L-ACTIVITÉ VOLONTAIRE
forces, locaiiscps, quelle que soit leur origine, daua les organes «Têbraux, idées actives qui lullenl entre elles, jusqu'à ce que l'une d'elles remporle el donne lieu ix un niouveinent précis, défini, tendant à un but et par conséquent volontaire. De même que la conscience sort de l'inconscience ou pour mieux lui succède, éclairant de sa lumière dos phénomènes jusque-là
■ liseurs et inaperçus, de même la volonté sort de l'instinct et de : iiitomatisme, ou, pour parler plus exactement, prend sa place dans îis actes inslinctirs et automatiques. La nature humaine se développe ù. la façon de la tige d'une plante qui, d'abord toute herbacée
I hange de caractère et s'épanouit en fleurs.
Tous les mouvements que nous avons décrits dans d'autres chapi- Ues, les plus instinctifs eux-mêmes, comme la succion, par exemple, deviennent peu à peu volontaires. D'autre part, les mouvementa expressifs el imita tifs, quoiqu'ils paraissent être volontaires par nature — un signe expressif correspondant il l'idée qu'il exprime, un acte d'imitation supposant la représentation de ce qui est imité — peuvent se produire au début sous une forme involontaire.
Tous les observateurs sont d'accord pour reconnaître que, dans la vie de l'enfant, il ne peut rien y avoir qui ressemble à l'activité vnlontaire avant le quatri(>me mois. C'est à cet Age qu'apparaissent '■ ^ premières imitations, intentionnelles et voulues (1),— la bonne
■ I- l'enfant, par exemple, se cache derrière sa main ou détourne la l'te; l'eul'ant en fait autant, accompagnant son action de grands ■ivlats de rire. Au même âge se montrent les premières expressions '. laimenl signilicatives : — le geste pour désigner un objet, le cri j-iur appeler, un mouvement de tète vers la porte de sortie, pour iin.liquer que l'heure de la promenade est venue. Au môme âge enmre, les premiers efforts pour atteindre un but, conscients, et dès lors volontaires — l'acte de préhension pour saisir un objet et le retenir. H n'est pas nécessaire bien entendu que l'enfant, pour accomplir un mouvement volontaire, sache (le saura t il même quand il sera devenu un homme?) quel est le mécaniNme de ce mouvement. Il suffit qu'il ait l'idéo d'un but plus ou mîins clairement défini. Et,
(1) ' Les petits désirs habituels Aes enrnnt' leurs premiers efforts pour iitiilcr [au qunlrième mois), el leur plus grande ind pcndance niamfeïtc.e par rsemple, l'ir le désir rie prendre eux-iiK'mea leur bibrr n ' nt des preuves de 11 partici- < <<ii>n de leur intclligËnce dsiis la ooiistitiil u i d s uiui i.m>>ats Toi ntaires. ■ '^1 PiiiiVER, p. "lii.)
2S0 ffiynLIITION INTELLECTL'ELLE.
pârconsequenl, pour admfiUre que des le quatrième mois l'enfant es capable de petites volontés, il siiriîfde reconnaitre que son intelli' genceestéveillûe. qu'elle est en i^lat désormais d'associer deu l'idée d'un objet h prendre, par exemple, et l'idée d'un h faire pour le saisir.
N'exagérons rien d'ailleurs, et ne cherchons pas la volonté où cl n'existe pas. C'est aiusi que M. Preyer a tort, croyons-nous, de coi dérer comme volontaires les mouvements qui permettent à l'enfi de tenir la tâte droite (1). On sait quelle est en cela l'impuissani du nouveau-né, qui ne parvient qu'au bout de quelques semaines & redresser sa tête branlante, penchant tanti>t en avant, tantât en arrière, à droite ou à gauche (2). C'est par petits progrès quotidiens que l'enCanl parvient <i l'équilibre. Mais loin de voir dans ces progrès a des actes de volonté très considérables », nous pensons qu'ils s'expliquent surtout par l'affermissement des muscles. Tout au plus, faut-il admettre que l'enfant, dont la vue s'est développée et qui, pow mieux voir, trouve avantage à ee que sa tète se tienne droite, se sent excité par les besoins de la vision â, maintenir cette position ; mais cette position n'est pourtant possible que grâce à la consolidation du système osseux et musculaire. De même il ne nous parait pas juste de considérer comme volontaires, du moins ii l'origine, les mouvements des yeux : il y a une adaptation innée et inconsciente des globes oculaires; et c'est au bout de quelque temps seulement, lorsqu'il est devenu véritablement attenlif, que l'enfant fait acte volonté, lorsqu'il tourne la tête à droite ou à gauche, pour dirigeai son regard vers un objet qu'il veut fixer et observer.
La volonté, à n'en pas douter, s'exerce dans l'acquisition du gage. L'apprentissage de la parole est en partie une étude, et comi toutes les études, celle-là aussi exige de l'attention et des efTortf C'est la volonté de l'enfant qui aplanit peu à peu les difficultés d'abord insurmontables de l'articulation : la volonté aidée par la nature,
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I. M. Preyer a'appiiie lur cet argument que «d'autres it nvec Tigiieum et <}ue ■•par consëqucnt la faiblesse
(1}M. PHEYER.p. ÎIB et !
mouvemeats de la ISte se des muscles " n'est pour
[1) D'après les observations fFiites sur cent cinquante enfants par Demme (citf] par M. PuEYER, p. 21(1) u la tête se tient en Équilibre, vers la fin du troisièi mois ou durant la première moitié du quatriéroe, rhe/ les enfimla très TÎgoureu-" lement développÉs u, et un peu plus tard, chez les enfanta de. force moyenne; plus tard encore, au cinquième ou itu sixième mois, cbei les enfants un peu