY. :!0. Je soupçonne qu'en se demandant si son ouvrage ne comprenait pas trois livres, Augustin est influencé par la distinction qu'il s'est accoutumé à établir entre les corps, les âmes et Dieu, car l'analyse qu'il donne de son œuvre s'inspire visiblement de cette distinction. Seulement l'idée d'une telle hiérarchie ne s'est imposée à lui que bien plus tard. On est en droit d'en conclure qu'il s'était plutôt contenté de deux livres. Penl-ètre l'un triiifail-il de la beanli'. raiitie de la finalité.

(3) Nullo conlaudatore mirabar (Coirf., IV. ;>3, fin.').

ii) Conf., IV, 24- Nous avons sans doute un écho de ce premici" enseignement d'Augustin dans un passage du De ordine (II, 32-33), consacré à la distinction des sciences pratiques et des sciences spéculatives et vraisemblablement inspiré, comme tout le contexte, par les Disciplines de Varron (V. infra. p. 23o, not. 3).

(5) Tumentes magnitudines (Conf., IV, 24). Cf. De qiianf. on., ?4 : Tumor enim non absurde appellatur corporis magnitude.

simplement parce que je ne pouvais voir en lui rien de pareil (i). Aimant la vertu pour son harmonie, détestant le vice à cause de ses contradictions, je notais que là régnait l'unité et ici la division. C'est dans cette unité que je faisais consister l'âme raisonnable, l'essence de la vérité et du bien suprême. Au contraire, dans cette division de la vie irrationnelle je me figurais, malheureux que j'étais, je ne sais quelle substance souverainement mauvaise qui non seulement subsistait mais encore vivait sans venir de vous, o mon Dieu, auteur de toutes choses. Je montrais d'un côté une « monade », sorte d'intelligence asexuée, de l'autre une (( dyade », appelée colère dans les actes de violence, débauche dans le dévergondage... (2). — Je tendais vers vous, et j 'étais, repoussé loin de vous... Me trouvant changeant..., je préférais vous imaginer changeant que n'être pas ce que vous êtes... Je vous attribuais donc des formes corporelles... Et je demandais à vos enfants fidèles : (( Pourquoi l'âme faite par Dieu tombe-t-elle dans l'erreur ? » Mais je ne voulais pas qu'on me répondît : k Pourquoi Dieu se trompe-t-il ? » Je soutenais que Aotre substance immuable s'est nécessairement trompée, au lieu de reconnaître que ma substance changeante s'est spontanément égarée et que l'erreur constitue pour elLs un châtiment (3) ».

Cette analyse dénote un Chrétien tout pénétré de Néoplatonisme, pour qui les corps, les âmes ,et la nature divine se distinguent très nettement et se superposent selon une gradation

(i) Conf.. IV. :>.'] Augustin veut dire qu'il regardait l'ànic comme un coi-ps subtil, invisible mais étendu. Sans doute croyait-il que des yeux plus purs pourraient la voir. Dans VEpUre. du Fondement, Mani disait à ses fidèles : Pietas Spiritus Sancti intima vestri p«ctoris adaperiat ut ipsis oculis vidcatis vestras animas (Cont. Fel., I, 16).

12) Conf., IV, :4. La même distinction se trouve déjà dans le Phédon (loi c, e), qu'Augustin a dû connaître de bonne heure, comme nous le verrons au chapitre suivant. Les Néo-Pythagoriciens rattrihuaient aussi à Pythagore r\''oir Porphyre. Vie de Pylhagore, dans Bouillet, Ennéades. t. III, p. 62S). Or, leurs doctrines présentaient des rapports étroits avec celles de Mani {Act. Arch.). Elles devaient donc être familières aiix Manichéens cultivés. De fait. Fauste de Milève expose une théorie analogue, à propos d'un passage de VEpîire aux Gnlates (III, 27) : Tune fit homo a Deo cum fit unus ex multis, non ^cum ex uno divisus est in niulta. Divisif autem nos prinius ortus. id\"st corporalis, sccundus adunat, intclligibilis ac divinus (Cont. Faust., XXIV, 1 Hrc. fin.).

(ùj Conf., IV, 36-27.

MATURE DU MANICHÉISME D 'AUGUSTIN 22o

hiérarchique. Mais Augustin adoptoit clans son œuvre un point de vue tout autre, puisqu'il se reproche de n'y avoir tourné ses regards que vers « les lignes, les couleurs, les grandeurs affectées », d'y avoir ignoré les réalités incorporelles .et méconnu la transcendance de Dieu. Il s'y rapprochait plutôt des Stoïciens. Bien avant lui, les disciples de Zenon avaient soutenu que l'âme est une parcelle de la substance divine, qu'elle participe à l'étendue comme tous les corps, qu'elle possède pourtant une certaine unité appelé.e à régir la matière chaotique, enfin que, grâce :V son action ordonnatrice,, tous les êtres présentent en eux-mêmes une harmonie remarquable qui en fait la beauté et dans leurs rapports nmtuels une finalité merveilleuse qui permet de regarder le cosmos comme un grand organisme. Mais l'auteur du traité De Puîchro et Apto s'accordait surtout avec ses coreligionnaires Manichéens. Eux aussi enseignaient que le bien se confond avec le beau et que le monde obéit à la finalité (i). Eux aussi regardaient l'esprit comme un corps très subtil qui émane de Dieu (2)- Eux seuls affirmaient que le mal est une substance véritable, douée d'une vie propre, que Dieu a été un jour attaqué par le Diable et qu'une partie de sa substance demeure captive en nos membres, sujette à tous nos changements et même à nos erreurs (3). Eux seuls, enfin, reprochaient aux Catholiques d'attribuer le mal à une cause essentiellement bonne (^).

On comprend qu'Augustin, devenu un apologiste ardent du Catholicisme, ail parlé avec un dédain mêlé de confusion de Touvrage où il l'avait autrefois critiqué. On comprend aussi qu'il en ail de bonne heure perdu la trace. A peine l'avait-il écrit qu'il en désavouait la doctrine religieuse. Après avoir travaillé à recruter des adeptes au Manichéisme il s'en détachait lui-même pour loujours.

(i) V. su lira. p. 10.'), not. 5 cl p. lof). not. 5.

(2) V. sii[>nt, p. io5, 110t. I et p. 118, not. i.

(3) V. siipni. p. of)-io5 et p. 1 19-120.

{'4) V. siipl-d. p. 1^7.

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