‹ L'évolution intellectuelle de saint AugustinChapitre 41 sur 88 · C.>) Conf.. TX ,•> fîn · texte numérisé non relu

C.>) Conf.. TX ,•> fîn

(Il Cmil. Icr/i/.. ff. To, cirr. med.; TL -'5 inii.

(.">) Conf. Acad.. [. i5 et H, 10; De ord., T, 36. Ce dernier le'xte ■se place clirnnolofriqupinent entre les dfux antres. V. infra, p. (io3-^io4.

(•') De ord., J, 8 jin., 12 init., cf. 5r. '

elle que lui-même se tourne de préférence. Seul avec sa raison, il s'inlenoge sur les progrès qu"il l'ait dans la connaissance du \rai, et il s'encourage à aller sans cesse de l'avant (i). Lorsqu'-Alype se trome là et que Licentius et Nébride ont bien travaillé, il les associe à ses méditations. Si le temps s'y prête, il. les -mène à la campagne ; si le ciel est menaçant, il descend avec eux dans la salle de bains ; la conversation s'engage, tantôt enjouée, tantôt sérieuse, toujours spirituelle ; puis, quand l'heure du repas approche, ou quand la nuit \ient, il met fin à l'entretien par quelque joyeux propos (2). On croirait entendre (?.icéron devisant à Tusculum avec Crassus, Antoine et ses autres amis. Yisiblement, Augustin s'efforce d'imiter ce grand Maître (3). A son exemple il veut faire une œuvre qui s'impose à l'élite des lecteurs (/|). Par contie, nous relevons à peine, au cours de ces premiers dialogues, quelques citation^ de la Bible, d'ailleurs insignifiante - "> lVi> mic l'ois il n'y est fat allusion au baptême qu'Augustin et avec lui \lypc ainsi qu'Adéodat s'apprêtent à recevoir. Nous avons tout un traité que le nouveau converti a écrit à Mibin, dans les jours même où il se préparait directement à recevoir le sacrement de la régénération chrétienne (6). Pas un mot encore n'y est dit de cette grave détermination qui devait plus lai-d lui apparaître comme la plus inq-)ottante de sa vie. Décidément le néophyte qui s'offre ici ?i nous est bien différent de celui que nous dépeignent les ConJesHÎons.

■ (j') ^oliL. T. I.

' '•<! TTiizcl a soulciiu que los dialogue^; jiupustinii^n? «ont puronicnt fictifs. (Dcr THnloçi, Lcipzip. i8f).5. 8°. t. If. p. .'^77). CVst aller contre les textes tes plus clairs. Augustin lui-même explique à Romauien, (pi'il reproduira ses propres expressions, ainsi que celles d'Mype. et les idées (\r Licentius et de Trygefius (Coni. Acnil., T. '(.).

('M l.es dialogues de Cas«iciacuni s'ins|)irenl de-; cntri'lien-; pliilosopliicjues do Cicéron. non seulemenf dan« tem- coidenu doctrinal, dont îl'.'jera question j)lus loin, mais encore dans leur forme littéraire. Comme eux, ils s'ou'.Tcnt par wnc préface très soigné<\ fj") 1<'S dédie à un ami en lui faisant un élo^n- enlliousiaste de la pliiloso])hie. Comme eux, ils se déroulent dans un paysage propice, et ils sont parfois interrompus par les travaux coiu'ants. Comme eux. ils se terminent par un loii^ monologue, (pii en déga<ïc les conclusions, cl par un t'chanirc de coin- -pliments, où lous les interlocuteur^ flMis-ienl par s'aix'order. (ti) De on!.. 1. t'i. 00. :\i.$?. . (a^ Conf. le.',,/.. 11, f, (Matt.. MT .7;; Dr.hrot. vit., oi Joh., XIV^ 6) ; De tmi., f, vî {Psalmi, LXXIX, 8); De ord., IL ?>■>. (Joli., XVIII, 36). (()) Y. iiifni. p. 4o8-/ii2.

CONVERSION MORALE '.WJ

Dira t-on qu il atténue à do^suiu 1 cxprebMon de ses sentiments chrétiens, et qu'il accentue au contraire celle de ses goûts philosophiques, pour faire quelques concessions aux lettrés avec qui il vient de rompre (i) ? Une telle façon d'agir eût répugné à sa nature droite. Dans un passage des Soliloques, il la réprouve même expressément, et il se dit qu'il doit avoir souci de la \érité seule et non de la tourbe des lecteurs (2). En réalité, nulle part il ne se montre avec autant de franchise et de naturel qu'au cours de ses jnemiers écrits. C'est" dire que, pour connaître l'état d'âme dons lequel il se trouvait quand il les a rédigés, nous devons faire api>el à eux hien plus qu'aux Confessions. Ainsi nous sommes amenés à le considérer bien moins comme un catéchumène presque uniquement occupé de l'idéal chrétien que comme un disciple de Plotin avant tout soucieux de conformer sa vie A la doctrine du Maîtic. Moralement cohiuk' intellectuellement c'est au Néoplatonisme (in'il s'est converti, plutôt qu'à l'Evangile.

(i) Gaston Boissier, [.« conversion de saint Auguslin, dans La findu paganisme. G^ ('ditioii, t. I, p. 023.

('A Ncc modo euros .imitationfiTi turbac Icgciiliimi, pavicis i<!a sal erunt civibiis luis, dit la raison à Aiigusliri (Sol., I; i, fin.).

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