‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 45 sur 76 · CHAPITRE XI COMMEWT L'EKFAKT APPREND A PARLER · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI COMMEWT L'EKFAKT APPREND A PARLER

L I. Difflcuttés (le racquisilion du langage. — Tiiules les Tacultés physiques et edo les y concourent. — L'émission des Bon». — L'nudîlion des sous. — Mt'-eanis vocal et acoustique, — Action dea facuMs intellectueltes. — ParalK'le troubles do la paj'ole chex l'adulte avec les imperfections du langage ehet V fant. — II. A quel âge l'enfuiil commence- l-il à parler? — Diverses étape* distinguer dans l'évolution du langage. — Premières manifestations vocales l'enfant. — Leurs caractères : elles sont spontanées et dépourvues de signifie tion. — Elles n'ont de sens que pour eeu\ qui les écoutent. — D'ahord in tinctives, les émissions de voix deviennent des actions réflexes, provoqut^es p les impressions acoustiques. ^ L'enrant parvient à comprendre le sens de qu'on lui dit. — L'intelligence des signes prficèdo l'emploi des signes. — Intf prétation des gestes. — Les gestes et l'iatonation. — Le geste accompagne aide les premiers signes vocaux. — L'entant parle, du jour où il donne un s^

à une artioutation quelconque. ilL La spontanéité de l'enfant dans Tacqu

sition du langage. - Opinions de Rousseau, de Maine de Birnn, d'Albe Lemoine. — Observations de ,M. Taine et d'Ë. Egger. — Trois cas a distinguer a. L'enfant fournit le son et les parents lui donnent un sens : b. L'enfant i vente à la fois le son et le sens : c. Les parents fournissent le son et l'enfa donne à ce son des suas variés. — L'enfant généralise la signification des nol — Preuves diverses de la force inventive de l'enfant, en matière de langage. Le cas de La.ura Bridginan. — Cette force inventive s'nccroit quand les cl constances la secondent. — L'imitation est tout de même la condition esse liella de la fonuation du langue. — L'onomatopi!e est une imitation. — h'é fanl veut imiter avant de pouvoir imiter. — IV. La. logique inslioetive . l'enfant dans la formation des mots et la construction des phrases. — Bvt rismes et soiécismes de l'enfant. — Constructions en apparence irrëgulières. L'emploi de Is. négation. — Comparaison avec le langage des sourds-muets. Les progrÉs successifs de la phraséologie de l'eurant.

L'iiducation de la parole, qui esl lo fait capital de l'évolution hï I maine, parait lente parl'ois à des parents impatients qui seplaigncr k que leur enfant ne parle pas assez vile, sauf à regrettei- ensui'

^M COMMENT L-ENFANT APPREND A PAIll.Ell. 219

^^pl parle (l'op. quand il les l'atigue de son bavardage. La vérité est ^HiMyalieii d'admirer au conlraire avec quelle merveillGuse facilité ^^Botant pout, en (|uelqu<!S mois, apprendra k parler. Considérons en ^H(«t que de diriicullés nous avons <l vaincre nous-mêmes, alors que ^Bius sommes en possession de taule la force de nos organes et de ^Bosfacullés, pour ajouter la connaissance d'une langue étrangâre & ^Hllesi^e nous parlons déjà. Et pourlant qu'est-ce que cela, auprès ^BeseiFoits nécessaires à l'enfant pour passer de 1' « aphasie h natu- ^Hlle, de r (' aialie » normale des premiers jours, h. la possession ^BséP, etdeplusen plus complète, de la langue maternelle? Combien ^Kéléments divers et de degrés successifs l'élaboraLion de la parole ^^k ramprend-elle pas? Organes physiques etfacultés intellectuelles ^BncoDrenl également il l'opération. II faut, d'une part, que te mé- ^^nisaie physiologique s'organise et se règle, pour assurer soitl'é- ^HJBaion.soill'auditiondes sons; il faut, d'auLrc part, querialelligence ^^Bl&Tolonlé s'emparent des organes, les maîtrisent pour les adapter ^Hl6s ajuster à leurs fins, que la perception dislingue les sons en- ^^ndus, que la mémoire les retienne, qu'une ullention persévérante ^^Bilxe dans le souvenir, que la pensée enlïn introduise un sens^ ^Be signîtication dans chaque articulation, émise sponlauément ou ^Btueiltie sur les lèvres des autres, qu'elle donne une &me, pour ainsi ^^pe, à ce qui n'est d'abord qu'une enveloppe matérielle, vide de tout ^fnteou. La prise de possession du langage résume tous les progrès ^Hp l'enfant, parce que toutes les facultés de l'enfant y collaborent. ^KEnlrons tout de suite dans le détail. Le mécanisme du langage ^B|p[iose d'abord des organes d'émission, de production du son, — tout ^Hqni rend possible les premiers sons inarticulés, les cris, les gémis- ^^nents du premier &ge ; puis des sons de plus en plus arliculés, les ^Hdulalions de la voix, — les mouvements du larynx, de la langue et ^B lèvres. Et cette faculté d'arliculation ne progresse que lentement, ^^forèsla loi du moindre olTort. Jusqu'à deux ans, l'enfant n'articule que très incorrectement, et il reste impuissant à produire plusieurs sons pour lesquels il semble avoir une répugnance invincible. Il faut que la structure des nerfs vocaux s'achève, que les cordes vocales

i> tendent, que les muscles, essentiel lement

d'.' la parole se fortifient et s'assoupli

^volonté de les diriger. 11 f^nUifue I

fc instinctifs (t). H ' ' .^i^unii*

rD'apréa M. Egger. I ■ . lu vd

^ires, des organes

irmellre j1 la

Lcçôde aux

220 IRVOLITIOS mTELLECTl'RUE.

et que lua sons imltstiiii'ts des premièrns eemaine? e\ d<?s prcmm

mois prennent forme et consistance (1),

Mais, pour iMre capable du parler, il Taul aussi ^tre capable à' lODdrQ, Les sourds- muets, ù vrai dire, ne sont que sourds ; peuvent eux aussi, cominL* le prouvent les résultats des méthodi artllIcielleA qu'on applique maintenant à leur (éducation, parteoir étnt^ttredes sons, à articuler des mots [i). S'ils ne parlent passai) rellement, comme les enti'ndanls-parlants, c'est que précisémenl il n entendent pas ; c'est que la parole humaine et les bruits de lu m ture, ne pniduisant aucune impression sur leur sens aboli, m eue pas venus leur {«ugtfi^rer l'imitation. Il y adoncàlcnirciimpto.coniiD d'une partie essentielle de la faculté de parler, des organeselè fonctioRS de l'appareil auditif. Or en naissant l'enfant est sourd: ne. s'entend pas lui-même ; il n'entend pas les premiers cris ({ui li échappent & son entrée dans le monde. Cette surdité totale ne di rera, il est vrai, que quelques heures. Mais jl faudra plus de temps plusieurs semaines certainement, pour que l'enTunt arrive à sïisii distinctemeuL et délicatement \e,s sons et leurs nuances. Ladufll ou le manque de linesiie de l'ouYe explique souvent la lenteur dt progrès de la parole. La faiblesse des inslrumenls de l'arUEulalii) D'en est pas la seule cause, et il est incontestable que, Icnteoun pide, l'adaptation des organes acoustiques est une des premiiH conditions de l'acquisition du langage. C'est à dix-huit mois seul( ment quel'enfant observé parM. Preyer reconnaissait les différenci ttcoustiques des consonnes prononcées devant lui (3),

Nous verrons plus loin que l'enfant a sa part réelle de iiponlaa^l et d'invention dans la création du langage. 11 n'en est pas moins

du deontme moia. D'aprùs M. Preyer, c'est au neuvième mois 3ealeRienti]ii( TOïx de l'enfiuit, souvent ti'^s forte, mais inartlcuk'e, ^e modulerait enUn.

(I] Voici quel aerikit, d'après M. Ro]It^ïs, l'ordre d'évolution probalile âesulit latiODs ; X Les cria naturels étant surtout fournis par lu gorge et le laryax, U grande participalion de la langue et des lËvren. les premiers effort» d'artimillUi ont dA faire entendre surtout des voyelles, auxquelles ae joignaient par idt Ttilles des consonnes gutturale» et labiales. Puis les consonnes liquides, et <K les linguales, ont dû commencer à entrer en usage, a {Évolution mintalt thomme, p. DGO.]

(î) Voyea par exemple l'ouvrage de M. GooniLLot, Comment on (ait pai'ltr I Kurds-mwls, Paris, Masson, ISDO.

(3) M Pkeïeh, op. cil,, p. 301. M.Prtyer a observa quolldiennementun e; pendant les trois preiiii'^rea annÉea, pour ae rendre compte des début* dl gage. On lira avec intértH la compte rendu de ces longues el minutieuses el» votions [op. cit., p. 370-438).

COMMENT L'ENFANT Al'PRENl) A PARLER. 221

I est guidé surtout par ses impressions auditives et par l'imita- I. Ce que son oreille aura entendu, sa bouche finira par le répéter, ï une condition, c'est que, grâce aux opérations qui s'accom- [sent dans le cerveau, ce qui était tout à l'heure excitation des nerfs listiques devienne impulsion motrice des nerfs et des muscles nx. L'action des organes cérébraux est donc nécessaire pour ren- Bpossible la communication, pour que les impressions extérieures ^'oQïe puissent être transformées en images mentales, qui à leur r donneront lieu ft des mouvements approprias dans les organes de la parole {1}. Et ce n'est pas tout de suite que le cerveau de l'enfant acquiert le développement nécessaire pour exercer celle action. Mais quand les ressorts matériels du mécanisme vocal sont enfio suflisainmentdéveioppêspourôlreaplesà fonctionner, il reste encore loul à faire, La vie de la parole n'a point commencé. Les sons émis par l'enfant n'ont encore rien d'expressif. Il les produit, mécaniquement, inconsciemment, sans y attacher de sens, tout au plus en manière de jeu, pour le plaisir que lui procurent les mouvements de la liingue, des lèvres et des autres organes de la voix. Il n'y attache :irji:unsens. D'autre part, les sons qu'il entend, il ne les comprend pas. Kt même il a beaucoup de peine k les distinguer, à se reconnaitre 'ians ses impressions auditives. Le fils de M. Preyer avait seize mois, quand son père, lui montrantune oreille et lui disant ensuite : Où est i'iiutre oreille? le dressa, par des répétitions fréquentes, à indiquer correclemont les deux oreilles l'une après l'autre. « Je voulus voir, ajoute H. Preyer, s'il saurait répondre correctement pour l'œil, lexpérience étant identique, mulalis mulandis. Je montrai un ceil et je demandai où était l'autre: l'eaFant prit son oreille; l'association '.'lait Faite entre nreille et autre (2). n Combien de méprises analogues ralentissent les progris du langago !...

De toules les difficultés pourtant la plus grande, celle qui consliluo pour ainsi dire le nœud de l'acquisition du langage, c'est que r'enfant, faisant usage de son intelligence, saisissant enfin le rap- [l'irl qui existe entre un son et un objet ou l'idée de cet objet, entre

I) M. Preyer fuit remaïquer que " les processus purement périphCTiques de . rliculation sont depuis longtemps en exercice, à l'époque où il est impossible < ivafaiit de rf'pËler un simple a ou jia; car l'enfant prononce de lui-m^me ces -oiis et d'autres eiirore; iiiiiis il ne dispose pHs encore d'orgunes cenlcaux asseï l'.irts pour que lajoaclion se fik^se, et pourqiie les ioiprossiûns audîtiresogissent sur les organes moteurs du langnge -.

(S) M. Phivïb, op. cit., p, 3B2.

L'ÉVOLL'TION INTELLECTUELLE.

une émission de voix quelconque et un besoin qu'il éprouve, Tac servir à l'expression de ses désirs, de ses idées, la voix dont ïl i longtemps fait emploi que comme l'oiseau qui gazouille, sans intc! lion et sans but. Sans doute ce moment, qui est capital dans la v de IVnrant, a été préparé, devance par un autre moment : celui o avant de penser sa propre parole, il a compris la parole des autre Mais le problème n'est véritablement résolu que le jour où il pei enlln à ses propres émissions de voix donner intentionnellement un signilication nette et déterminée. Maine de Biran faisait dater de « jour, non sans quelque vérilé, la consliluliondu moi, do lapersonii humaine : <• Il arrive, disait-il, un moment o(i, l'existence de Tenfai cessant d'É Ire purement sensilive, celle de la personne humaine \ commencer; et ce moment coïncide avec celui oii l'enfant, qui a cri( comme il a exécuté tous les autres mouvements, sans intention, : I perçoit de ces cri^, de ces njouvcmeals. opérés en lui sans lui pt h une force, soit naturelle ou vitale, soit surnaturelle ou divine, L répète volontairement par sa force propre, en y attachant pour 11 première fois une intention et un sens (1). »

Lorsque, dans son évolution normale, l'enfant est parvenu, plu

ou moins vite, à parler convenablement, cet état fïnal est donc l

résultat d'un ensemble d'opérations, dont le fimctionnement ré]

et facile nous dissimule la complexité des éléments qui concoureU

à le rendre possible. Une observation attentive de l'enfant et de

débuts du langage permet de découvrir, à mesure qu'elles entrei

successivement en jeu, les pièces diverses du mécanisme, les opéri

tions multiples de la faculté de la parole. Mais, ce qui est une contr

épreuve intéressante, l'examen des infirmités et des maladies d

I langage chez l'adulte nous montre, sous des formes très nettes t

j durables, l'équivalent, l'analogue pathologique de ces états succe

< sifs qui ne sont chez Ig nouveau-né que les périodes passagères, Il

phases naturelles de l'évolution physiologique et psychologiqu»

En d'autres termes, il y a un parallélisme frappant entre les divers

L situations normales que traverse l'enfant, en train d'acquérir pn

I gressivement le langage, et les étals anormaux où des défai

I lances, soit physiques, soit morales, jollent l'adulte en train de

I perdre.

s BtHAN, ETameii ât médilea, p. 27t.

I du M. rfi! tSonulil, tLins le

COMMENT L'ENFANT APPREND A PABl.EH.

âîS

s en citerons seulemenl quelques exemples (1), C'est ainsi qu'il

ponstaté que les aphasiques peuvent parfois entendre, compren-

,t ce qui se dit autour d'eux, lire couramment un livre, mjùs

je en même temps incapables do prononcer un mol ou d'écrire

((ligne. C'est l'équivalent de ce qui se passe dans la première pé-

Me de la vie enfantine, lorsque, déjk asse?; intelligent pour saisir

Te sons des paroles qu'on lui adresse, l'enfant n'a point encore la

Force de les répéter, soit que la structure des nerfs vocaux reste en-

l'trc imparfaite, soit qu'il n'ait pas assez de volonté pour les diri-

Dans d'autres cas, au contraire, chez certains aliénés, les organes lie l'expression extérieure ne sont pas atteints, mais c'est l'intelli- L-pnce, la compréhension qui l'ail défaut. Il y a des formes de démence m le malade se complaît dans un flux de paroles, dépourvues de lout sens. De même on peut constater chez l'enfant une phase pendant laquelle il bavarde. Jacasse comme un perroquet, sans que tous

'S discours aient la moindre signification. , ■ Il y a des mélancoliques qui ne se décident qu'avec peine à pro- Incer un mot ou deux, et qui se replongent eusuitc dans un profond Knce. De même, l'enfant commeniie parfois à. parler, puis s'arrête, |ae lait pendant des semaines et pendant des mois (a),

Q on rencontre des aliénés chez lesquels ne subsistent plus que b débris informes du langage, quelques syllabes incohérentes el êousDes. N'est-ce pas jusqu'à un certain point l'image de cet état HoQentaire où se trouve l'enfant, quand il ne peut que balbutier PSmots isolés, sans coordination, sans suite?.. Combien d'autres analogies ne pourrait-on pas noter encore! Les malades qui bredouillent, parce que leur langue se paralyse ; ceux qui ont perdu la faculté de comprendre les signes, de quelque espèce qu'ils soient; ceux qui répètent incessamment le môme mot, la même phrase; ceux qui, dominés par la sensibilité seule, éclatent en discours rapides, d'une Pïlréme volubilité : dans toutes les formes de l'aphasie, en un mot, soit par suite de la lésion des organes, soit par affaiblissement do

chapitre xvir, p. 310-8^1) le pitrallt^le dfts trouï les iuiperrcclion» du limgagf chez l'enrant. , avant de compreiidri! les mots; de munie il y

gestes et y obéissent, alors qu'ils ont perdu.

|l) VtiyeïcheïM. PnEVEs {op.cit iili'^de la parole chez l'adulte av ;■;) L'enfnnt roni prend les gesti I •\i:3 aliénas <|ui comprennent U l^ule connaissance des mois.

^H|KDei sons, très nettement enonci's pendant quelque teaips, diepar ^^^p. B. Preyer a noté (p, 813) des dispuriliuiis de ce genre.

sent ei

SH L'ÉVOLUTION INIKLI-KcniELLE.

l'intelligence ou ddTant de contrôle de la volonté , l'adulte pe retomber dans les inllrmités qui caractérisent chez, l'enfant les pr tniers lAtnnnementH du lao^^ce, et en reproduire en tjuelqm la caricature. Mais ce qui osl maladie chei l'un n'est que faibles; chez Taufre, et autant est dmiloureux ie spectacle de l'homm qu'une fatalité morbide df-pouillc peu 4 peu, lambeau par lambeau du noble attribut de la parole, autant est charmant au contraÎM ii tableau que nous offre l'enfaDl, dans la montée régulière Ue sei inUjlligiJucc. nrra is7.jut l'un apr''s l'iiulreles dîversdugrésde laparola alors que u l'intelligence sort peu A peu du nuage qui leoTeloppail «, comme disait Mmo NeeWcr de Saussure, ou que, suivant l'expression de Victor Hugo, ■■ le jour se fait dans son cerveau ».

raul avait chniiue inoï* un bi'gaiciiienl ntiuveau, Kttiirl de In pen»i^(v k trovirr* lu pnrule, !^ort6 d'ascension leitte ilii uint qui vole, Puis tombe et se reli-ve uvec un gai rrisaoti, F.t ne |j«ul ftre idte et l'achi-ïe en chsiwou. Paul BssetnblBÎt des sons, leur donnuit lu volée, ijçaiidnlt ou ne siùt quelle «ibscure slrûphe ailéf Jnsiiit, L-aiiEoit, glosait, suus se tùre un instant

Nous n'insisterons pas sur la question de savoir à quel âge Ymîm commence réellement & parler. Bien que, dans leur facilité à. s'ei primer, dans la précocité ou la tardîveté de leur langage, les entant présentent de très grandes différences, il est permis de dire quegf néralemenlils bégaient leurs premiers mots intelligents vers le milia de la deuxième année, et que datis le courant de la troisième anni ils acquièrent tout l'essentiel de la faculté de la parole. Mme Ffecki affirme qu'un enfant bien doué parle assez bien à deux ans. Les fl fanls que nous avons observés uous-méme, sans être moins inteit gcnts que d'autres, ont été plus en retard. Le fils de Tiedemann aw vingt tro quand ilprononça ses premières pbrascs compl6U

bien que t è t ncore : « li est là... Il est couché ! » Le fili i

M. Prej au n(,t t oisiÊme mois aussi, énonçait son pre^ jugement n la ^ u elle, d'un seul mot d'ailleurs, en disant STf intention ka d pour refuser une tasse de lait bouillant qu'onl olTraiL; mas fut ulemenl vers deux ans et demi qu'il i plusîeur m t p n l'aire des pbrases. U semble établi qui; 1(

COMMENT L'ENFANT APPREND A l'AHLER. 223

i sont ordiDairemsnt en avance sur les garçons : ce qui n'est

Il cas particulier de la loi générale qui a départi à l'in-

^encp des femmes une évolution plus rapide qu'à rintelligence

Afi^i hommes {Ij.

Mais ce qui importe beaucoup plus que la question de date, tou-

tn incertaine et variable, à raison des différences d'aptitude phy-

]ue ou morale, A raison aussi de l'influeDce qu'exercent, dans des

lieux dners, l'entourage de l'enfant et un dressage plus ou moins

ilule, pluQ ou moins intense; c'est la détermination précise des

\trses étapes que, plus ou moins vite, l'enfant parcourt et traverse,

int de savoir parler. C'est dès la première heure de la vie, ne

1 iibhons pas, que commence ce travail de préparation. Dès qu'il

-l né, I enfant apprend à parler, et pendant deux ou trois ans on

I ut dire qu aucun jour, aucun moment n'est perdu pour le laborieux

I prenti&sage de laparole. Essayons donc, dans un sujet qui compor-

lail de beaucoup plus amples développements (2), et où Tobserva-

II est plus faciln que dans aucune autre partie de la psychologie

t enfant, puisqu'ici les faits sont immédiatement saisissables,

>ayons de marquer en quelques traits les périodes principales et

Page 1