U MÉMOIRE
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fcpbservé chez des al)eilles : « Parmi les abeilles qui sorlalenl de la H|fce par la petite ouverture en poterne, les unetï apprenaient en ^Hijaea leçons à la retrouver; tes autres n'y parvenaient qu'avec ^be. Il y en eut même une que J'eus beau faire rentrer par la po- ^ne,ft plusieurs reprises, pendant les dix jours qu'elle vint au ntîel : ^Bais elle ne sut en retrouver l'ouverture, etc. (i). » De même, d'Un ^bnt k un autre, quelle diversité de dispositions naturelles, soit ^w la facilité à apprendre, soit dans la ténacité du souveniri Et ^■si, chez le même enfant, quelles inégalités dans les difTérentes ^■Des de la mémoire ! La mémoire en efTet n'est pas une faculté in- ^Ksible; elle comprend des pouvoirs distincts, qui correspondent, ^Blil chacun des cinq sens, soit aux diverses opérations de l'esprit. ^■f a même plus de mémoires qu'il n'y a de sens, car on peut se rap- ^Bir avec précision les formes et être peu sensible aux couleurs. ^■Iftis si la mémoire varie dans ses formes et dans les degrés de sa r^ssance, elle n'en est pas moins, dans des proportions dilTérentes, commune à toutes les intelligences. Elle est, à vrai dire, la condition première de tout travail de compréhension, de tout développemenlde l'esprit. Les perceptions successives n'acquièrent de valeurque si la mémoire les conserve, et si par suite elle rend possible la tomparaisoo entre elles et les perceptions nouvelles qui les suivent, C'est nue question de savoir si la perception, fait primaire, fondamental, consliLue déjà un acte intelliftent, dans le sens élevé du mot. Nous serions assez disposé à pencher pour la négative. Imposée en quel- 1 nue sorte par le milieu extérieur, la perception a beau être cons- I oeotfl ; elle ne témoigne pas de l'activité de l'esprit. 11 en est tout Ofllrement lorsque, grâce t la mémoire, une comparaison peut s'éta- ''l'r entre une perception passée et une perception présente. Alora *lo rapprochement de deux faits psychiques, dont chacun, s'il restait lolé, n'aurait aucune importance pour l'évolution de l'esprit, jaillit Siremier acte intellectuel, à proprement parler, le jugement par iDpftraison, le premier anneau de la chaîne dont les chaînons sans le accrus formeront l'esprit humain.
WGli pur lluMATtEs, l'InleUigencc de) «
L'fiVCiLlITlO.N ISTELLECTUELI.E.
cbîsme, le plus aouvenl il ne s'illusionne qu'il mollié. Coromu poëlc, il se complaît dans les chimères sans y croire. 1 TJl dans le monde de ses créations, ne croit certes pas d. la reaffl de ses ht-roB; mais il en parle comme s'ils étaient réels; il laain devant lui, en chnir et en os; il entend l'accent de leurs parolesa le timbre de leur voix. Et sans âlre poètes, nous éprouvons tous,H^ [lK-&tre. ur. commencement d'illusion analogue; nous ne somM pas tout à Tait dupes des événements qui s'accomplissent dansfl drame joué sous nos yeux, mais nous le sommes à, demi; accordons notre intérêt ans personnages de la pièce, comme si existaient, et nous savons pourtant qu'ils n'existent pas. L'entij dont on a dit qu'il naissait poète (I), se trouve souvent dans le m état d'esprit, il est lui-même l'ouvrier de ses illusions; il invd des mensonges qui le charment; il joue avec ses fictions, et il S semblant de se laisser duper par elles, trouvant à ce jeu un plîti inOni. " 11 sait qu'il rêve, assurément, dit M. 0. Droz, mais il épnii un bonheur véritable & se jouer à lui-même cette comédie. •
Sur ce point les observations abondent, Marcel, dès l'âge de dd ans, Tait faire «dodonà tous les objets qui lui tombent sous la miif un crayon, à une médaille. On lui demande l'heure ; il met laid sur son cœur et répond : « Deux heures ■> ; établissant, pour ri assimilation entre le tic tac de la montre et celui de son George, il quatre ans, fait jouer des personnages à trois boulcsfl plomb; l'une est la cuisinière, l'autre la bonne; la plus (-rossel la maîtresse de la maison ; et il imagine des dialogues entre ccS q personnes : ■■ Maintenant, dit la maîtresse, voulez-vous aller i cher de l'eau? " De même le fils de Tiedemann : « Le 39 o (il avait deux ans), il prit plusieurs tiges découpées de choo ^ et leur fit représenter diverses personnes qui se faisaient vi vantaient chacune ses mérites.»
H. Espinas a recueilli les observations suivantes : a Un ei quelques mois veut, quand on lui donne la bouillie, qu'on !>■ sente d'abord â un petit cheval de bois, grossièrement toilW couteau et qu'il affectionne. Il sait parfailement que le chert] mange pas, et c'est là précisément la cause du plaisir qu'il si
(1) * ObserïM l'enfant, dit M. G, Droi, et vou d'imagination qui tient du [ircdige et (iii'un ne 11 y a plus de {inâaie <ri'Uie dans lu cervetli: de i poèmes lîpiques? ■
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