‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 20 sur 76 · DÉVELOPPEMENT DE LA VISION · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE LA VISION

nniiiclln fois la question, et ayant pris le chat qu'il reconnaissait au ((jnclicr. il le regarda fixement et lonRtPmps; puis le posant â terre, iiilit: n Bien, Pussy, désormais je te reconnaîtrai!... » Les choses se passent h peu près de même pour la perception des dislances. Iciencoreilyaune association qui s'établit, entre les appaffices visuelles —dimensions plus ou moins considérables, contours |ilu9 ou moins précis, couleurs plus ou moins vives — et la réalité de ieioigneinenl. On a quelque raison de supposer que l'enfant n'aci|itiCTt véritablement la notion de la distance relative des corps que iirsqu'il sail marcher, et que pouvant mesurer, en le parcourant, I intervalle qui le sépare des choses qu'il voit, il cnnslate que l'arbre Liriindit quand il s'en rapproche, que la maison se i-apetisse quand il .- l'n éloigne. Mais bien avant qu'il puisse marcher, l'enfant a pu déjà appri'cier la variation des imapea sensibles dans son rapport avec le plus ou moins de proximité des objets. Il a remarqué que le livre lui est à sa portée lui apparaît dans d'autres conditions que le livre rin'il essaie vainement de saisir. Rien qu'en étendant les bras, l'enfant peut déjÎL mesurer de petites dislances, et commencer ie long travail qui lui permettra de se représenter le monde des choses malÉrielles, non comme une surface plane, mais comme une profontlftir oU les réalités s'espacent dans une succession de plans de plus i'n plus éloignés.

Le monde visible ne se présente d'abord h. l'enfant, nous ne eaurlDos trop le redire, que comme un tableau où un peintre maladroit, appliquant mal les lois de la perspective, n'aurait pas su produire l'ourles yeux l'illusion de l'éloignement. C'est peu à peu que les rlioses, pour ainsi dire, se reculent, s'étagentaux différents points de l*<i*piice. La distribution des lumières et des ombres, le relief accusé lifs objets plus rapprochés, les teintes grises qui estompent les objets jilus éloignés, en un mot les apparences visibles, deviennent, grûce à ''"vpérience et â l'habitude, les signes de représentations tactiles pos- 'itili's; et chose remarquable, sans que nous prétendions d'ailleurs l'upliquer, ces signes sont immédiatement interprétés, traduits, au ["itnl qu'ils disparaissent de la conscience et qu'il semble que la 'lu' saisisse d'elle-même, dans le texte original, en quelque sorte, ce ijii'Mle n'aperçoit pourtant qu'à travers une traduction, grice aux '-vpêriences du toucher ou h celles de la locomotion. Los perceplîoB-^ "atunilles de la vue se réduisent A la couleur et A Vf j,; s

fjce; tout le reste est acquis. Et si l'on veut accord iïj

ce fait, qui d'ailleurs ne paraît pas contestable, que les mouvem( des yeux contribuent pour une petite part à la perception de 1 pace; si Ton admet, avec M. Maillet (1), que le sentiment de Tef de convergence de nos yeux, convergence qui est d'autant plus gra que Tobjet à voir est plus rapproché de nous, nous donne jusc un certain point une notion vague de la distance : il en résulte bien que la vue commence par elle-même, sans Taide du toucl la construction de l'espace, nullement qu'elle puisse l'achever.

(1) M. Maillet, Éléments de psychologie de l'homme et de Venfant, p. 193.

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