‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 64 sur 76 · LA MARCHE. S · texte numérisé non relu

LA MARCHE. S

maissance, déterminé celte première escapade. Le senlimenl de iprcelui était venu; sa confiance e'élait aguerrie. M. Preyer a fait I observation analogue : « Ce fut après quinze mois qu'Axel, put sur ses pieds, se mit tout iicoup, pour la première fois, à r autour de la table, d'une façon hésitante, il est vrai, et ea pcelant comme uo homme ivre qui voudrait courir, mais sans

! rapidité, quelque décision que l'enfant mette parfois ) son premier essai de marche indépendante et libre, il s'en l que mi^me alors toutes les difficultés soient vaincues. On le i, dans les premiers temps, ne s'avancer qu'avec précaution, les t étendus en avant, comme s'il se montrait le chemin avec la 1 réalité parce qu'il est préoccupé d'éviter les chutes et l a encore quelque peine à. maintenir son équilibre. Cela est \o\ii visible, si lenfanl a marché trop tôt, c'est-à-dire avant que Lorganes fussent sul'lisamment alfermis. L'équilibre devient vile [ affaire d'habitude; mais au début, il faut, pour le maintenir, I attention et quelque effort. Nous-mêmes, quand il nous ke d'être restés longtemps couchés, n'avons-nous pas de la

UB remettre d'aplomb?

p que nous tenons à établir surtout, avant d'en ilnir avec ce sujet, ( que les facultés morales et la volonté no sont pas étrangères 1 proférés de l'enfant. La marche, dira-L-on, question de muscles, Bouplitsse ou de force physique! Oui assurément : mais question Bï de caractère cl de tempérament moral (1). A la façon dont nant marche, on peut déjà prévoir s'il sera vif, impétueux, ou au braire indolent et mou. L'enfant, chez lequel l'ardeur des désira [srande, sera poussé en avant par cette ardeur même. Il voudra, Btdt que d'autres, atteindre lui-même, considérer de près, toucher sa convoitise. 11 tombera plus souvent peut-être que ses s qui ne se hasarderont pas, qui ne s'avanceront qu'à bon nais il se relèvera plus vite aussi, et en définitive il mari. plus tôt. Une émotion soudaine, un sentiment de peur sera s la cause qui brusquera le dénouement, et qui triomphera des Etalions : effrayé, l'enfant traversera la chambre pour s'éloigner [danger.

n mime [etii|!s que oi^llc île la li

D'est pas sans iiuportancc uiorale. i

du caracltr

■ S«n» exagi>ration, dit M. SUukin, je tiens que 1' —

iiunlion, que l;i T-içon dont on apprend à

" ((tenue scienli}., 1800, 1, p. "7.)

280 L'ÉVOLUTION INTELLECTL'ELLE.

toul mon cœur, ou bien de l'embrasser avec joie, quand il est sagei! en g(5n<5ral, ces moyens ne sont pas restés sans effcl (1). n

Combien d'bommes, d'ailleurs, resteront sur ce point cnraq] toute leur vie ! Il est à remarquer en efTet que, dans leur moralÉ insuffisante et incomplète, bien des gens ne dépassent pas et pn longent, pendant loute leur exisLenco, Tun ou l'autre des degrés tra sitoires que nous sommes en train de décrire : ce qui ne devrait être qu'une phase provisoire devient la Tonne définitive de leur sons moral inachevé. C'est ainsi que la crainte de la punition el le respect intéressé de la règle extérieure résument le code moral d'une bonne partie de l'humanité. Et, à un degré plus élevé, le désir d'être agréable ou utile aux autres, la volonté de leur faire du bien, généralisation agrandie de l'tnslinct qui pousse l'enfant à satisfaire ses parents, demeure le principe unique de la vertu pour certaines âmes délicates et sensibles. « Que si je fais du bien à quelqu'un, j'en suis heureux, écrivait récemment M. Legouvé; que si je lui fais du mal, j'en ai remords et souffrance. Je n'ai pas besoin d'une autre règle de vie {à). »

Moralité égo'iate, dérivée de la crainte et de la docilité naturelle, ou bien moralité de sympathie, voilà les deux premiers fondements de la distinction du bien et du mal chez, l'enfant. Et ces deux principes agissent concurremment, en s'appuyant l'on sur l'autre, avant même que l'enfant sache parler, avant que les mots de bien et de mal puissent être ulilement murmurés à son oreille, ou que ses lèvres les répètent en y attachant un sens quelconque.

Une des difficultés de la psychologie de l'enfance, ne l'oublions pas, c'est que, pour décrire les petits faits, vagues, à demi inconscients qu'elle observe, elle est nécessairement obligée de recourir k la précision des mots, et par suite de traduire inexactement ces faits, de les grossir, en leur prêtant une consistance qu'ils n'onl pas dans la réaUté. II va de soi que le langage dont nous nous servons ne peut exprimer qu'avec quelque infidélité des phénomènes à peine ébauchés encore, des conceptions qui tiennent du rêve plus

, le Foyer domestique, traduit du suûdui». Pari*,

ver, Friiilt d'hiver, ISM, p. U.

DÉVELOPPEMENT DU SENS MORAL. 39t

que de la coDscience, et qui, dans l'àme de t'enrant, ne prennent pas uno forme assez définie, assez précise, pour aboutir, dans sa bouclie, à une expression verbale. Enfermer dans des catégories les mouvemeats flottants, incertains, inconsistants, de la sensibilité enfan- !Lnc, e'esi vouloir, pour ainsi dire, peser le vent qui passe, serrer dans sa main la l'umée qui s'envoie. La genèse, Torganisation du ï^L-ns moral suppose une multitude de progrès imperceptibles, de petites nuances cacbêes, vapeurs légères qui ne se condensent que l'CM à. peu : toute une série de dessous obscurs, mystérieux, qui ne s« révèlent au dehors que par de rapides et fugitives lueurs.

Au moment oii nous sommes arrivé, la moralité de l'enfant est loute personnelle: je \eux dire que l'enfant ne conçoit que par rapport à lui le peu qu'il a déjà, entrevu du monde moral. C'est de lui seul encore qu'il est capable de' dire, lorsqu'il saura parler : « Bébé est un bon petit garçon », ou, selon le cas, « Bébé est vilain ». N'ayant aucune idée, aucune expérience de la société, il u" imagine pas encore que d'autres que lui puissent être gouvernés, ■oinme il l'est lui-même, par la crainte et par l'affection, et, sous I l'inpire de ces sentiments, obéir il des impulsions actives vers le incn, premières images de l'obligation future et de la responsabilité iodividuelle.

El, d'autre part, dans sa conception naïve de la règle, première esquisse de l'idée d'une loi morale, il ne considère que la volonté [■■ielle et vivante de ses parents. C'est à la lettre qu'il identifie la règle avec leurs personnes, ou tout au moins avec l'une d'elles, la ]>lus redoutée ou la plus aimée, celle dont l'autorité est le mieux èlablie ou la tendresse le plus appréciée. Ce n'est pas au figuré seu- It.-ment qu'on peut dire d'un enfant sensible, qui obéit à son père ou à sa mère : a Sa conscience, c'est lui, ou c'est elle 1 » Dans son imagination, la loi n'est pas distincte de la personne même qui la représente et qui l'applique. Kt cette illusion sincère et complète ■j ..■tonnera personne, si l'on veut bien réfléchir que, par une confu- - M<n analogue, pour beaucoup d'intelligences même parvenues k la lilurité de leur raison, le bien, c'est Dieu, c'est la personne divine ' Ile-mème, c'est le père céleste. La moralité des Ames pieuses n'est -uuvent qu'obéissance et foi à un Être suprême, conçu comme toujours présent, qui lui aussi ordonne ou défend, récompense ou punit, qui lai aussi est un objet de crainte et d'amour.

C'est donc, je crois, aller un peu vite qu'affirmer, comme le fait

l'évolution intellectdellb.

Mme Necker de Saussure, au débul du chapitre intitulé Dr. In conscience avant quatre ans : « A trois ans, reniant a une idée vive du bien et du mal, quoiqu'il ne l'exprime pas en termes généraux. Il reconnait une loi cummune à. tous, une convention tacite qu'on doit respecler... » El Mme Necker ajoute qu'il ne faut pour cela qu'une seule condititiQ : c'est « que son attention soit excitée ». Ce qui revient i dire qu'il suffirait à l'enfant de rentrer en lui-même d'être de sang-froid, de dominer les mauvais sentiments qui l'eatratnent, pour entendre déjà, dans son cifut la voix de la cudscience et pour se prononcer en connaissance de cause sur le bien et sur le mal.

Non, ce n'est pas d'une sorte d'inspiration, d'illuminalioD intérieure, que procèdent les distinctions morales, comme se l'imaginent  tort les philosophes qui exagèrent la part de rinncilê, ou qui tout au moins n'avouent pas suffisamment combien l'excitation du dehors est nécessaire pour développer les dispositions innées. Pour que les premières lueurs s'éclairent tout à fait, pour que les inipulsigns originelles se consolident et se fortifient, pour que l'idce générale du bien et du mal se détache, par abstractions successives, des représentations concrètes et toutes personnelles, il faut que l'enfant traverse encore une série d'expériences, et que, provoquées par les circonstances, sa réflexion s'étende et sa sensibilité s'agrandisse (1).

Remarquons-le tout d'abord : si, une l'ois formée, la conscience morale devient le principe supérieur des actions vertueuses, une des sources de la moralité pratique, les actions vertueuses à leur tour peuvent être considérées comme une des origines de la conscience morale. Je veux dire que, par la pratique habituelle "U mémo accidentelle du bien, le sens moral se développe et s'épure. Il y a, entre les croyances morales et l'accomplissement du devoir, les mêmes relations qui existent, en général, entre la foi et l'ac-

(l) Il est évident que le bien n'est d'abord, dans la conscience, qu'une nolii'ii loulu rclBUve; les alioses bonnes, aux yeux de l'enfant, sonl les choses bonut"'. relativement â son intérêt, û ses besoins, à ses atTections. Le bien n'est i\w U suprême abstraction qui se diigagera lentement dans la conscience cultivr»' il développée. Combien on se trompe sur ce point! On dira, par exemple, avecM. ¥■ ItËHEMT {Entrttkns sui- la liberté de cantâence, p. 19) : « Avec l'éveil de U conscience, noiiî distinguons nos acUona bonne» et mauvaises ; les ptemièi es nonparaissent mûiitcr des éloges, etc. « C'est renverser i'urdre des chosts. CTcat li est !e point de départ; l'cnfinl a'bobitue peu it peu ii l'i-ue bonnes celles de ses actions qui sont louées par ses pai-ents.

limi. Ayez Ift foi, et vous agirer.; mais il n'est pas moins vrai da tlire : agisseK, et, par l'effcl, de votre action, vous verre/, s'accroître la foi que vous aviez dëjû, cl apparaître mÈme celle que vous n'aviez pas. Même liommes laits, nous n'avons vraiment des idées morales une intuition claire, que lorsque les circonstances nous ont nbligés à pratiquer quelques-uns des grands devoirs de la vie, les >i'.'Voirs de la paternité, par exemple, ou ceux du patriotisme. Dans la sphère modeste de ses actions, k bien plus forte raison, l'enfant a besoin que le cours de sa petite existence ramène souvent l'obligation d'accomplir le bien, pour que l'idée du bien se fasse jour dans son intelligence. En le soumettant à lari^gle, vous n'obtenex pas seulement un gain immédiat de discipline extérieure, mais vous instituez, sans vous en douter, une série d'expériences de même nature, dont le retentissement enfonce à petits coups dans le cerveau de l'enfant la notion de ce qu'il doit faire, s'il veut mériter votre affection et vos éloges.

Cette notion est comme un point fixe autour duquel se grouperont, ! 11 lur l'affermir et la déterminer peu ft peu, les émulions et les réflexions jlli^rieures de l'enfant ; ce sera d'abord le plaisir qu'il éprouvera ;\ -.'■ sentir d'accord avec la volonté de ses parents; ce sera ensuite lamour-propre, le désir d'être estimé et loué. Et si, par un élan spontané, il lui arrive do réaliser un acte de générosité, de iibéraiilé. qui ne lui était pas commandé, mais dont il lit l'approbation dans les yeux de ses parents, la satisfaction de sa petite conscience s exaltera et enflammera son désir de bien faire. Voyez Doddy, le fils de Darwin, le jour ob k peine âgé de deux ans et trois mois, il donne à sa petite sœur son dernier morceau de pain depices; de quel air de triomphe il s'écrie : •• Oh! Doddy bon, Doddy bon ! u

La morale de l'intérêt, la morale du sentiment germaient déjà dans l'obéissance de l'enfant, attentif, par crainte ou par affection, à régler sa conduite. Mais pour que la notion de l'utile se précise, jiour que le sentiment affectueux acquière plus de force, il est indispensable que l'enfant devenu plus réfléchi, vers trois ou quatre ans, se soil mieux rendu compte des conséquences de ses actions et des actions des autres; il est indispensable encore que les relations so- (■iales, particulièrement les rapports journaliers avec d'autres enfants du même ûge, aient ouvert h la sympathie de plus larges occasions le s'exercer. Assurément nous ne prétendons pas que, pour l'enfant i-r)lé, qui n'a ni frère ni sœur, qui ne fréquente pas de camarades.

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l'acquisîtioa du sens nioi'iil suit chose impossible; mais elle sâ^H certainement plus laborieuse et plus It^nte. 1

La vie sociale, sous ses formes enfantines, est en effet une école ■tfj moralité. En jouant librement avec ses compagnons d'âge, l'enfafll va faire connaissance avec leurs qualités et leurs dt^fauls, et exp^| rimeuter par lui-m^me les effets de leur boulé ou de leur mécht^H celé. Un grand progrès sera accompli, le jour où il ne dira plus se^| lement de lui-même : « Bébé, vilain ! »; mais où, parlant do st^Ê frère ou de sa sœur, il s'écriera avec convicliou : « Paul, méchant iH K Marthe, méchante! » et cela, non parce que Paul et Marthe auro^| désobéi à leurs parents, comme il leur désobéit lui aussi, mais par^| que Paul lui aura donné un coup de poing qui lui a fait mal, pardH que Marthe lui aura pris un gâleau ou un jouet dont la privation lui a' été très sensible. Le prollL sera le même, dans l'hypothôse inverse, s il a affaire avec des camarades doux et généreux, qui lui rendent de petits services, qui partagent complnisamment avec lui tout ce qu'ils possèdent. Ce n'est pas seulement une disposition à la reconnaissance ou à la colère qui, selon le cas, s'implantera dans sa conscience ; ce sera aussi, pour peu que ces expériences se répètent fréquemment, une tendance k comprendre le rapport de dépendance qui relie les actions d'autrui â son propre bonheur, et par conséquent i apprécier par leurs effets, dans un sens tout utilitaire d'ailleurs, la méchanceté ou la bonté des autres.

Ces conceptions vagues deiiendront plus nettes, lorsque victime des mauvais procédés de Paul, qui lui rend coup pour coup, objet des prévenances de Marthe, qu'il n'a jamais battue ni offensée, il commencera à saisir un autre rapport ; celui qui fait dépendre en partie de sa conduite envers les autres leur conduite à. son égard. 11 ne faut pas à l'enfant un bien grand effort d'intelligence, pour qu'il s'inspire à sa manière des maximes de l'Évangile : « Fais & autrui, ne fais pas & autrui, etc. ; » ayant appris ft ses dépens qu'il doit donner l'exemple, s'il veut être payé de retour.

Hais en même temps qu'il renforce les tendances utilitaires de noire petit apprenti moraliste, le commerce qu'il entretient avec d'autres enfants ouvre des voies nouvelles è. ses facultés affectives.

Ce n'est pas seulement quand il ressent pour son propre compte

les effets de la brutalité de Paul, ou de l'humeur jalouse de Marthe,

^ qu'il proteste et qu'il se fâche ; c'est aussi quand il voit exposé aux

wm

mêmes vexations lel ou lel de ses frères ou de ses camarades. Il ss mot à la place de celui qui est molesté ou dépouillé : il souffre avec lui. La sympathie l'émeut pour les souffrauces d'autrui, comme Fégoïsme l'avait ému jusqu'ici pour les siennes. « Nous avons tous, (lisait Helvélius lui-même, deux sentiments qui sont les fondements tle la société : la commisération et la justice. Qu'on enfant ^ déchirer son semblable, il éprouvera des angoisses subites; il les témoignera par ses cris et par ses larmes; il secourra, s'il peut, ceux qui souffrent (1), »

C'est ainsi que la sensibilité de l'enfant s'étend et s'élargit, que 1: source des plaisirs et des peines, d'aboçd resserrée dans le cercle étroit des impressions égoïstes, reçoit de nouveaux affluents. Les idées et les sentiments de la conscience s'accroi-ssent d'autant, et, de (généralisation en généralisation, l'enfant se rapproche du terme de l'évolution morale. Il n'en est plus à s'inquiéter exclusivement '\o son propre bien-être: par une émotion généreuse, il participe .'Hix afflictions des autres personnes, dans la mesure même < l'amour qu'il ressent pour elles. Et l'habitude de ces émotions e gendrera peu à peu une impulsion, une tendance h. éviter toute action méchante, non seulement parce qu'il s'exposerait k en pôlip lui-même par représailles, mais parce qu'elle causerait à ai préjudice et douleur.

Nous voilà donc parvenus à un état complexe où se mêlent quelques-uns des éléments essentiels du sens moral ; et si nous voulions résumer les diverses étapes du chemin parcouru, en prêtant à i'e. fant un langage précis dont il est encore incapable, nous dirions que successivement l'enfant s'est dit à lui-même :

B Si je fais ce qui m'est défendu, par exemple, si je bats mon peli frère, papa me grondera et me punira; — cela fera de la peine ù maman; — mon petit frère me le rendra; — je suis méchant, car je fais du mal à mon petit frère. »

Bien entendu, nous supposons qu'aucune cause extérieure ( démoralisation précoce n'est venue altérer dans son principe l'épanouissement normal des facultés enfantines. Dans un grand nombre de cas, les mauvaises inclinations, l'instinct de la révolte, la sécheresse naturelle du cœur, la colère, l'orgueil pourront bien enrayer, retarder, l'évolution que nous avons décrite, mais elles n'empéche-

(1 IlELvïTits, -le l'E'pril. Inlrotluplion, v;

fÈM

L'ÉVOLUiroS lNTELl.ECTDELt.E.

pour pOBor forinumunt les pieds sur lo sol, sans perdre l'^qn I libre; mais il n'en est pourLaat pas encore à mai-clier, à courit [ t a se l&cher ». Autre chose est se tf^oir plante, immobile, i I mftrac place, comme le vOgOlal iixi- pur ses racines: autre diiia ' mt^llre ses pieds l'un duvanl l'autre, comme l'animal, pour se i\i placer dans l'espace, ['lunieure mois semblent séparer les deux opi rations.

Sur cinquaitte enfants observés par Demmc, deux pouvaici I marcbcr seuls, tlmidemcnl d'ailleurs et pour faire seulemi^i quelques pas, au nouviêmc mois; ceux-là avaient dû passer que sans Iransition de la station droite à la locomotion, ^ticeit une surabondance particulière de vie et de Torce. Maïs luu.'î les autres n'avaient commencé & marclier qu'à partir du dix-huilième mois.

Rien de plus vai-iable que la date des premiers pas (l), mSio ohe:i des enfants dont la constitution physique ne laisse rien désirer et qui paraissent aussi solidement bâtis les uns que In autres. On a prétendu qu'il j- avait un rapport inverse entre 11 préeûcilé de la laeomûtion et celle du langage, que Venfutt q parle Irtl marche tard, et réciproquement. Cela n'aurait rien d'i vraisemblable, la nature, qui a, comme on l'a dît, un budget fiïi économisant volontiers d'un côté ce qu'elle dépense en trop de l'an tre; étant donnée aussi celle raison, plus sérieuse encore, que h locomotion est un fait surtout physique, le langage un fait surtuitl intellectuel, de sorte que l'avancement de l'un et le relard corK* pondant de l'autre pourraient être considérés déjà comme un exemple de la grande loi qui gouverne toute la vie humaine, et ifà veut que le moral soit en souffrance quand le physique prédomi» et vice versa. Nous ne croyons pourtant pas que le rapport d question ait été assez vérifié par l'expérience, pour qu'il ï * intérêt à en chercher l'explication. Ce qui reste certain, c'est ipil dans la foule des nouveau-nés, comme pour une course mol <» donnée, certains coureurs partent beaucoup plus vite que Ifi autres. Et en achevant de raconter l'histoire de l'éducation ds I . marche, nous nous convaincrons peut-être que la cause docesdi férences doit être parfois cherchée ailleurs aue dans l'inégalité 4 forces physiques.

(I) C'est du douziCfOie au vlngt-qualrit' de lu seconde aimée, que les eurauU ci

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