‹ L'évolution intellectuelle de saint AugustinChapitre 28 sur 88 · CRITIQUE DE LA PHYSIQUE DOGAL\TISTE · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE LA PHYSIQUE DOGAL\TISTE

La j,ii)sique, dit Augustin, vise à scruter les secrets de la nature, à expliquer la constitution dii ciel et de la terre, l'organisation des êtres vivants, celle de Ihomme lui-mêma (i). Mais elle défoille constamment dans sa tâche (2). Les faits sont là pour le montrer, et la raison, d'ailleurs, prouve qu'il doit en êtj-e ainsi i'3V

Interrogeons d'abord les philosophes qui se sont particulière- Tiient appliqués <à l'étude du monde, ceux surtout qu'on appelle les (( physiciens ». Xons verrons qu'ils sont très loin de s'entendre, et qu'ils, se trouvent, au contraire, en complet désaccord, non seulement sur telle ou telle question d'une importance

(i) linrh.. ?,. iwl.

(3) Cont. Acad.. ]U. o3-afi. Cf. Prior. Acad., II. 17. 55: (Pliysici) maxinio in Acadcmia inriJentnr.

|.j/ Cette division psi suppo.sée par Auguslin Iiii-niènu' dans «a rriliquc du sccpfirismo (Cont. Actn]., ITÎ, 20 init., 2/1 init.).

'32,2. l'évolution lntellectuelle de salnt augustln

secondaire, mais sûr les principes mêmes de toutes leurs doctrines (i).

A leur tête vient Thaïes de Milet, l'un des sept sages, à qui on dit que les six autres abandonnèrent le premier rang. Tandis que ceux-ci se montraient uniquement soucieux de bien régler leur vie et celle de leurs concitoyens, il s'adonna à l'étude de la nature, et il acquit une réputation exceptionnelle par ses connaissuî! - astronomiques, qui lui permirent d'annoncer à l'avance les éclipses du soleil et de la lune. Or, il pensa que l'eau est ' iirce de tout, que d'elle viennent les p.remiers éléiitents et i ensemble des êtres qui forment l'univers (2). Son élève Anaximandre, qui prit sa succession, estima plutôt que^ de la divr ^' ' les effets on doit conclure à celle de leurs causes. Il cnseigij.i u.nn; qu'il y a une infinité de principes, d'oi^i naissent dos individus et des mondes innombrables (3). Lui-même eut pour disciple et successeur Anaximène. Mais ce dernier expliqua tout par le moyen de l'air, qui, d'abord indéterminé, a produit, par une série de détermination? croissantes, la terre, l'eau et le feu, puis le reste du mond. 1 Diogène d'Âpoïlonie, formé à son école, fît encore tout provenir de la même substance, mais en lui attribuant une raison diA'iut Un autre 1 de ses auditeurs, Anaxagore, pensa tout autrement. Il expliqua que la matière, composée, à l'origine; de molécules parfaitement semblables mais dispersées au hasard, doit sa forme o'rga-

(i) T 'argiinient o?t seulomont indiqué dans lo Contra Academicos cm, 28 init.). Mais on peut le reconstituer soit avec la Cité de Dieu (VIIÏ, 2; XVJI, 4i, n. 2), soit surtout avec les Acadcmiques (Prior. Acnd., 30, n6-^i; 128"). où Aup-u«lin l'a pri« et dont il "^'in^pire visiblement. L'évêque d'Hippone y fait encore allusion en répondant à Julien d'Eclane, qui, sur ce point, n utilisé Cicéron sans le nommer (Cont. Julinn., IV, 75).

(2; De Civ. Dei, VIII, 2 (Cf. Prior. Acad., 87, 118). j\.ugustin di». plui? loin, au sujet du même philosophe : Thaïes vero physicus fuit et morum dogmatum libros reiiquit (Dr Civ. Dei, XVIII, 25).

(3) De Civ. Dei, VIII, 2, et Prinr. Acad., II, 87, 118. Cf. De Civ. Dei, XVIII, 25.

Cl) De Civ. Dei, VIII, 2, et Prior. Acad., II, 07, 118. Cf. De Civ. Dei. XVIII, 25. .\ugustin note ailleurs (Epist., CXVIII, 28) que Cicéron a combattu la doctrine d'Anaximène ainsi que celle d'Anaxagorc au sujet de l'origine des dieux (V. De nat. deor.,,1, 10, 26.

(5i De Civ. Dei, VIII, 2 et Conl. Julian., IV. 75. Cf. Cicéron, De nat. deor., I, 12, 29.

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