‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 19 sur 76 · DÉVELOPPEMENT DE U VISION · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE U VISION

li'in, son aveugle, ûgé do dix-sept ans, en élail encore à confondre ':" surface plane et un objel profond. " On place devant lui un cube ' mil? sphère : il déclare qu'il voit un carré et un disque. On enlève

■ i:iil)e et on le remplace par un disque de même dimension que la s[itière : il déclare qu'il voit deux disques... Les objets extérieurs lui p.'ivaissaient tous si rapprochés, ajoute Framt, qu'il craignait parfois (II' se heurter contre des meubles pourtant très éloignés de lui... Bien qu'il eût appris par le toucher que, dans le visage humain, le nez est [ii'oi'minent et que les yeux sont enfoncés, il voyait le visage humain ' luime un plan (1). » Dans une observation, toute récente, sur une i>"!inlH-néeàgéede treize ans, on a constaté que la vision de l'espace

■ l'iil DUllc au début, et imparfaite encore huit jours après Topérali"ti: " (Juatre on cinq jours après que la patiente avait recouvré la vus, nu lui montra je ne sais plus quel objet situé à trente mètres ■ ail moins. Elle déclara qu'elle le toucherait bien avec la main, et |^li« étendit son bras pour le saisir (2). »

Nous avons insisté sur ces observations, parce qu'elles sont, par nniilogiej caractéristiques et probantes, au point de vue qui nous

■ 'upt. L'aveugle-né est véritablement un enfant, en ce qui coniiie la vision. S'il se trouve d'une part dans des conditions plus 'i ■liivorables, soit pafcô que l'opération qu'il a subie ne lui a rendu ili'iiQ seul de se.s yeux, soit parce que ses organes, malades et endoium, ne s'exercent pas tout d'abord dans l'Intégrité complète d'im -'■ns ûiilurelliîmcnt sain, il est évident qu'il a d'autre part sur l'enfant

! - avantages. Depuis longtemps, par l'usage de ses mains, il a '"-ucilli un grand nombre d'expériences tactiles, qui peuvent tout

' ^uile guider sa vision; en outre le pandeau qui recouvrait ses "l'in'esl presque jamais assez épais, assez opaque, pour les rendre

■'"■iilument insensibles à l'action de ta lumière. Les aveugles dont la '"'lié n'est duc qu'à, une lésion du cristallin peuvent même recon-

■■'ii'e les couleurs, selon qu'elles sont plus ou moins brillantes ou

'■liantes; et cette perception, quoique confuse, leur permet, dans

' '■ certaine mesure, — l'objet coloré éclairant plus ou moins large- I "1 le champ visuel, — de se rendre compte des limites, des diuien-

'(!> de cet objet, de juger même s'il est plus ou moins rapproché, ' illumination de l'œil étant plus ou moins vive. L'avcuglc-né a sur '.ji/'aut, dans l'éducation de la vue, la supériorité que lui assurent

. /'.'.ilotufihical Iraïuacliniii. etc., I8('J, I, p. hO-liO. . Ileane pkiloiophique, ianvier 1689.

L'ÉVOLUTION INTELLECTL'ELLE.

son âge plus avancé, son expérience taclîle, sa raison boule fori De ce que Ton conslale chez l'aveugle-né, on a donc le droil d'inH ce qui probablement se passe clie7 l'enFant, et conclure a fortiorH ce dernier doit éprouver des diflicuUés au moins égaies.

Reste à savoir comment s'opère cette construcLion mentale de' perception des dislances et delà profondeur des corps. L'enfant n( le révélera lui-même, si nous l'observons avec soin. Pourqotii voit-on sans cesse tourner et retourner dans ses doigts les objets^ saisit, une bofle, un lorgnon, un livre? Par un secret besoin d'W vite assurément, el pour le plaisir de remuer ses mains, Maisaui croyons-nous, par curiosité, afin de se rendre bien compte, grâce j indications du toucher, des contours des objets, de leur nature et' leur manière d'être, Et pendant que les perceptions du tact se pré Hent, la vue qui agit en même temps reçoit des impressions vi Des ima^jes diverses correspondent â des situations différentes^ corps maniés etpalpéa, non seulement à raison de leur forme parti liére, mais aussi à cause de leur position dans l'espace, l'enfant rapprochant ou les éloignant do ses yeux. Une correspondance,! asBodation s'établit lentcmcnl entre les données des deux S( de sorte que, après nombre d'expériences, l'enfant parvient à a prêter les apparences visuelles et à les prendre comme signes deou telle connaissance tactile.

Ce n'est pas du premier coup en effet que les perceptions du l cher rejoignent les perceptions de la vue (1), et s'ajustent avoci pour former dans l'esprit de l'enfant la notion de la dimensioa e la profondeur des objets. L'aveugle opérée par Wardrop, prfis vingt jours après l'opération, ne pouvait encore distinguer, ave<^ yeux seuls, un porte-mine en argent et une grosse clé, quoiqu'elll reconnût parfaitement au toucher. De même l'aveugle de Chese! avait besoin de considérer avec attention les choses qu'il avait I maniées, avant de pouvoir dire ce qu'elles étaient. Il était i obligé de reprendre dans ses mains, pour les palper de nouveau, objets familiers, avant d'élabiir nettement une association déflm entre l'image vlsuelleet!areprésentationtactile.« Après avoirsoiri oublié qui était le chien, qui était le chat, il eut honte de poser'l

la, la pctile fl

(l) Vers Iroia n &vec ses mains, ù uioiivtiir aux tachus colorùes di-a Ji forme ". [De l'Inlelligencr,

; observée par M. Tainr • a. conimencA i s pour atteindre les objets, partaatiu^' ini tactilea et musculairea de diatUH

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