‹ L'évolution intellectuelle et morale de l'enfantChapitre 7 sur 76 · INTRODUCTION." XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION." XVII

ccrtiiinos limites, celles que commande le respect de l'enfant, la crainte d'atttmter aux ilroils d'une personnaliW naissante. El dans ces conditions, il est bien i?vide«t que rexp(;rimentatioB ne peut nous apporter qu'nu faible surcroît de lumières. 11 est d'ailleurs â remarquer que, même conduite avec discrétion et mesure, l'expiiriraentation a un iacoiivônient grave : c'estqu'ella modifie le sujet auquel elle s'applique, au point d'altJrer et de fiuisser la marche régulière de la nature. Chez l'enfant qui, dès •;a naissance, aura été assujetti h un ri^gime continu d'expériences, dans ses opérations visuelles, par exemple, il est cei-tain que la vision se développera plus rapidement et dans d'autres '■onditions que chez les enfants livrés à eux-mêmes, M. Preyer ic confesse lui-même : amené à constater que les yeux de son ul^isuivaienlun objet lumineux au vingt-troisième jour, alors que -.•néralenient celle faculté de fixer et aussi de déplacer le regard Ti'apparait que plus tardivoincrit, il écrit : « J'avais fait, il est vrai, dès lo premier jour, des expériences presque quotidiennes sur ce point, et ces expériences avaient peut-être eu pour résultat d'avancer, de bâter, chez Axel, la formation du mécanisme de la convergence des yeux! »

Les meilleures expériences, assurément, sont celles que la nature a instituées elle-même, en nous offrant, dans la diversité lies lempéraments et des caractères individuels, les formes difféii'ntes, tantôt lentes, tantôt rapides, d'une même évolution. Ces expérimentations naturelles sont plus caractérisées, plus ins- Iructives encore, lorsqu'une lacune, une lésion de l'urgatiisme, une faiblesse constitutionnelle, luie cause quelconque de perturbation, mutilant l'âme humaine, entravant l'essor des facullé*, laisse voir les conséquences de ravortement d'un organe, de l'alropliie d'un sens, ou bien, par un arrêt de développement, immobilise un moment fugitif de l'évolution normale. Nous aurons plus d'un renseignement utile à demander à la psychologie di's idifds et des imbéciles, ou à celle des aliénés. Les états délinilîvement anormaux de la maturité ne sont souvent que la représentation exacte d'une des périodes de transition, d'un des LaUIs passagers que traverse l'enfant dans sa croissance régu-

Page 1