La cons cumme
- Développe ment graduel 2e la conscienrc, coiumB iiitenHili' ri - Les états coasdents et lu conscience du moi. — Étola Is conaécutirs a un fait ineonseient, Il une perception consciente, i, un t ahsoliiiaent interne. — Que In consdeuce n'est pas coexlenaive i IWito In vie mentale. ■— II. L'attention, un degré plus intenee de la conscifnce. — L'attention che« l'enrant et chez l'adulte. — L'attention dite spon- Uiiêe. —L'attention volontaire ou active. — L'attention passive. — L'attention de l'enfant n'est en un sens qu'une perpétuelle distraction. — Causes de l'attention involontaire de l'enfant. ^ La nouveauté produit la surprise, l'étonneuibuI «t pnr conséquent l'attention. — L'attention invoiontatre a-t-elle toujours l">ur cause des états affectifs T — La curiosité, germe InteilectueL do l'attention. — Origines de l'attention volontaire. — Que l'attention volontaire suppose «Ile ausai des stimulanta, mais des stimulants internes. — L'exercice de !'utleutiaTi enfantine dans les jeux. — Effets de l'attention. — Le défaut d'attention che: les idiots. — III. L'attention isole et sépare les éléments intellectuels ; l'ssMcialîon des idiies les rejoint. — Caractères m'icaniques de l'association il^> idées. — Les états de conscience successifs tendent à reparaître dans Je nfane ordre. — Association d'impressions distinctes, non conligufis dans le Ismiis. — Associations par ressemlilance. — Associations purement verbales, par conaonnanee des mots.
Plos d'une fois tlÉjà, dans le courant des chapitres qui précÈdenl, nous avons eu occasion de parler de la conscience chei l'enfanl, et de pionlrerque le fait essentiel de la vie de l'esprit, le caractère inexplihtite et in définissable qui est commun à tous les phénomènes cons- RDts,ne se développe que par degrés. La lumière de la conscience, r succéder &. l'obscurité presque complète des premiers jours, e par tous tes degrés du clair-obscur, puis d'une clarté de plus ve. D'autre part le champ qu'elle éclaire s'agrandit de plus Bplus; d'abord réduite aux seules sensations et aux premières im-
■ iSe L'ËVOLOTtON INTELLECTIIELLI!. ^^H
Bpressions de plaisir et de pfiine, elle s'élend ensuite aux perception^ Vaux souvenirs, aux émulions, aux phi^nom^DCS do rima);ina,tton; e1 Knous allons liivoii'mainlenanlse manifester dans les actes d'altention, Bde jugement et de raisonnement ; annexant chaque jour 4 son domaine KiQ nombre plus t'Oiisidérable do l'aîLs, d'ëlals distincts, jusqu'au jour Hnù, se repliant sur elle-môme, elle donnera naissance à l'idée du i ■et, constituera véritablement la personnalité. Il ne faut pas croire ea ■«iïet que les étals conscients, de bonne heure constatés chez l'enfant,' ■puissent, tout de suite et d'emblée, servir de principes à l'idée àii Kmot, & la distinction du sujet et de l'objet. L'enfant est conscient Bd'une multitude d'actes successifs, qui n'existent qu'au moment oCt ■ils se produisent, longtemps avant qu'il ait conscience de son exis- Ktence personnelle, d'un moi qui dure cl survit à. la disparition de teï B'fit tel état conscient. 11 peut juger, raisonner même, avant de se coH'i
■ naître lui-même. " Il y a une période dans la vie de l'onfant, dit très fc'bxacteDiont M. Romanes, pendant laquelle le jugement s'est élevé
■ jusqu'au niveau oii l'esprit énonce une vérité, sans qu'il soit eni ■assez développé pour être conscient de lui-même, en tant qu'objet d# ffpBnsée, et oti par conséquent il ne peut encore s'affirmer une vérité m& lui-môme en tant que vraie (1). »
V Dans les deux premières années de la vie, la conscience n'est donc Bqu'une succession d'états conscients, et il n'y a encore à considérer; ■ique son double progrès, soit enintensîté, soit en extension ; en altenf dant que du groupement de ces phénomènes, de plus en plus ciaire- Iment connus et de plus en plus nombreux, jaillisse enfln l'idée dn, Kjnoi, la vraie conscience.
M Dans son développement en intensité, la conscience nous paraît ■obéir à une loi d'évolution très régulière. Elle est A son plus bas degré, Horsqu'elle se manifeste en éclairant pour la première fois une activî BusquC'là inconsciente; lorsque, par exemple, l'intelligence se mêle U des mouvements, comme il y en tant thez l'enfant, qui n'ont été b'abord que des impulsions automatiques, des réflexes, ou bien lors- ■iju'une impulsion de plaisir ou de peine accompagne un phéoomône fcurement physique. Elle atteint déjà un degré plus élevé de clarté, Bprsqu'elle est consécutive, non à un fait inconscient, mais à un étal Honscient antérieur; par exemple, quand par la répétition d'une per- Keption déjà acquise le souvenir ou l'image vient à se produire. Enllu
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l'IIti s'élève plus haut t;ni;nre, ou pour mieux dire elle est plusprofcjode, l'irsqu'elle succède, non à une perceptiou, c'esl-à-dire à un fait provoqué parune impression extérieure, mais à un état conscient absolu- Miuut interne; par exemple, quand un souvenir évoque un autre sou- M'oir, quand une iniii(,'e engendre une autre image. Alors l'activité intérieure a \éritablement commencé. Un travail d'idéation a lieu, iiui, précist'ment parce qu'il est tout interne, est accompagné d'une conscience plus vive. Et nous ne sommes plus bien éloignés du moment où, à la suite d'une idée ou bien d'un désir conscient, la tolonlé, déterminant un acte intentionnel, provoquera une conscience plus intense encore, une conscienee toute différente dans son caracliire cl dans ses effets, puisqu'elle ne sera plus seulement la connaissance d'un phénomène. puisqu'elle deviendra le sentiment d'une force agissante, du moi et de la personnalité.
Dans son développement en extension, la conscience embrasse assez vite la plupart des actes qu'accomplît l'enfant ou des phénomènes qui se produisent en lui. La vie inuonscienle de l'état de sommeil cède peu â peu la place à ta vie éveillée, et pendant la veille • enfant est presque constamment en état de conscience. Des sensations, des perceptions, des souvenirs, des imaginations, c'est tout "Q dêBlé de faits conscients qui se déroulent dans une sorte de mar- <-'l>e Continue. Mais la liste des états de conscience a beau s'allonger lotis les jours : il n'en reste pas moins vrai que la conscience na coïncide pas avec tous les actes de la vie enfantine. L'inconscient recule sans doute; mais il maintient ses droits et il ne les perdra jamais complètement. La vie consciente est toujours encadrée P*r ua grand nombre de mouvements automatiques et inaperçus, d impressions obscures, où aucune sensibilité ne répand sa clarté. S il est vrai de l'adulte, comme le dit M. Ribot, que o chez un homme l^elconque la somme des étals de conscience est très inférieure à la Bomme dgg actions nerveuses {réflexes de tout ordre, du plus simple ^" plus composé); que la personnalité consciente ne peut pas être une r(.>présen talion de tout ce qui se passe dans les centres nerveux; *]" «lie n'en est qu'un extrait, qu'une réduction (1) » ; cela est encore plus \fg i dg l'enfant, chez lequel il reste encore pour ainsi dire beau- ■^•^Hp d'inconscients provisoires, le cercle des faits conscients étant ''"^Ofe très limilé, et la conscience enfin n'ayant pas conquis tout le '^"'^■'TiiD qu'elle est appelée à gagner par la suite. ^*J lu, RiBOC, les .Valadîet de la /jersonnaiilé, p. 161.