‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 40 sur 76 · LIMITATION · texte numérisé non relu

LIMITATION

ipeLil enfant, voyant une personne avancer les lèvres et l'aire la s'applique à initier ce raouvemenl, on constatera qu'il le fait dresse, sans y réussir couiplèlcment. A.u contraire, la prodes lèvres sera exécutée avec une perfection remaniuable, elle se produira sponlanémenl chez le même enfant, sous e d'un petit effort d'uttention ou dune impression intérieure jonlentement. On aura résolu cette petite difficulté, si l'on BO considérer qu'ici ce n'est pas le mouvement lui-même qui linctif, c'est sa cause. L'instinct a reculé, pour ainsi dire : il L8 lié aux orfçanes mêmes, aux muscles qui déterminent les onenls de la langue et des lèvres chez l'enfant qui tète. Il ,s circonscrit dans tel ou tel mouvement spécial. Il est une «générale et profonde de la nature, une » pente à imiter u, un it aveugle à. se plier à ce qu'on lui montre, à reproduire des ments quelconques; non un instinct organique spécial, qui nec précision tous les détails de l'exécution, et oti l'hërédit^ lu maîtresse absolue, parce que les mouvements qui en dépaâS It été des milliers de fois exécutés par nos ancêtres. ■

I degré plus élevé, l'imitation devient consciente et intelIiS [Sans ôtre encore volontaire. « C'est un fait, dit M. Marion, qtifl 'an acte est commencé d'une manière automatique et, commJ ) machinalement, la volonté tend à se mettre de la partie oS iever. On se jette en déroute avec les lâches ou hien l'on sa ^ avant h. la suite des braves, d'abord par entraînement puifl 3onté. Mais nécessairement on se voit agir, et prenant coimm de ce qu'on est en train de faire, il faut bien ou y consentM tdément s'y reruser(i]. » M. Marinn ne parle que dupassagfl iTolonlaire au volontaire: mais l'évolution de l'inconscient SJH ïal s'accomplit d'une manière analogue. C'est parce qu'ilM plusieurs fois un mouvement îmitalif, par exemple, celui (tfl r sur une bougie, que l'enfant en vient peu à peu à se rendin t de son action, à comparer ce qu'il essaie de faire, parfojj lUcès, avec ce qu'il a vu faire à ses parents. On le verra alo^| Mre fier et se réjouir de son œuvre, lanbM en être toi^fl tx: preuve évidente que sa conscience est déjà engagée dan3 que son intelligence participe à l'action accomplie. H

iiiia souvent, c'est le plaisir que l'enfant manifestera dans s^B

iiON, rie lu So/idarilê morale, p. ia[. ^Ê

i;i>ViH.liTION INTBLLECTI!ELLE.

Gssaîti d'imitaliiin. Sans doute le plaisir re3s<>nti en pareil as pvvienl en partie du conlenlemeiil que l'enfaiil liouvp toujours A ei ce r son activité, à mouvoir ses muscles et ses membres. Musilï's joint pourtant quelque chose de particulier, qui prouve que reotuA a coDsci«nce qu'il fait, dod un mouvetnent quelconque, m: vemenl iuiitalif. Cela se marquera surtout dans les mouTediËuU volontairL'S quo l'enTant un peu plus avancé en flge s'ingénie àiccasi plir : par nxemple, quuod il prend un crayon h la bouche et U semblant de fumer, quand il singe les attitudes d'une perioaâ ridicule, quand il met sur su petite télé le grand chapeau à li bords de son père. Dans ce cas, l'enfant laisse voir une satisructio caractéristique, où l'on serait tenté de saluer comme lapreiaiM manifestation du sens du comique. Il saisit, semblu-t-il, la dispn porlion qui existe entre son caractère d'enfant et les actions i grande personne qu'il contrefait. En tout cas, il m divertit; s'amuse de la sinf^ularîtê de ses gestes et de ae% poses; il se dt la comédie à lui-m^me, en mfime temps qu'il la donne aux autres [J

Une fois devenus conscients, les mouvements imitatifs ne (ardt pas à passer entre les mains de la volonté. Alors l'instincl dispanS l'individualité commence. L'enfant imite, par une initiative qui II appartient, certaines actions qu'il a parLîculièrement obsefvéearl ces mouvements. Jusqu'à un certain point libres, supposent àoxMH ment la volonté : ils la supposent d'abord dans l'aLtenlion quel'rt fant accorde & un acte, de préférence à tout autre ; ils la suppOSH encore dans le petit effort qu'il fait pour reproduire cet acte, i l'intention plus ou moins délibérée qui dirige ses mouvements, 44 sormais accomplis en connaissance de cause et en prévision di à atteindre.

Chez l'enfant, d'ailleurs, encore pins que chez l'homme, la vo ne s'exerce pas toute seule. La volonté, pouvoir absolu de se délm miner par soi-même, abstraction faite de tout désir, de toutsj ment, n'est qu'une entité métaphysique. L'enfant, quand il «

(I) Conterez Mme Neckpr de S*u9Bi:bk {op. cil. U, cb.iv) :» DelasyuipslIiiiW pente à l'imitation. Après avoir aenti comme nous, l'enrant veut imir WW nous... 11 croit pouvoir exécuter ce qu'il noui voit faire; et ses tentitiT»^* fois grncieuses et aialaiiroites, sont pour nous la source d'un grand sa nous en faisons un objet de plaisanterie, (iinitis que de pareilles c étaient ch« lui l'efTet d'un désir sérieux que nous parvenoas bientôt i tHattlHI Des essais d'imitation naturels deviennent prtHuûdilés, affectés presquei tWBp 1<B continue pour nous divertir. >

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