‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 27 sur 76 · L-ÉVÛLLTIOS INTELLECTUELLE · texte numérisé non relu

L-ÉVÛLLTIOS INTELLECTUELLE

outrance des raisons pUysioIogictucs, et c'est l'étal du cerveaayil faut invoquer tout if abord. « CliM lus jounes enfants, dit M. I les cellules cérébrales sont flexibles el vierges. » En outre 'i la slance cérébrale est en perpétuel travail de développement org*" nique; des ëlémentsnonveaux s'ajoutent sans cesse aux aDciena(lW Plus turd, la substance cérébrale aura moins de flexibilité, de plislicite; une période de fatigue et de saturation viendra. Le ci sera définitivement arrêté dans sa structure; de nouvelles cases W s'y ouvriront plua. On voit donc quelles conditions favorables l'otganismu cérébral olTre dans renfancc au développement ii II mémoire. Ces! d'une part l'époque ofi, dans toute sa rraicheur, din toute sa vitalité, le cerveau ressemble le plus à une plaque phnla grapbique très sensible, recueillant les plus petites nuanceii i objets; c'est aussi le moment oti, pour Kinsî dire, la maison n'âtt pas encore achevée, des étages nouveaux se superposent aux élag«9j et où, par conséquent, il y a place sans cosse pour des acquisitiou nouvelles.

Mais les raisons psychologiques ne sont pas moins claires. Ce qi à un ige plus avancé, gène le travail d'emmagasiné ment dessouvî DÎrs, c'est d'abord que la réflexion personnelle, les préoccupalim intérieures, et aussi les passions, nous détournent de l'ubservalio des choses. Concentré en lui-même, trouvant dans sa propre pens des aliments suftisants à sa vie inlellGctuelle, l'homme fait, N lescent lui-même n'a pas, au même degré que l'enfant, les yeux ouvert sur le monde. D'un autre côté, déjà surchargée et encombrée i souvenirs, la mémoire adulte est moins souple, moins légère di ses mouvements. Les voies d'accession sont obstruées, La placeB prise pour ainsi dire, et pour qu'un souvenir nouveau se tixedi l'esprit il faut souvent qu'il en déplace un autre. S'il est vrai flu'if a une limite aux acquisitions possibles de la mémoire, il e qu'à l'âge où l'esprit est le plus loin de cette limite, les acquisiliOl soient plus faciles. Une acquisition nouvelle, chez l'homme 1 dérange souvent des préjugés, des croyances préconçues, Nousi prétons aux idées qui nous sont présentées pour la première fi qu'une attention distraite; et même une sorte de répugnance însl tive nous en écarte. Nous sommes loin de cet état de candeur u d'un esprit qui accepte tout, qui s'éprend de tout. Sans doute à (jm!"

(1) M. Loïs, op. ctl.

LA uâMomc.

Rn aura plus de force d'altontion qu'à dix ans, à dix ans pltfl

à quatre ou à cinq ; el sous ce rapport le progrès de l'âge amfl

re et fortilie uoe des coaditions de l'acquisition des souveairfl

Is il ne faut pas oublier que les défauts de l'atlention chez Teu

int compensés par des qualités précieusRs : son attention na

longtemps, il est vrai, mais elle est toujours prête, toujouiiH

luvement; chercheuse et fureteuse, elle est toujours à l'affûl

mpressions neuves. u

ItiDS ces conditions, il n'est pas surprenant que l'enfant qui voS

M, qui entend tout, dont la curiosité saisit tous les détails defl

BS| acquière vite un grand nombre de souvenirs. George, tlquatfid

Ktdemi, me raconte ce qu'il a vu plusieurs mois auparavant dain

s'image représentant des exercices de patinage; rien ne lui ■

bsppe, pas même un petit chien qui figure sur la glace; il saitM

lUbre des dames, des messieurs en traîneaux.... Delà, le babil pan

^iasupportable de l'enTant qui ne vous fait grAce d'aucune mintfl

Wtqui a^anl tout noté, raconte tout, ce qui est insigniliant dl

pilaire, comme ce qui est imporlant. Et s'il est vrai que l'oubly

mme le prétend M. Ribot, est une des conditions de la mémoipM

ml l'exercice deviendrait impossible, si, pour atteindre un souveufl

lotain, il lui fallait suivre la série entière des termes qui nous eà

sut, cette condition manque tout au moins à la mémoire fl

lot qui, ayant encore peu appris, ne sait rien oublier. I

k^nt n'oublie rien du moins de ce qu'il a l'écemment appnfl

rtnut de ce qui l'a vivement ému. La mémoire, comme l'atteM

eomme l'imagination et les différentes facultés ou formes tn

lligence, dépend en partie de la sensibilité. Et c'est ce qra

ite pourquoi les souvenirs de l'enfance, je parle de ceux qn

de la quatrième ou de la cinquième année, sont si pacliculièfw

lUnaces et nous accompagnent toute notre vie. Sans doute iM

tàmrd cet avantage sur les souvenirs ultérieurs d'être venus la

)rs. Du droit de premier occupant, un souvenir acquis dans 1«

très années a plus de chance qu'un autre de se fixer potin

ts dans l'esprit. Mais l'émotion particulière qui fait tressailln

it, alors que ses impressions sont toutes neuves, est aussi poinj

pup dans ladurée de ses premiers souvenirs. Et c'est ainsi qQfl

ique le charme qu'exerce sur nous — surtout dans l'âgG mura

l'une sorte de nuit, la nuit de la vieillesse qui approche, tomba

.tour de nous — la commémoration des événenients, des seiH

LtiuLlUtÙN INÏEUECTtJELLE.

salions de nos premières années : par exempte, up bout dechinMi que Tredonnait noire mère et dont le relViiiii est resté dsns D( oreilles, un coin do paysage du pays natal, illuminé par leclùc»loil qui éblouissait nos yeux d'enfant.

Rien ne déinonlrQ mieux la solidité, la vitalité persistante dcï souvenirs du jeune âge, que l'élude des maladies de l'Ame, di! amnésies morbides. On a établi par un grand nombre d'obsen'alrofi que, dans les états anormaux qui délermiuenlladeslrnctîoa progrès sivc de la mémoire, ce sont les souvenirs de l'enTance qui diapuait sent les derniers. Ils constituent une première couche, réastan» et tenace, que la maladie n'entame qu'en dernier lieu, n Dimn déchéance, dit M. Luys, la mémoire perd ses souvenirs prècisémcnl dans l'ordre chronologique où elle le? a accumulés. »

Mais dans la vie normale de l'homme sain de corps et d'esprl^ les souvenirs du jeune â.ge, s'ils ne sont pas seuls à subsister, $ cependant les plus prompts à se raviver. « A, mesure que je iéà\s vers la vieillesse, disait Rousseau, je sens que mes souvenirs d'enTîi renaissent, pendant que les autres m'échiippent. » U est vrai qi rimaginatioii jnuR un rrtle dans ce regard complaisant que le ii^ lard jette sur son passé, et, avec l'imagination, un certain égotsn aussi, une tendresse personnelle pour l'âge oCi nous étions joaitï et forts. Us'en faut que tous les souvenîrsrapportés sur leur antow par les écrivains célèbres soient exacts el fidèles. Ils cèdent, danse* récits, au désir de se faire valoir, de passer pour de petits proiîiB^ d'attribuer à leur enfance des idées et des sentiments de gfrui^ personne. Ils cèdent ainsi, très naïvement, à la tendance naturC' de l'imagination, qui embellit et transforme tout ce qui est loiDli " 11 n'est personne, a écrit Doudan, qui n'ait remarqué que lus s( venirs de l'enfance elde la jeunesse prennent pou à peu, en avança dans la carrière de la vie, le caractère de l'idéal... Nos impresâO d'alors étaient d'une extrême vivacité ; et leur objet, peu de cho souvent : mais, dans la perspective lointaine où la vie nous ainô' en nous retournant vers le temps qui s'enfuît, nous agrandissons tJ ces objets sur la mesure dos impressions dont nous avons s*'^' souvenir... Nous nous faisons des spectacles merveilleux de cesjf disparus, afin qu'ils correspondent iTintensilé des sentitnanlS nous agitaient autrefois. Alors, l'éclat du soleil el de la nature l blait d'une folle joie le printemps de notre vie, el en reveaanlft jours par la pensée, nous voyons aous un ciel plus pur unenal'

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