II. iTi. P7 : Dr qniiiil. niiiin.. i •> . i'\c
(;<l D,> hrol. ril.. ,S.-..
(''1) Siilil.. I. 1. iliit. et srrj.
(5^ Soin.. I. 1:"..
(ti) De ord., 11, uG, cire. (nit.
52 't l'évolution intellectuelle dé saint AUGUSTIN
platonicien. S'il n'attribue pas expressément la formation du Ojsnios à rânio universelle, s'il le présente plutôt comme l'œuvre collective des personnes divines, c'est qu'il admet, en s'appuyanl d'ailleurs sur des textes chrétiens, que le Père agit dans son Fils el par son Saint Esprit. Comme Plotin, qui s'exprime lui-même en termes analogues, il attribue donc le rôle principal à la (I lioisième liypostase » (i). \ussi lépèle-t-il avec insist<ince (pio loul III ce monde porte la manpie de la Raison divine et c'est .à le iriciilrrr ({n'est consacrée la jiliis grande partie de son traité- De l'Ordre (/a). Pour lui, comme pour l'auteur des Ennéndes, tous les êtres matériels procèdent de <( raisons séminales ^y qui règlent le cours de leur évolution (3). Chaque âme individuelle façonne le corps auquel elle est miie (/i). Or chacune s'identifie foncièrenjent avec celle ipii préside à l 'ensemble du Cosmos ("5). C'est pour cela que le monde s'affirme remarquablement un en dépit de son infinie variété (6). C'est pour cela aussi que tous les êtres se montrent foncièrenient bons. Tous viennent de Dieu, tous existent par lui, tous subsistent en lui. Les corps les plus grossiers, comme les âmes de qui ils procèdent, portent en eux quelqu" chose de divin. Ils sont la réalisation des Idées contenues dans l'Intelligence incréée (7). .Aussi leur ensemble forme le svstème le plus beau qui puisse se concevoir. Il participe h la perfection de son Premiei- Piincipe (8). Si ces thèses ne contiedisent pas l'Evangile, elles le dépassent singulièrement et lui sont étrangères, tandis qu'elles se trouvent, en accord intime avec les Ennéades.
Des remarques analogues s'imposent au sujet de= doctrines
(i) .Solil., I. 2, cire. inil. De Jirnf. vit.. 3o.
fa) V. supra, p. 4'^9-1V'.
fSt De immort. onim.. \''k inil. Cf. De Gcn. ronf. Man.. T. 9, 12; Df ver. rdiij. 79; De Geii. ad lill.. V. 45, etc.
(■\) f)r inumiri. (iiiim.. '.>.o. ■>'\. Voir nnssi De ver. rcl.. '2>. "(). Cf. i'-iif}., lY. 7. f).
(5": De (jiiitiiL (iium.. 69. \. supra, p. 470, noi. 5. Voir aus.'^i De or-/.. Il, .'')') ; De immort. nuim.. ;>.'i : De ver. rel.. 22; De Gen. ord. litt. Ub. impcrj., 17. cire. inil. Cf. Enii.. IV. 9, 4-5; VI, 4, 4-8.
(6) De ord.. I. init.
(7) De mor. Man.. i.3. \. .sup/o, p. 490, not. 4-
(8) De quant, anim., 78, fin., 80, vers, fin.; De Ub. arb., III, t.^ 35, etc. Cf. Enn., II, 3, 18; III, 2, 12 et i4; IV, à, 36-3?.
Natuiu: r.u \î:ori..\TO.Mï>Mi: d'm'Giisti.n ."i^ô
qu'Augustin professe sut' l'origiiu' cl sur la (iostinée de làiiie humaine. Pour lui, connne pour IMotin, lliomnie iir diffère pas essentiellement des Esprits qui présidenl ;'i l,i m.irc lie du nKaidc 11 menait d'abord leur existence, iiuicjuenient occupé comme eux à la contemplation de l'Etre divin et il n'est tombé dans cet organisme grossier et périssable que parce qu'il s'est librement et allusivement détourné de celle Sagesse souveraine qui constituait sa véritable vie (i). Sans doule, comme renseigne l'Eglise, il se trouvait, dès le début, uni à un corps. Mais celui-ci restait toujours soumis à l'âme chargée de le régir et participait donc à sa nature spirituelle h). C'est dans ce premier état que la chair ressuscitera au jour du jugement pour rendre plus complet le bonheur des Elus, appelés à voir Dieu face à face (3). C'est aussi à un organisme du même genre que la seconde personne de la Trinité s est unie dans son Incarnation Cj). Encore ne se l'est elle associé que par l'intermédiaire d'une âme chargée d'eu assurer la vie. Augustin insiste sut ce dernier point et il réprouve la thèse contraire des Apollinaiistes qui lui avîiit paiu d'abord représenter la pure orthodoxie (5). C'est parce qu'il estinie avec Plotin qu'une nature ne peut s'unir qu'à celle qui lui est immédiatement inférieure (6).
Du reste, il est encore loin de penser avec Paul et avec la masse commune des Chrétiens que l'Incarnation était destinée à racheter l'humanité déchue en payant la dette du péché. Conformément à l'esprit du Néoplatonisme, il explique plutôt qu'en prenant une forme sensible le -Verbe a voulu rendre sa Sagesse plus accessible aux âmes de bonne volonté dont la plupart n'auraient pu la trouver par leur seule raison. Pour lui le Christ est le Platon, des foules. (]'est en nous montrant le chemin du salut qu'il a réparé la faute originelle et qu'il nous a réconciliés avec Dieu. Ses actes, comme ses paroles, ne visent qu'à nous ins-
(i) De Uh. arh.. III, :iC : De quant, nnirri.. 6t). -S, etc. Cf. Enn.,