‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 18 sur 76 · DEVELOPPEMENT DE LA VISION · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DE LA VISION

it pour les petits des animaux, et qu'elle résulte immédialemeut

ud'un mëcaai^me héi-éditaire, tout organisé des la naissance;

TiutreB ariïrmant au contraire — et nous croyons que l'étudo de

I r^Faiil leur donne raison — qu'elle est une acquisition plus ou moins

i.l' de l'expérience, l'effet d'une accommodation progressive du

Iwcs de la vue.

^^UEBayoRs d'abord de montrer par les fails que la perception de ^^Kace n'est pas immédiatement donnée à l'enfant ; nous cherche- BBbensuite comment cette perception devient possible.

Tiiitt le monde a. remarqué combieu l'enfant tâtonne et se trompe, ;ind il s'agit d'apprécier la distance des objets. M. Preyera noté au r le jour un grand nombre d'observations, d'où résulte avec évi- I dfnce ce défaut d'aptitude. Au quatrième mois, l'enfant tend les mains, pour saisir des objets qui sont éloignés de deux fois la longncur de son bras, et, quoiqu'il ail échoué, il recommence plusieurs 1 an. dans un compartiment de chemin de fer, avec une ' persfivérance qui ne se lasse pas, il porte ses bras vers la lampe qui ' liilre le wagon. A vingt-deux mois, il semble vuuloir se jeter dans - bras de son père, qu'il aperçoit à la fenêtre de la maison, au i' iiviâme étage, pendant qu'il est lui-même dans le jardin (1). Si 1 t^iifant pouvait parler et interpréter ses actions, il nous dirait que, s'il agite ainsi ses mains vers des objets éloignés, c'est qu'il croit [muToir les saisir ; il en distingue la grandeur et la forme, mais il >"■! incapable de juger s'ils sont à sa portée ou non. A vrai dire, la ntitiûn d'éloîgnement n'existe pas encore pour lui ; la perspective lui iLtacoDDUe; il ne sait pas encore projeter au dehors, exiériorher, ■distance voulue, les images pourtant très nettes des objets qui mt ses yeux.

8 observations faites sur les aveugles-nés, qui eux, au moins, benl exprimer ce qu'ils éprouvent, quand ils voient pour la Bière fois, éclairent tout particulièrement la question. Je sais Il qu'on a reproché à Cheselden de n'avoir pas noté avec assex teision les faits qu'il a été le premier à constater. Mais sa relan'ea a pas moins une grande valeur, d'autres expérimentateurs ^ exacts étant venus après lui, qui ont établi à leur tour l'im.ïance de l'aveugle ù reconnaître tout de suite, dès qu'il com- % i voir, la troisième dimension de l'étendue et la distance des

BU, hian, op. cil.. i>. 43 el

objets. « La première fois qu'il vil daîrement, raconte Cheselden son aveugle {il omet de dire combien de jours après l'opération), appréciait si ma! les distances qu'il s'imaginait que tous les obje quels qu'ils fussent, étaient en contact avec ses yeux, « touchai ses yeux », comme il disait lui-même, de même que ce qu'il toucb était en contact avec sa peau {!). >■ M. Paul Janet prétend qu'il là qu'une métaphore; métaphore toute naturelle chez un aveu| qui n'a eu encore que des impressions tactiles. Mais, heureusem pour la thèse empiristisque, d'autres témoignages sont plus décii Tel est celui d'un aveugle-n(5 opéré à l'âge de douze ans par Évei Home. " Comme la plupart des aveugles-nés, cet aveugle, ai toute opération, distinguait déjà le jour de la lumière, l'éclat soleil de celui d'une lampe; et il disait qu'il lui semblait que ie touchait ses yeux; ce qui n'était pas surprenant, le soleil ne manifestant encore A lui que par l'intensité de sa lumière, par l'apparence de sa l'orme. Mais, une fois opéré de l'œil gauchi ne fut guère plus avancé. A une question de l'opérateur, qui demandait ce qu'il voyait, il répondit: " Votre tête, qui m'a sei toucher mes yeux. » L'œil droit opéré à son tour, on ne recomme pas tout de suite les expériences. Mais vingt-sept jours après seconde opération, près de trois mois après la première, il lui si blail que le soleil et les autre° objets étaient situés à une très pe distance (2). » Wardrop, Franz ont recueilli des faits analogi Wardrop, dont l'observation est des plus minutieuses, opère, à q rante-six ans, une femme aveugle de naissance. Au dix-huitième ji la patiente éprouve encore de grandes difficuUés à découvrir le d( d'éloignement des choses ; quand on place un objet tout près de yeux, elle cherche è, le prendre, mais elle étend la main bien delà du point 0(1 il se trouve, tandis que, dans d'autres cas, cherche très près de son visage des objets qui en sont éloignés On retrouvait donc exactement chez celte personne, pourtant i et intelligente, la maladresse dont le petit enfant nous donne chai jour le spectacle, quand il étend la main au hasard pour saisir ce est hors de sa portée. Franz a fait, en 1840, à Leipzig, des ei riences dont le résultat a été le même. Plusieurs jours après lopi

(l) Voyez les Phitosophical tmnaacllo

\ juiu 1738, p. \>.

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