L'ACTIVITÉ VOLONTAIRE. 2ST
très réfléchis, du moins entre deux impulsions, entre deux désirs;
il se proaonce enfin ; il obéi t, il vt;ut obéir.
La -ïolonLé ne consiste pas seulement h. accomplir un acte; elle se manifeste aussi dans le refus de l'accomplip. Elle a, pour ainsi dire, sa forme négative, comme sa forme positive. Ne pas vouloir, c'est encore vouloir, ou pour parler plus exactement, l'acle de ne pas Touloir est encore un acte volontaire. Les désobéissances de l'enfanl, si fréquentes dans le premier ftge, sont elles aussi des actes volontaires, des inhibitions voulues. Il y a sans doute des inhibitions involontaires (1). Un enfant qui crie s'apaise tout à coup, parce qu'il aura entendu un bruit violent, ou bien parce qu'un geste de colère de sa mère lui aura fait peur. Ici la suspension de l'acte ne dépend aucunement de la volonté ; elle est comme forcée et contrainte. Mais dans d'autres cas, lorsque l'enfant sollicité, exhorté, se refuse malgré vos instances à vous tendre la main, à vous donner un baiser, en un mot à répéter un mouvement qu'il a déjà volontairement exécuté plusieurs fois, il y a bien iluns sa résistance l'effet d'une volonté, l'inhibition voulue d'un .iie qu'il ae représente, mais que, par caprice, il ne consent pas à ac- ■ ■mplir en ce moment,
La volonté est donc, même dans l'enfance, indépendante en un ^.■05 des mouvements, puisqu'elle peut se manifester par l'immobilité, par le silence, par la suspension d'un mouvement commencé. 11 ne faut pas sans doute espérer qu'un enfant de deux ou trois ans l>Liisso beaucoup se dominer lui-même, et résister aux impulsions, ■4-néralement irrésistibles, de ses désirs successifs, auxquels presque l'u ne fait encore contrepoids. Il n'est pourtant pas impossible — I là est le secret d'une éducation libérale, commencée de bonne Imure — de développer, dès la seconde et la troisième année, les Rennes de l'inhibition spontanée, celle qui volontairement renonce k la satisfaction d'un désir instinctif, pour se conformer à la raison traduite parles avis ou les injonctions des parents. L'enfant, que le
(1) ConTiireî M. Marion {Bévue scienl., 1890, I, p. 717) : " L'inhibition involontiire B lieu, (tunoil l'enfant, empfché, surveillé, s'abstient, iniilgrû lui, de faire ca >lii] lui est défendu, par exemple, lorsque, près de crier, il s'urK-te net, interpella par un inconnu; lorsqu'au jardin, au moment de uinrclier sur une pelouse, il nalre brusquement dans l'ordre, en voyant l'unifoi'nie d'un gardien. Mds quand IVurant se garde luî-uirme et tout seul trouve spuntunënient dans ses idi^es mËma r| ma sentiments un contrepoids à ses tentations, alors a liuu une inhibition d'un iiuuieuu ^enre, qui est un vouloir tr^s positif. •
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seul sourire de sa mère et plus tard ses paroles douces et inmnuanlfl auront averti de la conveaance d'une action, même contraire & Si tendances les plus clières, s'habituera peu à peu à comparer, daj ses représentations mentales, le pour et le contre, les plaisirs q lui promet l'accomplissement d'un acte et ceux qui résulteraient i contraire de l'abstention. Et de ces petites comparaisons réflécbid dans la mesure où elles peuvent se produire à cet &ge, se dégagd peu à peu un commencement de lil^erté et la première éducation J caractère (1).
Les philosophes qui sont surtout des physiologistes, M. Preycr ' par exemple, semblent croire qu'il y a des mouvements volontaires par essence, comme aussi des mouvements nécessairement involontaires. La volonté, dans leur théorie qui n'admet que les faits, les phénomènes, et qui proscrit les facultés comme des chimères inventées par les métaphysiciens, la volonté ne résiderait par suite que dans les actes et dans les mouvements. <. Beaucoup de mouvements volontaires, dit M. Preyer, se produisent d'une façon involontaire (par exemple, l'acte de parler pendant le sommeil); beaucoup d'actes involontaires se produisent volontairement (2). » 11 est pourtant évident que les mouvements, en eux-mêmes, ne sont ni nécessairement volontaires, ni nécessairement involontaires. Le même mouvement, par exemple, une émission de voix, peut être tour A tour instinctif et inconsctenl, instinctif encore mais déjà conscient, involontaire tant qu'il est instinctif, et ensuite intentionnel, vraiment expressif et par conséquent volontaire. La volonté, quand elle apparaît, s'empare des actes qui s'accomplissaient déjà automatiquement. Elle ne peut pas créer de mouvementnouveaux, mais elle leur imprime un caractère nouveau. Elle les isole ou ells les réunit ; elle les accélère ou elle les retarde. Co ncsl pas que nous nous représentions la volonté, par une sorte Oe mythologie psychologique, comme une entité cachée derriôre Ici muscles et, pour ainsi dire, tirant les ressorts de la licelle. Non. mais il y a certainement, h l'origine des excitations mueculaire^. tantôt la force aveugle de la nature, l'instinct, tanlùt des représentations intellectuelles, des idées qui sont en même temps drs
(1) " Le dévelop peinent de la votonté par les mouvements vraiment vylonlaire», t le dfyeloppEment du non-vouloir por l'inliiliilion des mouveiuenls souvent répétés, fourniaaent In, base du développement du caractrre. » (M. Pbïïeii. p. ICï.) (S) M. Prbyek, p. lai.