U MARCHE. Î
disait le poète. Et les observateurs de noire temps confirment, dans di^ s termes moins poétiques, l'assertion d'Ovide: «Si des enfants pouvaient vivre en dehors de la socJété humaine, ils adopteraient '.■ertaiuement d'eux-mêmes la marche verticale, parce qu'elle est avantageuse et facilite le rôle protecteur des yeux et des oreilles qui surveillent incessamment les alentours (1). » Mais ce n'est pas tout de suite que le nouveau-né se redresse et se lève. Il s'y essaie, sur les genoux de sa nourrice, se pressant contre sa poitrine, pendant SCS petits bras autour de son cou. Il s'y exerce ensuite en posant les pieds sur le sol, soutenu par des mains attentives, ou bien s'appuyant lui-même sur la chaise voisine, jusqu'à ce qu'il arrive à se passer de point d'appui, pouvant raidir assez les muscles de ses jambes et ayant acquis assez d'assurance pour n'avoir plus besoin d'aide. ((C'est àla fin du troisième mois, dit M. Preyer, que se produisirent chez Axel les premières tentatives, suivies de résultat, pour se tenir debout, un instant seulement, mais sans appui... Au seizième mois, l'enfant peut se tenir debout, sans être soutenu, il peut même taper du pied le soi. »
Il n'est pas douteux que, dans ses tâtonnements pour maintenir la station droite — dont les physiologistes disent d'ailleurs qu'elle est plus pénible que la marche — , l'enfant ne soit guidé par l'instinct. On n'a pas à l'exciter beaucoup, pour lui donner l'envie de ramasser, pour ainsi dire, son petit corps et de le soulever. On sent qu'il y aspire do lui-même; et la preuve, c'est qu'il parait plus joyeux, quand il cherche et surtout quand il réussit à se tenir debout, que quand il demeure nonchalamment couché ou assis. L'action est une source de plaisir, quand elle est contornac à la nature. Ce qui n'est pas moins avéré, c'est que l'imitation, qui se glisse partout dans la vie enfantine, a aussi son influence. Dans les familles qui comptent plusieurs enfants en bas &ge, les cadets, encouragés par l'exemple du babil de leurs aînés, apprennent plus vite à parler; de même, on les verra s'osercer et réussir plus tôt à se tenir debout (2).
Un grand point est certainement acquis, lorsque la station droite e»t assurée , lorsque l'enfant sait suffisamment raidir ses muscles,
fj M. PREYER, op. cit., p. S2â.
• Si l'enfRnt ae dêvelopiie en même temps que d'autres enfanla dont les uni
t, dont les nutres apprennent à maicher, il arrive qu'il apprend plus vile
■'tenir debout et à courir, sans aide de lu part de sa. mi'.re, que s'il se déve- « toutieul. i> (M. Pkkyeb, p. !SU.)
E'fM L'EVOLIJTION INTELlECrcELLE.
pour poaer fermement les pieds sur le sol, saos perdre V^qui' I Ubrc; mais il n'en eal pourlaul paâ encore h. marcher, à. couriTi k ■ se t&clior ». AuLn! ctio»e est se le.nir planLé, immobile, à la m^niA placd, cumniu lu \C'};Olal fixé par ses racines: autre chns^ I mellre ses pieds l'un devant l'autre, comme l'animul, pour se i!< placer dans l'espace. Plusieurs muis semblent séparer les dcuiL op< rations.
' Sur cinquante enfants observûa par Oemmc, deux poaTaiiïi: I marcher seuls, Umidiiment d'ailleurs et pour Taire sculeiutm quelques pas, au neuvième mois; ceux-là avaient dû passer pm que f^DS transition de la station droite à la locomotion, grâca une surabondance particulière de vie et de force. Mais luus Ig autres n'avaii.'nl commencé à marcher qa'A partir du dix-huiliûm mois.
Rien de plus variable que la date des premiers pas (1], méoi cliex des enfants dont la constitution physique ne laisse rien' désirer et qui paraissent aussi solidement bàlis les uns que U autres. On a prétendu qu'il y avait un rapport inverse entre I précoclti^ de la locomotion et celle du langa(;e, que l'eufaDt qa parle tût marche tard, cl réciproquement. Cela n'aurait rien d'in vraisemblable, la nature, qui a, comme on l'a dit, un budget (at économisant volonliurs d'un cOlé ce qu'elle dépense en trop de t'ai Ire; étant donnée aussi cotte raison, plus sérieuse encore, (jne i locomotion est un fait surtout physique, le langage un faitsnriol 'nlellccluel, de sorte que l'avancement de l'un et le retard comi pondant de l'autre pourraient être considérés déjà comme un exaa pie de la grande loi qui gouverne toute la vie humaine, bI ipi veut que le moral soit en souffrance quand le physique prédomiu et vice versa. Nous ne croyons pourtant pas que le rappod question ait été asseï vérifié par l'expérience, pour qu'il y l intérêt à en chercher l'explication. Ce qui reste certain, c'est ipil dans la foule des nouveau-nés, comme pour une course n donnée, certains coureurs partent beaucoup plus vite que 1( autres. Et en achevant de raconter l'histoire de l'éducation de I - marche, nous noua convaincrons peut-être que la cause de ces i férences doit être parfois cherchée ailleurs aue dans rinégalitêi forces physiques.
ïinfil-qQotrii'inc mois, cl surtout dana les dcroiof»" les enraiils ru m lU en cent gêaêralcmeut à inarclieT.