‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 55 sur 76 · L'ACTIVITÉ VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

L'ACTIVITÉ VOLONTAIRE

souffre, qu'il a besoin de manger, parce que, à vrai dire, celle souffrance est légère, ce besoin peu profond. Essaye?, donc des procédés de l'hypnotisme avec un enfant qui a réellement Taim, qu'une douleur vive fait crier I Rien no réussit alors à apaiser son excitation- Ce qui prouve bien que l'hypnotiame n'a rien à voir avec ces brus- ([lies oublis, avec ces modifications soudaines de l'état d'esprit de I enfant, c'est que de lui-même, sans que vous interveniez, il s'interrompra tout d'un coup dans ses cris, dans ses plaintes, pour peu qu'un oiseau qui vole, un inconnu qui se présente, un accident quelconque enfin vienne suspendre sa préoccupation et diriger ailleurs son attention. De plus il est permis de supposer que l'enfant, quand il se rend à vos injonctions, obéit simplement à vos ordres; il dit comme vous, parce que sa volonté cède ù. la vôtre, parce que, ayant conscience de sa faiblesse, il ne veut pas engager de lulle avec une Force qu'il sent très supérieure à la sienne.

Il n'en est pas moins vrai que la volonté du petit enfant, à l'exception de quelques natures ingrates, de quelques individus qui sont, de naissance, obstinés et rebelles, est généralement malléable et souple. Et c'est ce qui rend plus délicate encore qu'on ne le croit généralement l'éducation du premier âge. Ce sont en effet les volontés de l'enfant qui influeront sur sa vie entière; c'est de la direction donnée à son individualité commençante que dépendra en grande partie son caractère futur. D'une part, la volonté n'est pas, comme le disent les niélaphysictens de la psychologie, un pouvoir un etindivisible, un pouvoir absolu. La volonté comporte des degrés, et snivant que l'enfant aura vécu dans tel ou tel milieu, qu'il aura été soumis à, une influence éducatriee ou aune autre, il sera plus ou moins en état de se rapprocher du summum d'énergie volontaire ilont une âme humaine est cupable. L'éducation énervante qui, par ..■••m pi aisance excessive, cède à tous les caprices de l'enfant, n'est pas moins pernicieuse que l'éducation rigide qui se fait une loi d'opprimer, de briser la volonté. D'autre part il y a plutôt, à vrai dire, des volontés, c'est-à-dire un ensemble d'actions accomplies avec réilexion,avec intention, qu'il n'y a un pouvoir volontaire unique : tel rsl énergique sur un point, qui sera très faible sur un autre. C'est aux influences pédagogiques delà première heure, les plus importantes de toutes, qu'il appartient de développer chez l'enfant, par une surveillance libérale, comme par une condescendance raisonnée, les divers mouvements de la volonté.

L'ÉTOLCTIO.N INTELLECTUELLE.

Dira : « Comment Tonfant apprend à marcher? n c'est employAç nue expreKsjon en partie inexacte. En effet, dans la m&rche, Uiul n'eat poiut appris, aci|uis par l'expérience; dans celte aclion, comme dans toutes les autres, il convient de faire la part de lincl. Le caractère instinctif de la locomotion est assurément plus marqué chez, les petite des animiinx. puisque, à peine nés, ils savent se tenir sur leur» Jambes. Maispnur ^tre plus lent dans son évoluliflO| niuins impéralir dans ses ini|)ulsions, l'instinct locomoteui existe pas moins clier. riiotiime. Nous avons déjà eu occasion de if dire, les lenleurs, les lAtonnements du développement ne proavenl nullement que l'instinct n'existe pas, et ils doivent être imputés i 11 faiblesse des organes.

La locomotion est avant tout une question de force physiqi solidité des os et de vigueur musculaire. Un observateur suisse) Demme, qui a étudié à ce point de vue cent cinquante enfants, con» tate que les enfants très robustes sont seuls en état de rester deboal pendant quelques minutes, à l'âge de neuf à dix mois; tes enfants d vigueur moyenne n'y parviennent qu'un peu plus tard; les eofanl délicats et faibles, vers le. douzième mois ou plus lard encore. Si ile enfants se tiennent droit avant le neuvième mois, cela dépende leur vigueur tout exceptionnelle (I). Et ce qui est vrai pour les pn (très dans la station droite, Test aussi pour la marche elle-même.

Il n'en est pas moins vrai que la marche suppose un véritabl apprentissage. Il y a, pour ainsi dire, un art de marcher, comme! y a un art de parler, et l'enfant ne l'acquiert que par une série d'ao lions préparatoires et de petits progrès (2), Au nombre de ces pré' liminaires il faut compter l'acte de se tenir debout ;

(I) Cite par M. Phbtkk, p. -234.

(!} On est d'accord pi>ur recommander de biisser Taire ta nalnre «nWt "i possibîe dma le di^veloiipement de la mnrche. " A biitiT lu marche des e»'»* dit M. Cadet db Gassicourt {Reiiiie sdenti^., 1890, 1. p. 438), on risque de dëlonl leurs jambea... H serait de beaucoup prûrêroble de retarder \a. marotie juiqu'in de quinze mais, et, dus qu'on fuit fairi' k l'enrant ses premiers pas, de l'attitude des pieds et la position du Iraitu. On doit aussi songer qun l'eDlUttl jours impatient d'agir, sera entrain^ à marclier plus qu'il ne le doit ; d'uoUnti pour lui, toute promenitde est triple ou quadruple de celle que tont les gtO fetsoaaea qui l'accompagnent ; il court en avant et reviSnt sans cesso... ■

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